Ce bandeau a 3 c 3 * de largeur
2. Ces quatre bandeaux ont : celui qui part du front 2 c 7 m de largeur. Celui qui part de la nuque 2 c 5 m. Celui
DE SAINT-MAURICE d'aGACHE.
la même façon, partent de cette bordure et se réunissent au sommet de la tête, aboutissant à une plaque carrée, montée sur deux gonds annulaires qui permettent de la soulever pour voir la relique. Cette petite porte, si je puis parler ainsi, décorée comme les bandeaux, possédait autrefois une seule pierre ovale de grande dimension qui occupait le centre du carré ; le chaton est vide aujourd'hui.
Le col est nu, les veines sont indiquées; la naissance des épaules est couverte d'un manteau bordé d'un orfroi 1 doré et présentant exactement le même système de décoration que les bandeaux de la coiffure. On remarque dans les bandes de joailleries qui forment la bordure du casque et du manteau, une série de petits anneaux soudés le long des filigranes d'encadrement; ils étaient destinés, sans aucun doute, à suspendre les dons offerts au saint en manière d'ex-votos.
Les pierres serties sur les orfrois se composent de cristaux de roche, topazes, cornalines, malachites, turquoises, opales, saphirs; elles sont ovales, rondes ou carrées, cabochons ou taillées à quatre facettes, posées sans aucune symétrie et toutes montées dans des chatons entourés à leur base d'un filigrane imitant un rang de petites perles. Le fond du reliquaire est exécuté en lames d'ar-
qui part de l'oreille gauche 2« 5>». Celui qui part de
Toreille droite 2^».
i. Cet orfroi est fort inégal; sa largeur varie de 3 cent, à 2 c 5 m.
86 TRESOR DB L'ABBiYF.
gent forgées et réunies, non point par la soudure, mais bien par des rivets. La dorure des orfrois est tellement solide qu'il faut y regarder de trèsprès pour voir que ce n'est pas de l'or pur.
La face antérieure de la base offre un bas-relief exécuté au repoussé et représentant le saint au moment où sa tête vient de tomber sous le glaive '. Les deux bourreaux envoyés par Maximien sont en costume militaire, la tête couverte de mailles de fer ; derrière le corps de saint Candide se tient un personnage qui joint les mains ; il est vêtu aussi d'une cotte de mailles, mais il est désarmé et sa tête est nue. C'est un thébéen, compagnon du martyr et prêt à mourir comme lui. Au-dessus de ce soldat, un ange sort des nuages et recueille entre ses bras étendus l'àme de saint Candide représentée par une petite figure nue.
Entre le bourreau qui vient de frapper et le corps agenouillé du saint décapité, on lit l'inscription suivante tracée en lettres repoussées :
CADID EXËPTO DVM SIC MVCR • ONE LI TATVR SPS ASTRA PETIT PRO NECE VITA DATUR
i. Voir la planche n° 1, lettre B.
DIS SAINT-MAURICE d'aGAUHB. 87
Ces paroles expliquent la scène.
Tout le bas-relief est entouré par une baguette mi-ronde, ornée de distance en distance de groupes de trois anneaux juxtaposés, anneaux et baguettes sont, comme tout le reste, exécutés au repoussé.
La base, dont la forme est cubique, est percée d'arcades sur les faces latérales et sur la face postérieure. Les pieds-droits de ces arcs sont ornés de rinceaux ; des figures difficiles à reconnaître aujourd'hui, tant elles sont aplaties et effacées, décoraient l'espace compris entre les arcs et les angles supérieurs du piédestal. Au-dessus des trois arcs, à une époque postérieure, on a cloué des bandes d'émaux champlevés sur cuivre doré, dont les dessins en réserve sur fonds rouges et bleus sont du meilleur goût.
