Ces dimensions sont
Hauteur, de 3 c 7 m à 6 « 1 ».
Largeur, de2c3mà2c9».
2. Blavignac, loc. cit., « on peut y remarquer la présence du cyprès asiatique, qui a persévéré dans la décoration orientale jusqu'à nous, etc. »
Di
DE SÀ1NT-M1UR1CE d'àGAUNE. $\
Les champs laissés entre ces rangées de perles constituent les quatre pans plus petits du col et sont ornés d'un rinceau élégant et délicat formé par un filigrane plat et strié sur la tranche comme ceux qui composent les demi-cercles de la bordure.
Le bec du col est empâté d'une lourde couche de cire, qui empêche de dire positivement la manière dont se termine cet admirable vase.
Cependant une bâte entourée de perles et une petite partie du saphir qu'elle sertit se laissent voir au haut du pan auquel l'anse vient se rattacher. En peut-on conclure que les quatre pans émaillés du col se terminaient ainsi? je ne sais. Le couvercle trilobé est entouré d'un rang de perles qui paraissent çà et là. L'empreinte d'un sceau épiscopal est encore visible sur la cire qui couvre le couvercle.
L'anse, qui a à peu près la forme d'un S, est hémisphérique en dehors et plate en dedans ; elle est bordée sur chaque angle d'un rang de perles et couverte sur la partie hémisphérique de deux rangs de feuilles affrontées, gravées au burin. Le poucier, formé d'une palmette ciselée, n'est pas placé sur la charnière du couvercle, comme cela se fait d'ordinaire, mais à quatre centimètres environ plus bas, au point le plus saillant de la courbe de l'anse.
Revenons maintenant aux grandes plaques d'émail qui ornent les faces de la panse. L'une
d'elles porte deux griffons affrontés séparés par deux ornements discoïdes et posant sur un rinceau en forme de deux S accolées; tous les espaces laissés libres sur le fond par le motif principal sont remplis par des disques au milieu desquels l'artiste a figuré des fleurs à huit ou à quatre feuilles et par des ornements de formes diverses et de grandeurs différentes.
La seconde plaque porte deux lions debout et affrontés, séparés par cet ornement dont je parlais plus haut et qui passe, aux yeux de certains archéologues, pour être la représentation du cyprès asiatique. Comme sur l'autre face, les espaces vides sont remplis par des disques analogues et par des ornements peut-être plus variés encore.
Les fonds de ces deux plaques, comme ceux des petites plaques posées sur l'épaisseur de la panse, sont du plus beau vert. Parmi les émaux employés dans la décoration de ce vase, les uns sont translucides et empruntent à la plaque d'or sur laquelle ils sont appliqués des reflets brillants qui doublent leur éclat ; ce sont les émaux de couleur verte, rouge -grenat et bleu foncé. Les bleu-clair de diverses nuances, le bleu-turquoise, le rouge -vermillon, le jaune et le blanc sont opaques.
Il n'existe aucun document qui permette de dire avec certitude dans quelles circonstances et par qui ce vase fut donné à l'abbaye de Saint-
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Maurice.' La tradition rapporte cependant que c'était un cadeau fait à Charlemagne par un calife arabe, et que l'empereur en fît présent aux moines d'Agaune, en même temps qu'il leur donnait un magnifique devant d'autel en or incrusté de pierreries, devenu depuis la proie d'un prince de la maison de Savoie. Quelle que soit la valeur de cette tradition, il est certain que les émaux de l'aiguière, dite encore de Charlemagne, présentent tous les caractères de l'art oriental. Quant à leur monture, elle rappelle bien formellement, selon moi, le système de décoration antique dans la composition et le dessin du bandeau de feuillage qui règne autour de la panse, et dans la forme élégante de l'ensemble du vase. Ne pourrait-on pas admettre qu'un orfèvre byzantin, nourri des vieilles traditions, aura, du VI e au vm e siècle, composé cette remarquable pièce avec des plaques émaillées venues d'Orient. J'appelle toute l'attention des archéologues sur cette intéressante question.
1 5° Chef de saint Candide 1 .
Ce reliquaire, d'une hauteur totale de 57 c 5 représente la tête du saint vue jusqu'aux
i. Article 6« de l'inventaire de l'abbé Miles : Caput divi Candidi ln argento inclusum.
Article 5° de l'inventaire des Bollandistes : Caput sancti Candidi inclusum argentea usque ad umbilicum statua variis gemmis ornata.
84 TRÉSOR DE LABBATE
épaules et posée sur une base presque carrée, haute de 24 c 7 m , large de 213 c 5 m . Il est en argent travaillé au repoussé, doré dans quelques parties et décoré d'ornements dorés avec incrustations de pierreries sur fond de filigranes.
Le visage, modelé avec une énergie presque brutale, porte une expression étrange qu'il doit à la rigidité des lignes et aussi aux nombreux accidents qui sont venus déformer le métal. Les sourcils sont figurés par trois rangs de hachures simples ou croisées et niellées en noir. Les prunelles des yeux sont aussi niellées en bleu si foncé que lajCouleur*en est presque noire. La moustache, exprimée par un dessin en rinceau compris entre deux rangs de hachures, est gravée et dorée. Les lèvres et la barbe sont aussi dorées, et la barbe est rendue par un dessin gravé au burin imitant avec naïveté des boucles de poils symétriquement arrangés.
La tète est couverte d'une espèce de casque cannelé, bordé d'un bandeau 1 doré, encadré haut et bas d'un filigrane rônd strié sur la tranche extérieure, et chargé de pierres serties dans des chatons sur un fond finement matté et couvert de dessins en filigranes semblables à ceux qui bordent le bandeau. Quatre bandeaux* dorés, décorés de