‹ Trente chansons bourguignonnes du Pays de BeauneChapitre 119 sur 139 · LE R’'VENANT VIVANT · texte numérisé non relu

LE R’'VENANT VIVANT

BEAUNE (Guerres de l’Empire)

A mon s’cours, mes enfants!

Rentrous! il est temps:

D'frayeur me v'là morte!

V'là Simon, not’ grand gas, Qui r'vient du trepas Et nous tend les bras...

C’est ben lui, voyez-vous!

Sauvons-nous tretous, Fermons ben lai (la) porte!

Toi,pour le renvoyer, Prends vit ton psauticr, Moi, not’ benitier!

ÿ Pan! pan! ouvrez-moi don, J'suis vot’ gas Simon Qui r’ vient d'Angleterre:

Me trouvant mal la-bas, Je r’viens à grands pas; N’'vous sauvez donc pas!

- C'n’est pas la verite!

On m’a apporte Ton act’ mortuaire.

C’ qu'est écrit est ecrit, Mets-toi dans l'esprit Qu’t’es mort. C’est fini!

- Je n’suis pas mort un brin,

Et je n’suis enfin

Ni r’venant ni diable.

Avec vous sans tarder, Pour vous rassurer, J’vas boire et manxzer.

- Non! va-t-en, mon enfant, D’main tu s’ras content:

Car dès d’ main, j’te l'jure, Pour adoucir ton sort, J'te ferai dire d'abord Un service de mort.

- Un servic(e)! Vous rêvez!

J'savais ben qu’vous m’ preniez Pour un autr, ma mèrel Je n’suis pas un r’venant, J'suis vraiment vivant:

Simon vot enfant.

$ - Sic’est vrai qu’t’es vivant, Entre, mon cher enfant, Viens don t’ mettre à table, Manger et m’rassurer, Car j'sais ben qu’là-bas Les morts ne mang’ pas!

Ÿ - M'voyant si mal reçu Tout surpris j'ai cru Qu’ vous perdiez la tête.

Je n’savais pas pourquoi J'vous voyais d’bonn’ foi Prier Dieu pour moi.

Là-d'sus j’ m'en vas m'asscoir; Ben heureux d’les voir, V'là que j’casse la croûte:

Embrassez - moi tretous.

Bou Dieu, qu’il est doux De m’ voir avec vous!

- C’tour Ià, mon pauv’ garçon, Me donne un(e)leçon:

Je n’s’rai pus si bète.

J'te promets, mon enfant, Qu’ic-n’croirai maint’ nant Qu’ aux r’venants vivants!

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