XLH XXX CHANSONS BOURGUIGNONNES
puissent revêtir. Observer qu’elle est construite avec cinq sons de l'échelle seulement : de même qu'un grand nombre de pièces contenues dans ce recueil, elle emploie essentiellement les degrés inclus dans la quinte modale. Et comme elle exclut le 6° et le 7° degré, elle nous laisse incertains sur le mode qui la régit. Il peut être RÉ ou LA. J'ai supposé, en harmonisant, que le second est le plus probable et je l’ai appliqué exclusivement aux huit premiers mois de l'année, autrement dit aux VIII premières strophes. A partir du IX® mois, j'ai haussé d’un demi-ton les VI et VII° degrés exprimés par l’accompagnement instrumental et l'harmonisation vocale polyphone : moyen de renouveler les accords, pour finir. Moyen aussi de conclure dans une modalité hybride. qui n'est pas le mineur moderne, mais qui ne peut plus se réclamer du seal mode de LA, ni accessoirement du mode de RÉ. L'incertitude modale qui résulte de la mélodie elle-même non seulement autorise, mais commande ces flottements harmoniques. (Cf. ci-dessus, page xi1r.)
La danse appliquée à cette belle chanson semble avoir été traditionnellement réglée, depuis longtemps, si l’on en juge par la sûreté dont faisaient preuve encore les exécutants en 1875 : il semble bien que la figuration, assez compliquée, de cette longue scène leur ait été un vieil usage, fidèlement transmis et perpétué.