Une tradition, fondée sans doute sur l'opinion émise par le Père J. de l'Isle, attribue le chef de saint Candide au rx e siècle. Malgré toutes les difficultés que présente une appréciation de cette nature, il me semble impossible d'admettre une date aussi reculée. J'ai déjà parlé, à propos de la châsse de saint Maurice, du peu de certitude offert par les ornements fîligranés pour asseoir un jugement, je n'insisterai donc pas beaucoup sur les orfrois qui décorent la coiffure et le manteau de saint Candide, je ferai remarquer seulement que les filigranes sont ici composés d'un seul fil, rond, strié ou guilloché sur la face extérieure et
soudé très-exactement sur le fond. Ce serait là une indication d'antiquité, car cette fabrication se rapproche plutôt des filigranes mérovingiens composés de deux fils réunis et tordus en spirale que des filigranes employés à partir du XII e siècle. Ces derniers en effet sont généralement formés de lames plates sur les deux faces latérales et guillochées sur la tranche extérieure 1 . Néanmoins, comme j'ai trouvé dans les bandes de rinceaux qui couvrent les pieds-droits des arcades de la base, dans le costume et la chaussure des soldats du bas-relief, de véritables éléments d'appréciation, je pense qu'il ne faut pas faire remonter le chef de saint Candide plus haut que la fin du xi e siècle .
On m'objectera sans doute que j'aurais dû apporter plus d'attention à la forme des lettres de l'inscription. Je les ai sérieusement étudiées, et je n'y ai rien remarqué qui puisse servir à dater plus sûrement le reliquaire ; les lettres sont toutes carrées, sauf une seule ; les A barrés en haut que nous voyons ici sont employés aussi sur la châsse de Nanthelme (1225), et les € lunaires se retrouvent sur la petite chasse à verroteries cloisonnées qui ne peut pas être postérieure au vni e
i. Ces observations empruntées à M. Darcel, * Trésor de Conques, » me paraissent tout-à-fait justes, et j'en ai tenu grand compte dans mes études sur le Trésor de Saint- Maurice.
DE SàîNT-MATJRICE d'àGAUKE. 89
siècle. Quelle conclusion sérieuse aurais-je pu tirer de la forme de ces lettres?
Quant aux plaques d'émaux champlevés sur cuivre doré qui surmontent les trois arcades de la base, elles ont été ajoutées et clouées brutalement à l'aide de pointes communes à grosses têtes arrondies. Ces plaques sont évidemment postérieures, et je crois être dans le vrai en les attribuant au xni e siècle, car elles portent déjà l'empreinte de cette finesse à laquelle je donne la qualification de maigreur et qui a été s'exagérant sans cesse jusqu'à la Renaissance.
1 6° . Buste de saint Victor 1 . Ce reliquaire représente la tête du saint et son buste jusqu'au coude ; il est exécuté au repoussé en argent naturel ou doré, et repose sur une base dont la forme est un parallélogramme à pans coupés ; une armure de mailles couvre la tête, enveloppe le cou et retombe sur les épaules comme le ferait un large haussecol. La coiffure, qui recouvrait primitivement les mailles entourant le crâne, a disparu, et on l'a remplacée par un casque en cuivre estampé et
1. Art. h e de l'inventaire de l'abbé Miles : Sancti Exuperli caput cum pectore argenteum. in quo servatur ipsius sancti caput cum pluribus aliis ipsius ossibus. (L'abbé Miles se trompe ici et nomme saint Bxupère, thébéen, pour saint Victor, vétéran n'appartenant pas à la légion).
Art. 6« de l'inventaire des Bollandistes : Caput sancti Victoris. Donum est serenissimaî domus Sabaudicœ.
doré, dont la forme et le mauvais goût rappellent tristement les casques actuels de nos pompiers. Il est bien certain qu'une coiffure quelconque existait autrefois, car le travail exécuté pour imiter la maille cesse au niveau des yeux, et le métal aplati vers les tempes porte encore la trace d'un frottement exercé par une vive pression. Cette armure de mailles est d'argent naturel, sauf les deux tours retombant sur les épaules qui sont dorés. Le visage, peint au naturel, manque de noblesse, et malgré ses sourcils froncés, sa bouche pincée conserve un air de vulgarité bien marqué. Le buste et les bras sont couverts d'un vêtement à larges plis, poli et doré. Les mains, d'argent et maladroitement modelées, sont / ramenées sur la poitrine ; la droite tient un sceptre
doré, orné de l'écusson de Savoie émaillé : de gueules à la croix d'argent. Au milieu de la poitrine a été ménagée une ouverture quadrangulaire ; elle est garnie d'une Vitre à travers laquelle on peut apercevoir le crâne du saint. La base dorée porte l'écusson de Savoie au milieu de sa face antérieure et de sa face postérieure.
