Voir la planche n
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dont les arcs à plein cintre sont soutenus par des colonnes torses à bases et à chapiteaux romans. Les archivoltes de ces arcs ne sont pas toutes composées des mêmes éléments; les unes présentent un tore en spirale analogue au fût des colonnes, mais encadré dans deux baguettes ; les autres, une réunion de moulures très-simples, mais d'un profil élégant. Les colonnes et les archivoltes sont dorées. Sous chacune des arcades est assise une figure d'apôtre en haut relief, dont le nom est inscrit dans la frise de la corniche qui surmonte le portique, et directement au-dessus de la tête du personnage qu'il désigne. Voici ces noms dans leur ordre :
S. IOHS — S. TOMAS — S. PETRVS — S. ANDREAS — S. PAVLVS — S. IACOBVS — S. PH1LPVS —
Saint Pierre tient de la main droite un livre , et de la gauche les clefs symboliques. Saint André tient une croix dans la main droite, et un livre dans la main gauche. Saint Jacques tient un livre de la main gauche et de la droite une fleur. Les quatre autres figures ne portent qu'un livre ou un rouleau. Les chevelures, les barbes, les manteaux, les sièges et les marchepieds des apôtres sont dorés; les visages, les mains, les pieds et les robes sont d'argent naturel. Il n'existe aucune trace de peinture sur les parties représentant les chairs. Le soubassement et les plates-bandes formant encadrement de la façade à ses deux extrémités sont
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ornés de rinceaux et de feuillages exécutés au repoussé; les motifs de cette ornementation sont tous variés, d'un dessin à la fois élégant et ferme, et du meilleur style. La frise de la corniche est fort dégradée, mais dans les parties qui n'ont point été complètement aplaties et effacées, on distingue encore des restes de rinceaux repoussés et dorés. Un nimbe entoure la tête de chaque apôtre; ces nimbes tous dorés sont ou simples ou entourés d'un grènetis fait très-finement au repoussé. Les fonds sont en argent poli.
MÊME FAÇADE, PARTIE FORMANT TOIT. Sur Cette
châsse , le profil du toit est tout uni ; c'est un simple plan incliné, terminé à son extrémité supérieure par un cylindre autour duquel s'enroulent en spirale et alternées deux bandes de métal, l'une d'argent, l'autre d'argent doré. Cet ornement, d'un assez pauvre aspect, a été évidemment inventé pour remplacer des ornements au repoussé, et posé là à l'époque où on a remanié cette châsse, qui a subi le même sort que la précédente; il est aisé de s'en convaincre. Cette toiture est en outre encadrée à ses deux extrémités par une plate-bande ornée de rinceaux semblables du meilleur goût et du meilleur travail.
Sur cette partie inclinée est représenté un portique à cinq arcades, dont les arcs à plein cintre sont supportés par des colonnes torses, à bases et chapiteaux romans ; les archivoltes sont composées d'un bourrelet unique et tordu, qui semble
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n'être que la continuation du fût de la colonne. Colonnes et archivoltes sont en spirale, et alternativement dorées et en argent naturel; c'est peut-être cette disposition existant déjà sur les faces de la châsse, qui a donné l'idée plus tard de couvrir le cylindre du toit avec ces deux rubans de métaux divers.
Sous la première arcade (en commençant par la gauche), on voit Fange Gabriel, dont le nom est inscrit perpendiculairement sur le fond à la gauche de la figure. Il tient de la main gauche une fleur épanouie. Le nimbe, la chevelure, la bordure du manteau et de la robe, la fleur, sont dorés; les ailes, les chairs et la robe sont d'argent naturel.
Sous l'arcade suivante est une figure debout que je crois être l'image de saint Jean-Baptiste ; sa chevelure un peu en désordre et son geste, qui semble désigner le Rédempteur représenté sous l'arcade du milieu, m'ont fait supposer que l'artiste avait voulu placer là le Précurseur. Le nimbe, les cheveux, la barbe et le manteau sont dorés ; les chairs et la robe sont d'argent.
Sous l'arcade du milieu , plus large que les autres, Jésus-Christ est représenté assis, bénissant de la main droite et tenant un livre de la main gauche.
