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Les noms de saint Nicolas, saint Laurent, saint Vincent

DE SAINT-MAURICE b'aôAUNE.

Ce gracieux monument a été exécuté par ordre de l'abbé Pierre-Maurice Odet, qui gouverna l'abbaye de 1 640 à 1657.

Les dimensions de ce reliquaire sont :

Longueur 16* 8 11 .

Largeur 9 c 3 m .

Hauteur de la façade carrée antérieure, y compris les bandes d'encadrement, haut et bas, 7 9 3 m .

Hauteur totale, du bas jusqu'à l'arête du toit, 14 c 7 m .

8« — 9° — 10° — 41° — 12° — Cinq petits

RELIQUAIRES EN FORME DE COFFRETS, DONT DEUX EN ARGENT ET TROIS EN CUIVRE ARGENTÉ l .

Quatre de ces reliquaires ont été faits sur Tordre de l'abbé Jodoc Quartery, qui siégea de 1 657 à

saint Côme et saint Damien, et les mots cheveux de saint François d'Assise ont été rayés à la pointe, ce qui signifie que ces reliques ont été enlevées de la châsse.

1. Article 11 e de l'inventaire de l'abbé Miles : Reliquiare pollicis sancti Anton ii.

(Nota. L'abbé Miles, ayant siégé de 1550 à 1572, ne peut pas avoir inventorié les quatre autres chasses, qui n'ont été fabriquées qu'un siècle après sa mort).

Article 18 e et 21° de l'inventaire des Bollandistes : Altéra (lipsanotheca) in qua etiam videtuç portio pollicis sancti Antonii.

Prœter haec, lipsanothecœ argenteae quatuor sunt minus spectabiles, iisque servantur reliquise aliquae sancti Amati, sedunensis episcopi et abbatis sancti Mauritii, SS. Florentin!, itidem sedunensis praesuli, et diconi ejus Hilarii martyrum.

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1669. Ils sont grossièrement estampés, les ornements qui les décorent sont lourds, mal composés, disgracieux, sans aucune valeur artistique ou archéologique, et je ne les ai cités que pour présenter un inventaire complet. Nous ne nous y arrêterons donc pas davantage.

1 3° Vase en sardonyx gravé, dit vase de saint Martin 1 . '

Ce vase est creusé dans une sardonyx de 1 6 centimètres de hauteur sur 34 à 35 centimètres de circonférence au renflement de la panse et y compris l'anse aujourd'hui brisée ; il est couvert de figures sculptées à la manière des camées sur pierres dures, et monté en verroteries cloisonnées d'or, enrichies de pierreries. C'est assurément un des monuments les plus précieux qui nous aient été transmis à travers les âges.

La pierre sur laquelle a été exécuté ce remar- * quable travail est d'une grande beauté comme matière ; elle est d'un ton brun foncé, veiné de rouge-brun, de jaune, avec des couches de blanc

i . Article 20 e de l'inventaire de l'abbé Miles : Alabastrum ab angelo sancto Martino allatum in Viroleto.

Article h e de l'inventaire des Bollandistes : Vasa duo repleta sanguine sanctorum thebseorum martyrum.

(Nota). Le Père De l'Isle désigne ainsi le vase en sardonyx et l'aiguière en émail cloisonné, dont je parlerai plus tard. C'est pour les plus précieux monuments du trésor que l'abbé de Saint-Léopold a réservé ses descriptions les plus sommaires.

laiteux, de gris ; ces nuances diverses ont été habilement mises à profit par l'artiste, qui en a tiré un parti excellent pour varier ses effets.

La monture consiste en un pied conique en or, de 5 c 5 m de hauteur, couvert de verroteries rouge-grenat, mais tirant un peu sur le violet, et tout incrusté de pierres précieuses serties en quatre rangées horizontales et parallèles. La première rangée, au bas, se composait de quatorze perles fines; la seconde et la troisième, chacune de quatorze émeraudes et saphirs alternés, et la rangée supérieure, de quatorze perles fines plus petites que celles de la rangée inférieure. Quelques sertissures sont vides aujourd'hui. Le cloisonnage en or forme un dessin très-régulier composé de carrés croisés d'x, dont chaque angle est occupé par une pierre fine.