Ce travail d'orfèvrerie, attribué au xvn e siècle, m'a-t-on dit à l'abbaye, par quelques archéologues suisses qui ont visité le trésor, me paraît appartenir à la fin du xiv e ou au commencement du XV e siècle. La tradition ajoute que ce reliquaire est un don des princes de la maison de Savoie, tradition que semble justifier la présence de leurs
DE SAINT-MAURICE d'AGAUHE.
armoiries trois fois répétées. Quelle qu'en soit du reste la provenance, en face de cette œuvre plus que médiocre, et après l'avoir consciencieusement étudiée, je crois pouvoir proposer cette appréciation : Le buste de saint Victor est un travail exécuté à l'époque déterminée plus haut, dans un atelier allemand,
Les dimensions de cette pièce sont :
Hauteur totale : 48 c , base comprise.
Hauteur de la base : 9 c 4 m .
Longueur de la.base : 36 c .
Largeur de la base : 0 5 m , dans le sens d'épaisseur.
17° Bras de saint Bernard de Menthon 1 .
Ce bras-reliquaire, d'une hauteur totale de 46 c 1 m , se compose d'une main bénissante sortant d'une manche étroite recouverte par une manche plus large appelée d aima tique, et repose sur un piédestal quadrangulaire. Il est exécuté en argent repoussé et couvert d'ornements en filigranes incrustés de pierreries, en cuivre gravé et doré, et en émaux champlevés. C'est un des monuments les plus précieux du trésor de Saint-
i. Art. 25« de l'inventaire de l'abbé Miles : Item aliud brachium argenteum cum gemmis.
Art. Il 8 de l'inventaire des Bollandistes : Brachium aliud pretiosus- praedictis, côntinens costam, mentum et partein extremam stolœ sancti Bernardi.
Maurice, et je vais tenter de le décrire avec toute la précision désirable.
La base du piédestal est formée de quatre plaques d'émail champlevé sur cuivre doré d'un dessin différent pour chacune des faces 1 . Le dé est enrichi de pierres précieuses ou imitées qui sont serties sur un fond en argent doré orné de filigranes aussi en argent doré, pour trois des côtés du moins ; sur le quatrième, le fond filigrané a été remplacé, à la suite d'un accident, par un fond en cuivre doré, orné de rinceaux gravés qui se détachent sur un champ losangé au burin. Dans le principe, le dessin des ornements des quatre faces du dé était répété deux par deux ; sur les faces les plus longues, on compte huit pierres cabochons de deux formes et de deux grosseurs. Les plus grosses, qui sont ovales, occupent la ligne médiane du dé ; les six plus petites sont rondes et alignées sur chaque bord, haut et bas, dans les intervalles laissés libres par les deux pierres du milieu. De cette façon, deux pierres alternent avec une pierre unique. Sur les faces les ' moins longues, il n'existe que cinq pierres, une ronde plus grosse au centre, cantonnée de quatre autres plus petites, rondes aussi et toutes cabo-
1. Le piédestal a 10 c de hauteur, 14 c de longueur à la saillie de la corniche sur deux des faces, et l'i c 1 » i de longueur sur les deux autres faces; c'est, comme on le voit, un parallélogramme régulier.
chons. C'est sur Tune de ces petites faces que le fond filigrané a été remplacé par une plaque de cuivre dont les rinceaux gravés imitent, de loin il est vrai, la forme en X donnée comme motif principal au dessin du filigrane..