Cette figure est inscrite dans une auréole ovale tracée autour d'elle par une moulure simple, mais d'un relief assez sensible, faite au repoussé et dorée. Le nimbe crucifère, la chevelure, le man-
DE SAINT-MAUBICE DAGAOE.
teau, le livre, le trône, sont dorés. Le visage, le col, la robe, les mains, et les pieds qui reposent sur un coussin demi-sphérique sont en argent naturel.
Ensuite, sous la quatrième arcade, on voit une figure debout, qui paraît de la main droite montrer Jésus, et qui tient une fleur dans la main gauche. En l'absence d'attributs plus significatifs, j'avoue que je ne sais au juste quel est le personnage représenté ici; c'est un apôtre sans doute, car la figure a les pieds nus, et c'est ainsi qu'on les a toujours représentés. Mais lequel? voilà la question. Le nimbe, les cheveux et le manteau sont dorés; tout le reste est d'argent.
Sous la dernière arcade est debout une figure ailée qui tient dans la main droite une longue tige surmontée d'une fleur de lis, et dans la main gauche un rouleau. Ce doit être l'image de l'ange Raphaël. Le nimbe, les cheveux, le manteau, la bordure de la robe aux poignets et au bas de la jupe, le rouleau, la tige et le "lis sont dorés; le visage, le cou, la robe, les mains et les pieds sont en argent naturel.
Tous les motifs d'ornements et toutes les figures, qui décorent cette partie en plan incliné, sont exécutés au repoussé en mi-relevé. Les champs ou fonds sont en argent poli \
1. Il est entendu que toutes les fois que je me sers de ce mot, poil, pour exprimer l'état des fonds de toutes ces an-
TRESOR DR L'iBBATP.
Deuxième grand côté, façade carrée. Sur cette face le portique ne compte que six arcades, dont les arcs à plein cintre reposent sur des colonnes couvertes d'ornements différents, et dont les chapiteaux et les bases sont variés aussi. La façade, qui nous occupe ici, a été remaniée, et remaniée bien maladroitement. Les arcades sont réunies avec assez de justesse deux par deux, mais on s'aperçoit qu'il manque une arcade tout entière ; en effet, il y a une trop grande distance entre les groupes de deux, et dans l'espace qui sépare le second groupe du troisième, à droite, on voit une naissance d'archivolte interrompue à deux ou trois centimètres du chapiteau. Sous ces arcades sont assises six figures tenant toutes un livre dans la main droite ou dans la main gauche. Les quatre premières figures, toujours en commençant par la gauche, n'ont aucune inscription, les deux dernières ont les noms suivants inscrits au-dessus de leurs têtes dans la frise de la corniche :
S. IACOBVS — S. DATDEVS.
Saint Jacques est déjà nommé parmi les personnages qui occupent l'autre façade; ce sont donc saint Jacques le Majeur et saint Jacques le Mineur. Je suis tenté de croire que les plaques
tiques pièces d'orfèvrerie, j'entends un fond uni au marteau et non pas aplati au rifloir et au brunissoir, comme il est d'usage de le faire dans l'industrie moderne.
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d'argent sur lesquelles sont inscrits tous ces noms ont été reclouées au hasard lors de la réparation de la châsse. Je suis aussi convaincu que l'arcade vide était occupée par la figure de Jésus-€hrist, et que cette statue ayant éprouvé des avaries telles qu'il ne fallait plus songer à la conserver, on a desserré les arcades le moins gauchement possible pour regagner par les séparations la place qu'oc- • . cupait la statuette écrasée et perdue.
« Le sujet principal de la châsse, pour les figures en haut relief des façades carrées, devait être Jésus entouré de ses apôtres, auxquels on avait joint saint Paul ou peut-être saint Barnabé, qui reçoit quelquefois le titre d'apôtre. Gomme sur l'autre façade, les colonnes et les archivoltes du portique, les nimbes, les chevelures, les barbes, les manteaux, les livres, les sièges et les marchepieds sont dorés; les visages, les cous, les mains, les pieds et les robes sont en argent naturel; les fonds en argent poli.
Le soubassement de cette façade est formé avec onze plaques d'émaux champlevés sur cuivre doré de dessins divers, mais tous d'un goût exquis; la place de la douzième plaque est vide. Ces émaux me paraissent appartenir à une époque un peu plus rapprochée de nous que le reste du reliquaire.