Le col du vase est entouré^Tune monture semblable à celle du pied; mais malheureusement tout le bord supérieur est empâté par une masse de cire recouvrant une feuille de parchemin et trois ou quatre tours d'une forte ficelle, qui ont servi à sceller le vase. Sur la cire on voit encore, mais très-indistinctement, les traces d'un sceau d'évêque, et si la mitre et la tête peuvent encore se deviner, il est impossible de lire une seule des lettres de la légende. Cette monture du col 1 est

1. Sa hauteur est de 5 c 5 « cachet compris, et sa circonférence de 2U c.

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une garniture en or à pierreries incrustées et à verroteries cloisonnées, dont la couleur est semblable à celle des verroteries du pied. On voit encore trois rangées horizontales de pierreries, et il est certain que la quatrième rangée est enfouie sous la feuille de parchemin qui ferme le vase. La rangée inférieure comptait dix-huit perles fines; la seconde et la troisième chacune dix-huit émeraudes ou saphirs alternés. Il est probable que le rang supérieur est composé de dix-huit perles fines. Au-dessous du filet d'or qui borde la partie inférieure des verroteries de cette monture, court une fine torsade filigranée du travail le plus délicat. Le cloisonnage forme aussi une série de carrés dont les angles sont occupés par une pierre fine ; seulement, ici les x qui croisent les carrés du pied, sont remplacés par un seul filet allant d'un des angles supérieurs à l'angle inférieur opposé.

Le réseau d'or formant le cloisonnage est fait de bâtes ou lames soudées sur le fond ; ces bâtes sont beaucoup plus minces que celles de la châsse dite d'Eugène III; les compartiments disposés pour recevoir les morceaux de verre sont beaucoup plus profonds et ne sont pas garnis d'un paillon d'or gaufré. Deux ou trois de ces compartiments étant aujourd'hui vides, j'ai pu m' assurer de leur profondeur qui est au moins de 5 millimètres, et il m'a semblé reconnaître dans le fond de l'un d'eux les traces d'un mastic jau-

nàtre. La bâte d'or qui retient les morceaux de verre est très-légèrement rabattue au brunissoir et elle affleure presque la surface des verroteries. Au premier aspect, il est facile de confondre ce travail si délicatement exécuté avec les véritables émaux cloisonnés; j'ai moi-même commis cette erreur au commencement de mes études sur le trésor. Mais après avoir lu les savantes recherches de MM. de Lasteyrie, de Linas et Labarte, j'y ai regardé plus attentivement et j'ai reconnu dans cette monture une œuvre exécutée d'après les mêmes procédés que l'épée de Childéric, les armes de Pouan, de Beauvais, les boutons, le fermoir et les fibules d'Envermen, la plaque, la fibule, les vases de Gourdon de la Bibliothèque impériale, les aigles du musée de Cluny, etc.

L'anse, dont il ne reste plus que le tiers environ, a été brisée à sa naissance sur la panse du vase, vers le milieu et à l'endroit où elle se rattachait au col. Le morceau qui reste est la partie supérieure ; il ne tient plus que par la ficelle qui entoure le parchemin. Cette anse était cannelée. Si ce malheur, dû sans doute à l'obligation si souvent répétée de cacher tous les objets du trésor, n'était pas arrivé, le vase de saint Martin serait un monument peut-être unique au monde.

Passons maintenant à la description des personnages sculptés sur le vase. Ces figures, dont la hauteur varie de 8 centimètres à 8 e 3 composent une scène qu'on n'a jamais expliquée

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jusqu'ici d'une manière tout-à-fait satisfaisante. Je commencerai à droite de la feuille de vigne d'où partait l'anse et, contournant toute la circonférence du reliquaire, je reviendrai à mon point de départ, à gauche de la feuille de vigne précitée. On voit d'abord une femme assise sur un siège dont les pieds figurent une patte de lion et qui est couvert d'un riche tapis. Cette femme, tournée à droite vers une autre femme debout, qui s'approche légèrement inclinée dans une attitude de respect, et tenant de la main gauche une amphore, a l'index de la main gauche appuyé sur les lèvres comme pour commander le silence et s'appuie de la droite sur le dossier du siège. Ces deux figures ont un voile couvrant la moitié de la coiffure et retombant sur les épaules.

Le troisième personnage est un vieillard à longue barbe, assis. Sa pose est forcée, ses genoux sont dirigés vers le groupe précédent, tandis que le reste du corps et la tête vue de profil, sont tournés avec effort vers la droite. Il tient des deux mains un long bâton dont l'extrémité repose sur le sol. Sa tête est couverte d'une draperie retombant sur les épaules et ses pieds sont nus.