La corniche se compose de deux bandeaux :
l'un, incliné pour lier le dé à la saillie, est en argent repoussé et décoré d'un ornement en forme d'X. Il y a deux dessins pour les quatre faces, et ils sont opposés, comme Tétaient les filigranes ; ces dessins ne diffèrent du reste que par F échelle à laquelle ils ont été exécutés; ils sont plus grands sur les faces les plus longues, plus petits sur les faces les plus courtes. Le bandeau, qui forme la saillie de la corniche, est orné de bandes de cuivre doré à ornements gravés sur champ losangé au burin : il y a trois motifs d'ornement pour les quatre faces. Les angles du piédestal sont couverts d'une baguette plate et angulaire en cuivre doré, terminée à la base et à la corniche par une feuille de même métal, fondue et ciselée.
Il est évident pour moi que la base et la saillie de ce piédestal ont été remaniées à l'époque où Ton a remplacé le fond filigrané de la quatrième face du dé. Les émaux champlevés appliqués aujourd'hui sur cette base, ainsi que les bandes de cuivre gravé de la corniche, ne sont point aussi anciens que les filigranes et les ornements au repoussé. Il est bien probable que les parties
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dont nous parlons étaient primitivement en argent, avec rinceaux aussi repoussés. Les plaques <T émaux sont tout à fait dans le même style et de la même dimension que celles qui sont fixées sur la base du chef de saint Candide ; je pense qu'on peut leur assigner la même date, c'est-à-dire la moitié du xui e siècle.
La plate-forme du piédestal était autrefois recouverte d'une plaque d'argent décorée de rinceaux tracés d'un seul trait en creux, et chaque angle possédait une grosse pierre ovale, montée sur un chaton maintenu par deux rivets. Il reste à peine trace de cette ornementation dans l'un des angles du piédestal ; on distingue un fragment de rinceau et on voit la place du chaton indiquée par l'oxydation du métal et par les trous des deux rivets. Les autres parties de la plate-forme ont été couvertes postérieurement d'une mince feuille d'argent tout unie et maladroitement ajustée.
La dalmatique s'élance de ce piédestal; elle figure une manche large, bordée de chaque coté de la couture et sur l'extrémité par une bande d'ornements composés de pierres précieuses sur fond tiligrané. La dalmatique est en argent travaillé au repoussé ; les plis sont indiqués et le fond est semé de rosettes figurées par six points groupés en cercle autour d'un point central et frappés en creux. La bordure, large de 2! c 9 m , est couverte de pierres précieuses cabochons ou taillées, de formes et de grosseurs différentes ;
elles sont disposées comme sur les grandes faces du dé* c'est-à-dire que les plus grosses occupent la ligne médiane et que les plus petites sont rangées sur chaque bord dans les intervalles, de manière à ce que deux petites pierres alternent avec une seule plus grosse. Le champ laissé libre est garni de rinceaux en filigranes où Ton retrouve encore la forme d'X, et qui encadrent les sertissures. Un jonc tordu, manquant en quelques endroits, borde le tout extérieurement et intérieurement. Bordure, filigranes et jonc, tout est en argent doré. Les filigranes sont composés de lames plates posées et soudées sur un fond finement matté; ils sont simples ou doubles, c'est-à-dire que dans l'ornement principal en forme d'X, ils sont composés de deux lames de métal juxtaposées et soudées ainsi sur le fond, tandis que les rinceaux légers qui accompagnent et terminent le motif principal, sont formés d'une seule lame. Ces lames 1 sont plates, ainsi que je l'ai dit, et striées ou guillochées sur la tranche extérieure. La partie arrondie de la dalmatique, c'est-à-dire en descendant une ligne perpendiculaire à partir de l'ongle du pouce, est ornée d'une bande de rinceaux exécutés en argent repoussé ; une portion de cette bande touchant à la bordure, vers le poignet, manque et a été rem-
1. Les lames composant les filigranes ont 2 m de saillie à partir du fond de la bordure jusqu'à la tranche striée.
placée par un morceau d'une autre bande travaillée de même, mais dorée, et qui m'a semblé appartenir à une époque plus rapprochée de nous.
