‹ Trente chansons bourguignonnes du Pays de BeauneChapitre 18 sur 139 · XXII XXX CHANSONS BOURGUIGNONNES · texte numérisé non relu

XXII XXX CHANSONS BOURGUIGNONNES

M. Perrin, vigneron de M. Armand Poisot, vers 1885. Elle présente des singularités rythmiques et prosodiquesqui ont été en partie signalées ci-dessus, page xvi. Il importe d'appuyer les syllabes atones, marquées du signe — et dont le retour est presque régulier.

L'échelle étant défective, puisque le vi* degré manque dans la mélodie, j'ai supposé, pour l'accompagnement de la dernière strophe, que ce vi‘ degré était haussé d’un demiton. Il en résulte une modulation modale : la fin se fait en mode de RÉ :

Mode de RE

C'est là un moyen de renouveler l'intérêt harmonique, et aussi de laisser subsister le doute sur la nature exacte du mode ; le degré distinctif (le vi‘) faisant défaut, il peut y avoir intérêt à en présenter les deux « états » possibles. Ambiguité fréquente.

On trouve dans les Poésies et Chansons Auxerroises (G. Rouillé) une version voisine, quant aux paroles, de la nôtre. Le patois est autre et d'ailleurs à demi francisé :

Grand Gueu ! Que métié d'galère, Que d’ét’ vigneron !

Toujours à galer la terre Dans tout’ les saisons!

J'aurions d'l'argent plein une toune Et pis qu'un baron, Qu'on n'dirait pas : c'est un houime, Mais un vigneron :

C'est un vigneron !

Dès l’matin j'prenons nout’ houte Et tous nous houquiots, Nous saciots, et nous enloupes Et nous grous sabiots, Et pis j'allons boi la goutte, À pein’ pour six yards, Ça nous fuit casser une croûte :

Ça chasse le brouillard ! (bis)

A midi chacun épourte.

Un'hrassée d'courtiaux, I fons du feu entre deux mouttes Et pis j'ons ben chaud.

J'entamons la politique.

Gnia pas d'avocats, Ni d’notair’ qui vous explique Mieux les lois d'l’Etat. (bis)

Le soir quand j'rentrons des vignes, Qu'y n'est pas trou tard, J'apercevons sus la ville, Un épais brouillard.

C'est les cheminées d’nous cambuses, Qui sont enflammées, Nous cambusières qui s'émusent A fai nout” soupée. (bis)

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