Près de lui est représentée une femme assise à terre, les jambes étendues et les pieds cachés par le siège du vieillard. Cette femme, dont l'attitude est celle de l'attention ou de la douleur, a les yeux fixés sur le vieillard ; son menton est appuyé sur sa main droite, et sa main gauche, étendue sur

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la terre, soutient son corps affaissé. Malgré le voile qui couvre une longue chevelure, dont les boucles viennent se jouer sur la poitrine de la belle éplorée, on aperçoit la couronne de roses ou de pierreries qui orne sa tête.

Le cinquième personnage est une femme debout, tenant de ses deux mains un glaive dans le fourreau. Cette figure de profil regarde, à gauche, le vieillard et la jeune fille assise à terre et semble leur montrer l'arme qu'elle a saisie. La chevelure est abondante et bouclée, mais courte; la tète est découverte, et le voile qui la couvrait tombe jusqu'au bas de la robe, retenu seulement par un dernier pli de l'étoffe tourné autour du poignet gauche.

Derrière cette femme, au second plan, on voit un trophée composé d'un large bouclier ovale surmonté d'un casque et derrière lequel apparaissent quelques franges d'une cotte d'armes et le bout arrondi du fourreau d*un glaive.

Enfin, le dernier groupe se compose de deux chevaux placés l'un devant l'autre, la tête tournée à droite et la croupe cachée derrière le trophée. La jambe gauche de devant du cheval sculpté sur le premier plan est levée et touche presque à la naissance de l'anse.

Malgré la merveilleuse habileté que l'artiste a déployée dans la composition de cette scène, dans l'exécution des figures et dans l'emploi des couches diversement colorées de la pierre, je n'hésite pas à dire que je ne reconnais pas la

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main des graveurs de camées de la belle époque de Fart antique. Il y a dans la tète du vieillard, trop grosse d'ailleurs, une imperfection de dessin, une rudesse de touche inconnues aux sculpteurs de la Rome d'Auguste. La tête de la femme qui tient le glaive est aussi trop forte ; toutes les draperies sont un peu tourmentées; elles manquent de cette ampleur et de cette simplicité qui distinguent les œuvres sans défauts. Je crois fermement que le vase de saint Martin a été exécuté par un artiste grec vivant sous le règne de Constantin ou de ses successeurs immédiats. La tète et la large encolure des chevaux me confirment encore dans cette opinion que partageront tous ceux qui ont étudié des bas-reliefs grecs où quelques uns de ces animaux sont représentés.

J'ai dit plus haut qu'il n'a encore été donné aucune explication satisfaisante sur le sujet de cette scène ; les uns y voient le retour d'Ulysse à Ithaque ; d'autres, Achille à Scyros au milieu des filles de Lycomède ; d'autres encore un épisode de la guerre de Troie. Dans le premier cas, la femme assise sur un trône serait Pénélope à qui la nourrice Euryclée vient raconter tout bas comment elle a reconnu son maître ; le vieillard assis serait Ulysse déguisé en mendiant. Comment expliquer alors la femme couchée à terre, celle qui tient l'épée, et le trophée? Faudrait-il dire que la première représente une des suivantes infidèles qui avaient trahi Pénélope pour se livrer aux

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prinoes ennemis d'Ulysse, et la seconde, Minerve elle-même apportant au roi d'Ithaque les armes, instruments de sa vengeance? mais alors pourquoi ces chevaux inutiles dans le combat qui va se livrer? Il me semble impossible d'accorder tous ces éléments.

Dans la seconde hypothèse, celle d'Achille à Scyros, je laisse parler l'abbé Cavedoni qui, sans «voir vu le vase et d'après un dessin ou une simple description, avait tenté d'élucider la question; voici ce qu'il dit : € C'est Achille au « moment où la vue des armes le fait tressaillir ; t dans les vases peints du musée Bourbon (t. IX, t pl. 6-7), Achille a de même casque, écu et t épée. Une des filles de Lycomède montre à sa t soeur un vase de parfums mêlé par les Grecs « aux armes qu'ils avaient apportées. Les deux « chevaux sont ceux du char qui va emporter le t héros, et Déidamie est couchée près d'Achille « sur le sol, toute à son désespoir. A côté d'elle « est assise la nourrice' (nudrice) des filles de c Lycomède. »

