‹ Trente ans de vie française (volume 3)Chapitre 205 sur 256 · LE STYLE · texte numérisé non relu

LE STYLE

On connaît en M. Barrés un écrivain français de la grande race. Non seulement il nous donne ces hautes joies que nous recevons d'un Chateaubriand, d'un Flaubert, d'un Michelet, d'un Anatole France, mais son style, artiste, étudié, réussi, laisse volontiers apercevoir sa technique, ses procédés, ses préparations. Le style ne sort pas chez lui avec ce caractère natif, cette facilité d'un Fénelon ou d'un Lamartine, d'un Michelet ou d'un Renan. Ses milliers d'articles de journaux (ceux de la guerre réunis en volumes) nous font toucher l'étage inférieur, le sermo pedestris qui se transforme, dans un laboratoire d'artiste, en les fruits parfaits du Jardin de Bérénice, des Amitiés Françaises, du Voyage de Sparte, de Leurs Figures. A M. Barrés on adresserait volontiers ce qu'il dit à madame de Noailles : c Les réminiscences involontaires qui soutiennent votre génie nous aident à comprendre les mystères de l'inspiration, et l'on voit dans votre âme, comme dans une ruche de verre, se composer les lourds rayons dorés ^. »

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