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barbes, les manteaux de saint Pierre et de saint Paul, et les ailes du saint Séraphin et du saint Chérubin sont dorées. Au-dessus de la tète de chaque apôtre, dans la frise, on a cloué une grosse pierre montée sur plaque décorée de filigranes. L'ornementation de cette façade est complétée par des chatons disposés dans un ordre différent de Tordre adopté sur la première face , sauf cependant pour les pierres placées entre les retombées des archivoltes qui sont ajustées de la même façon.

Au bas du portique, sur la frise du soubassement , on lit trois inscriptions placées à la suite l'une de l'autre :

1° THEBEA* LEGIO ■ S* SECVND+THEBE . . .

. SANCTORVM TVRBE SIC EGREDIVNTVR AB VRBE DE MYR1S FLENTES ASPEXERE PARENTES.

3° SANCTVSMAVRICIVS-

Ces fragments, évidemment tronqués et rapportés un peu au hasard, sont niellés sur plaques, d'argent de mêmes dimensions que les plaques d'ornements; c'est le même travail et le même style. L'inscription sur deux lignes, placée au milieu des deux fragments en caractères plus grands, est contemporaine de ceux-ci. Il est évident que ces fragments niellés et ces pierres montées sur des plaques filigranées faisaient partie d'autres reliquaires en ruine au moment

où on a réparé la châsse de saint Maurice, et que leurs débris ont été plus ou moins maladroitement utilisés.

La partie formant toiture est identiquement copiée sur la première face pour tous les motifs d'ornementation, rinceaux, feuillages, pierreries et plaques niellées. Voici les scènes que représentent les trois médaillons et les inscriptions dont ils sont entourés : Eve filant sa quenouille :

IN MVNDI PAGO NST MERENS ISTA VIRAGO.

Abel agenouillé et recevant la bénédiction d'une main qui sort des nuages.

DVM DAT ABEL AGNVM PAgCHALEM PREVIDET

AGNVM.

Un homme portant une gerbe;

OBTVLIT HIC PANEM SED MENTSM GESSIT

INANEM.

Les personnages, les rinceaux et les inscriptions sont dorés comme sur l'autre façade. Les rinceaux qui couvrent les parties perpendiculaires et horizontales sont en argent naturel, et tous les fonds en argent poli. La gravure peut seule indiquer la place exacte des pierres fines au nombre de 94 pour cette façade; ces pierres sont de même assortiment, sauf que sur ce second côté on compte trois gros saphirs cabochons d'une assez belle eau. Plusieurs de ces onvx, cornalines et sardoines sont gravés, la plupart assez grossièrement.

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Premier petit côté. Tout ce petit côté est occupé par la statue assise de la sainte Vierge. Ses pieds reposent sur le soubassement même de la châsse et sa tète s'élève au niveau de la crête du toit. Autour de la figure, au dedans de la moulure qui forme l'encadrement de ce petit côté , on a cloué des bandes d'argent niellées portant l'inscription suivante, que je transcris ici en indiquant toutes les coupures qui séparent les plaques de métal :

1ESSE. | V1RGA. | FRO | NDV1T | IHESYM.V ] 1BG0. | GENV1T.GREM1 | O.CON | T1NVIT. | CONT1NE J NTEM. j OMNIA. |

Les lettres sont du même style que celles de l'inscription placée sur le soubassement de la seconde grande façade.

Le visage, le cou et les mains de la Vierge ont été couverts d'une peinture dont les traces sont nettement visibles. La chevelure, le voile, le manteau, la chaussure et la ceinture sont dorés ; la robe est d'argent. La Vierge tient entre les doigts de sa main droite une petite boule ou pomme d'or. La statuette est exécutée au repoussé en grand relief. Deux fragments de bandes d'argent niellées sont clouées horizontalement à la hauteur du siège, et deux autres fragments de bandes d'argent ornées de rinceaux repoussés et dorés sont attachés de chaque côté perpendiculairement, de manière à figurer les pieds du trône. Ce petit côté était orné de treize pierres fines mon-

TRRSOR DB L'ABBAYE

tées comme toutes les autres ; deux gros chatons sont vides aujourd'hui.

Derrière la tête qui se détache en* ronde bosse, on a enchâssé dans le fond une énorme agate ovale pour figurer le nimbe.

Deuxième petit côté. Ce côté est occupé par la figure de Jésus-Christ, de proportion un peu moins grande que celle de la sainte Vierge, mais exécutée de la même manière. Le Christ est représenté assis, bénissant de la main droite, et tenant dans la main gauche un livre fermé. Le visage, les mains et les pieds étaient peints autrefois. Un nimbe crucifère repoussé et doré est tracé sur le fond derrière la tête. La chevelure, la barbe, le manteau, les orfrois de la robe sont dorés. A droite et à gauche du nimbe, on lit ces lettres repoussées et dorées : A 10.