MÊME FAÇADE, PARTIE FORMAIT TOIT. Sur le plan
incliné de ce côté est aussi représenté un portique à cinq arcades supporté par des colonnes torses; il
est à remarquer que la dernière colonne à droite a disparu . Les archivoltes des deux arcades extrêmes sont torses comme les colonnes ; les trois autres archivoltes sont dessinées par une double moulure à gorge toute simple. Archivoltes et colonnes sont dorées.
Sous la première arcade, on voit saint Michel transperçant le dragon qu'il foule aux pieds. L'archange est ailé et debout dans une attitude pleine d'énergie. Son bouclier est suspendu à son bras gauche, et de la main droite il tient cette lance triomphante qu'il plonge dans le corps du monstre. Le nimbe, la chevelure, le manteau, le bord des ailes, la face du bouclier, les franges de l'écharpe et la tête du dragon sont dorés, tout le reste de la figure est d'argent naturel.
Sous la seconde arcade se tient la sainte Vierge; elle a la tête tournée vers son divin fils et ses mains sont jointes. Son attitude révèle une profonde douleur et une touchante résignation. Le nimbe, le voile et le manteau sont dorés; le visage, les mains et la robe sont d'argent naturel.
Sous l'arcade du milieu, plus large que les autres, on voit le Christ sur la croix. Cette figure a été composée suivant le type adopté par les artistes byzantins, type qui a persisté avec bien peu de modifications jusqu'au XV e siècle. C'est bien la même maigreur dés membres, la même longueur démesurée des mains et des pieds, la même ana-
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tomie cadavérique de la poitrine et des côtes, la même expression de ce visage trop allongé. La croix, sur laquelle est attaché le Sauveur, est trèslarge; elle est d'argent et bordée tout autour d'un rang de toutes petites perles dorées ressemblant au grènetis des monnaies. Le nimbe crucifère, la chevelure, la barbe et la tunique de Jésus sont dorés; tout le reste de la figure est d'argent. De chaque côté de la croix, il y a deux étoiles à huit pointes repoussées dans le fond.
L'arcade suivante, à la gauche du Christ, contient une figure debout qui ne peut être que saint Jean l'évangéliste; le bras droit est relevé le long de la poitrine, de façon que la main touche presque au menton ; la main gauche tient un livre fermé; le visage est imberbe et la tête est penchée vers Notre-Seigneur. Cette attitude, qui est celle de la douleur et qui s'est conservée si longtemps, se retrouve sur beaucoup de monuments où on a retracé la même scène, entres autres sur le reliquaire de Pascal II, si bien décrit par M. Darcel dans son Trésor de Conques. Je crois donc pouvoir dire que la figure représentée sur notre châsse est celle de saint Jean l'évangéliste. Le nimbe, les cheveux, le manteau et le livre sont dorés. Les chairs et la robe sont d'argent.
La dernière arcade est occupée par la figure debout d'un ange ou archange tenant de la main droite une tige terminée par une croix, et de la gauche un rouleau déployé. Je cherche encore
TRÉSOR DE L ÀRBAYE
quel nom il faut donner à ce personnage. Son nimbe, sa chevelure, son manteau, son rouleau, et sa lance surmontée d'une croix sont dorés; le reste est en argent naturel.
Les fonds de ce côté, comme de l'autre, sont en argent poli.
Premier petit côté. Ici l'artiste a représenté toute une scène, dont le sens n'est pas très-clair. C'est d'abord le roi saint Sigismond assis sur un trône, dont la forme rappelle exactement le dessin de la chaise curule en bronze désignée sous le nom de fauteuil de Dagobert. Sigismond est couronné et nimbé; il tient de la main gauche un sceptre terminé par une fleur rappelant vaguement la fleur de lis, et désigne de la droite un groupe de quatre personnages qui s'avance vers lui. Le premier de ces personnages tient de la main droite une épée dans le fourreau, la pointe en l'air, les trois autres le suivent l'épée au côté. * Quel est le sujet de cette scène? Est-ce Sigismond au moment où il vient d'être couronné, et où il reçoit l'épée après avoir déjà reçu le sceptre? Est-ce le roi recevant l'hommage des comtes dans l'assemblée où il va décréter la fondation de l'abbaye d'Agaune?
A la hauteur de l'oreille droite de Sigismond sont deux lettres de l'inscription suivante , qui se termine, en caractères plus petits inscrits au repoussé sur le champ ou fond du tableau, dans
DE SA1HT-MACR1CB DAGÀCME
l'angle formé par la pointe du toit de la chasse et au-dessus de la tète du roi :