‹ Trente chansons bourguignonnes du Pays de BeauneChapitre 37 sur 139 · XXXVI XXX CHANSONS BOURGUIGNONNES · texte numérisé non relu

XXXVI XXX CHANSONS BOURGUIGNONNES

Goreille et treue guéreille sont des termes équivalents et signifient truie. Le goret est le cochon mâle. À Beaune un gouri est un cochon de lait.

L'exécution de cette danse comportait la mimique suivante : au centre d’un cercle de danseurs un homme debout, le chanteur, et une femme, assise sur ses talons ou couchée par terre, représentent (sauf respect) « l'goret » et « la treue guéreille ». C'est un honneur qu'ils partagent du reste avec tous les danseurs en rond qui les entourent ; lesquels nesont autres que Ja foule des « couchons » (voy. la strophe IIT).

Le chanteur récite les strophes. A la strophe III il fait mine de jouer de la « toûte », autrement dit de sa « corne à réveiller les vaches ». A la strophe IV il prend l'oreille de la goreille et, à la strophe V, la secoue. La goreille ne bouge et répond d'une voix dolente : « Que veux-tu don que je danse... »

À chaque strophe les danseurs de la ronde changent le sens de la rotation, tournant tantôt de gauche à droite. tantôt de droite à gauche. Ils peuvent, s'ils sont habiles à la mesure, chanter « Lonture, » « Lonturelure », « Lonturelé » avec le soliste.

On trouverait dans Champfleury et Weckerlin, Chansons populuires des provinces de France, 126, une gardeuse de porcs, apparentée à la nôtre, mais beaucoup moins. piquante.

En 1874, aux vendanges des Lavières, sur le finage de Savigny lez-Beaune, mon père vit danser cette ronde à la fois mimétique et chantée, et il en fixa avec précision les jeux de scène et les « pas », dans des notes que j'ai reproduites ci-dessus.

[Patois et locutions du pays de Beaune, page 120. air 12.)

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