Il y a dans cette explication deux erreurs matérielles qui prouvent que le savant italien n'avait entre les mains qu'un mauvais dessin ou qu'une description erronée. Il fait une femme du vieillard à longue barbe, et il place un casque sur la tête de la figure qui tient l'épée, tandis que toute cette panoplie est très-positivement suspendue au second plan. Mais ces erreurs matérielles ne

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sont pas suffisantes pour détruire complètement cette explication. Ulysse assistait à la scène que lui-même avait suscitée, rien ne s'oppose donc à ce qu'on le reconnaisse sous les traits du vieillard assis et habillé en marchand. D'un autre côté, Achille n'a pas besoin d'avoir le casque en tête pour se saisir d'une épée au milieu des armes étalées sous ses yeux. On peut donc aisément concilier ces personnages avec l'hypothèse de Cavedoni ; ce qui me semble plus difficile c'est d'expliquer naturellement l'attitude de la femme assise sur le trône et celle de la femme debout, qui s'avance une amphore à la main. Pourquoi ce geste pour commander le silence? pourquoi la pose respectueuse de la figure debout? Je ne puis voir là l'image de deux jeunes filles toutes joyeuses de contempler et de se faire mutuellement admirer des objets séduisants et précieux ; une amphore est du reste un triste joyau pour une femme.

La troisième hypothèse, celle d'un épisode de la guerre de Troie, a été mise en avant par un antiquaire romain, Melchiade Tossati, et adoptée avec quelques légères modifications par M. Blavignac 1 . Voici comment s'exprime ce dernier :

1. M. Blavignac dans son livre intitulé: « Histoire de l'architecture sacrée du IV' au X* siècle dans les anciens évêckés de Genève, Lausanne etSion,» a sommairement décrit quatre objets du trésor de Saint-Maurice : le buste de saint Candide, le bras de saint Bernard, l'aiguière et le vase de sar-

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« Le sujet représente selon toute probabilité un c épisode de la guerre de Troie. Dans la prec mière scène, Clytemnestre offre un sacrifice à € Diane ; Agamemnon ayant Iphigénie à ses pieds, « détourne ses regards de l'inflexible déesse; « des armes, des chevaux sur le départ, et le « personnage qui sort le glaive du fourreau c indiquent l'instant à la fois heureux et funeste « où la fille du roi des rois va tomber sous le « glaive et où la Grèce va être vengée de la viola- « tion des droits sacrés de l'hospitalité. »

Il me semble absolument impossible d'admettre une telle explication. Diane serait alors cette figure assise un doigt sur les lèvres ; mais comment reconnaître la déesse? que sont devenus ses attributs traditionnels, le croissant, l'arc, les flèches? dans quel costume nous est-elle présentée et dans quelle attitude? Comment se contenter de la définition de ce personnage prêt à tirer l'épée qui symbolise la vengeance de la Grèce? cela me paraît, je le répète, impossible.

Malgré les objections que j'ai faites moi-même à l'hypothèse d'Achille à Scyros, je ne puis dissimuler cependant que des trois explications proposées, c'est la plus satisfaisante à mon avis. Je me garderais bien du reste d'émettre une opinion ; j'ai demandé la solution de cette grave difficulté

donyx. Il dit lui-même en parlant de ces monuments : « ils devront être plus tard décrits d'une manière complète. »

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au savant le plus versé dans la connaissance des vases antiques, c'est assez nommer M. le baron de Witte, et ce juge compétent ne peut admettre d'autre explication que cette dernière. La scène représentée est donc le moment où Achille, à la cour de Lycomède, se trahit à la vue des armes apportées par Ulysse l .

14° Aiguière en or et en émaux cloisonnés*.

Ce vase , haut de 30 c 3 m , est en or fin , couvert d'ornements ciselés ou exécutés en filigranes, et décoré de plaques d'émaux cloisonnés du plus beau travail. Il se compose d'un pied cylindrique, d'une panse circulaire et aplatie, d'un col à huit pans, d'un bec trilobé et d'une anse. Le pied, tout uni aujourd'hui, était trèsprobablement autrefois orné de dessins en filigranes ; ce qui me porte à le penser, c'est que le métal conserve encore les traces très-visibles d'un mattage finement exécuté à l'outil, comme il était d'usage de procéder pour faire les fonds des

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