A la droite de Jésus-Christ, on a attaché divers fragments provenant d'autres reliquaires. C'est d'abord une figure d'ange ailé dont la tête manque, et plus bas, vers les pieds de Notre- Seigneur, un aigle au repoussé en haut relief, nimbé, doré, et qui doit être la représentation symbolique de saint Jean.

A la gauche du Christ, on voit un ange dont la tête et le bras sont exécutés en plein relief, et qui semble bénir une figure agenouillée auprès du pied gauche de Jésus. Cet ange est dessiné avec une remarquable pureté, et le travail y atteint un degré de finesse qui le met bien au-dessus des

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autres figures de la châsse; il appartient certainement à la plus belle époque de l'art du xin e siècle, et le monument dont il provient devait être un chef-d'œuvre.

Il y a sur ce petit côté dix-neuf belles pierres montées aussi sur plaques d'argent filigranées, sauf celle qui orne la pointe du toit.

Voici les dimensions principales de la châsse de Saint-Maurice :

70, centim^

8 mi

Hauteur des façades perpen-

Hauteur des figures, de 31 c

Hauteur de la statue de la

Hauteur de la statue du

Christ

Diamètre des médaillons du

Quant à la date que l'on peut assigner à ce beau reliquaire, il me semble que d'après l'ensemble de la composition, d'après le caractère du dessin de ces rinceaux si largement enroulés, d'après l'exécution des figures, dont les têtes sont rudes et vigoureusement accentuées, et dont les vêtements sont amplement drapés, il me semble, disje, qu'il n'y a pas d'hésitation possible, et qu'on

est en face d'un monument du XII e siècle l . L'art du xm e siècle était plus fin, plus délicat; les statuettes qui ornaient les châsses de cette époque, et nous avons pu en juger par les figures de la châsse de saint Taurin d'Evreux, exposée en 1867, avaient plus de douceur dans l'expression, plus de moelleux dans l'attitude; le métal était traité avec plus de ménagements et de délicatesse d'outil. Je pense donc que toutes les parties en argent repoussé naturel ou doré sont du xii 6 siècle; mais que dire sur les ornements ajoutés depuis à cette châsse? Que dire de ces pierres fines montées sur plaques d'argent et de cuivre doré et accompagnées de dessins exécutés en filigrane? Que dire de ces plaques d'argent niellées? Le filigrane est de tous les temps ; les Etrusques , les Romains l'ont fabriqué. Il est certain que sous les Carolingiens, on l a aussi employé, ainsi que sous les successeurs de Hugues Capet. Donc, lorsque l'on n'a devant les yeux que ce seul élément d'appréciation, il est bien difficile même de proposer un jugement. Quant aux plaques niellées, j'ai comparé la forme de leurs lettres avec les caractères gravés sur la châsse datée de l'abbé Nanthelme, dont je parlerai plus loin, et je me suis convaincu que plaques et châsse sont à très-

1. M; Quicherat pense que cette châsse peut avoir été faite même au milieu du xm e siècle, mais dans un atelier secondaire, de troisième catégorie, comme il Ta dit en plaisantant.

peu de chose près de la même époque. Je crois donc pouvoir avancer que ces plaques d'argent niellées sont du milieu du xni e siècle. L'étude des rinceaux et des arabesques, qui décorent les plaques où il n'y a pas de lettres gravées, ne fait du reste que confirmer mon opinion; on y retrouve, je dirai presque, cette maigreur de contours, qui a été toujours en augmentant du xn e au xv 8 siècle, et qui peut être un guide presque certain dans les recherches de cette nature.

2!° Chasse des enfants de saint Sigismond l . Cette châsse, qui contient des reliques des deux enfants du roi Sigismond, Gistald et Gondebald, est exécutée au repoussé en argent naturel ou doré, sauf le soubassement de l'un des deux grands côtés, sur lequel les plaques d'argent couvertes de rinceaux au repoussé ont été remplacées par des plaques de cuivre doré décorées d'émaux champlevés.

Premier grand côté, façade carrée 2 . Cette face

représente un portique composé de sept arcades,

1. Article 3 e de l'inventaire de l'abbé Miles: Alla capsa argentea habens in anteriori parte septem imagines, in posteriori sex. A latere vero dextro imagines sancti Mauritii, sancti Sigismundi eu m duabus aliis.

Article 8« de l'inventaire des Bollandistes : Capsa argentea, in qua servantur ossa aliqua sancti Sigismundi, restauratoris monasteril agaunensis, ejusque filiorum Gistaldi et Gundebaldi.

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