De la dalmatique sort le poignet d'une aube étroite, à plis serrés, en argent, terminée par un bracelet 1 en cuivre doré, orné d'un rinceau gravé au burin sur champ losangé et doré. J'ai la même opinion sur ce bracelet qu'au sujet des cuivres dorés et gravés appliqués sur le piédestal ; ces derniers ont été exécutés pour remplacer des bandes d'argent repoussé, dégradées ou enlevées, et cela à une époque de beaucoup postérieure à celle de la fabrication du monument. Le reliquaire se termine par une main bénissante de belles proportions et bien dessinée. Elle est, comme toutes les parties en argent, exécutée au repoussé sur des feuilles de ce métal forgé, et réunies entre elles par de petits rivets très-apparents maintenant.
Je ne reviendrai pas sur l'étude des filigranes, ce que j'en ai dit en parlant du chef de saint Candide doit suffire pour nous éclairer ici, et ceux qui nous occupent ne sont point antérieurs au XII e siècle. Le travail au repoussé est exécuté avec une grande perfection, et les motifs d'ornement ont une ampleur magistrale ; notre monument appartient donc à l'une des belles époques de l'art, et
1. De la plate-forme du piédestal au sommet du bracelet la hauteur est de 19 c U m .
DE SAINT-MAURICE d'aGAUNE. 97
on peut, je crois, lui assigner pour date, sans craindre de tomber dans Terreur, le milieu du xn e siècle.
1 8° Bras de saint Maurice 1 .
Ce bras-reliquaire, d'une hauteur totale de SO c 3 m , en argent repoussé ou gravé, doré par parties, est posé sur une base en fer-blanc vernissé en rouge et en brun ; cette base est ornée d'une galerie découpée à jour et porte sur chaque face trois roses à cinq feuilles grossièrement émaillées. Je ne dirai rien de plus de cette base, c'est un chef-d'œuvre de mauvais goût, qui ressemble aux plateaux en tôle vernie à bon marché et auquel il •est impossible d'assigner une date.
Le bras est couvert de deux manches ; celle de dessus, haute de 24 c 5 m , à partir de la base jusqu'au bord supérieur de la bordure qui la termine au poignet, est cylindro-conique ; le champ est divisé en quatorze sections, séparées par des baguettes dorées. Ces baguettes sont posées verticalement; elles consistent en un double filet entre lequel court un petit jonc tordu, et sont ornées alternativement de trois ou de quatre
1. Article 12 e de l'inventaire de l'abbé Miles : Brachium sancti Mauritii ex argento cum lapidibus preciosis.
Art. 10 e de l'inventaire des Bollandistes : Argentea brachia duo, aliquot gemmis ornata in quibus sunt ossa aliquorum martyrum. (Nota). De ces deux bras, il n'èn reste qu'un, celui dont il va être question.
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roses à cinq feuilles en argent ciselé et d'un rubis enchâssé près de la bordure du poignet. Le champ d'argent, compris entre les baguettes, porte alternativement des quintefeuilles posées au milieu d'un double ruban formant le 8, et un rinceau très-élégant tracé d'un seul trait : toute cette décoration est gravée au burin. La bordure, qui termine la manche, est chargée de dix médaillons alternés, circulaires ou en losanges, portant en émail la croix blanche de saint Maurice sur champ de gueules. Ces médaillons sont encadrés en haut par une baguette semblable à celles qui séparent les sections de la manche, en bas par cette même baguette, mais doublée, c'est-à-dire formée de quatre filets et de deux rangées de petits joncs # tordus. Dans les intervalles laissés libres entre les médaillons, des rubis 1 montés sur chatons sont alignés près de la baguette d'encadrement supérieure et inférieure. L'ouverture latérale de cette manche est figurée par une rangée verticale de trois gros boutons hémisphériques unis et dorés. A la hauteur du troisième bouton se trouve une pierre gravée montée sur chaton et représentant le soleil sur son char ; le dessin en est mauvais et la gravure mal exécutée. Au-dessous de ces boutons et dans le prolongement de la ligne qu'ils occupent, on a ajouté quatre grosses cornalines
1. La plus grande partie de ces pierres manque aujourd'hui et les chatons sont vides.
DE SAINT-MiURICB D^lUNE. fft
bnm-rouge de formes et de grosseurs différentes. Ces cinq chatons ont été certainement posés là longtemps après l'époque de fabrication du rejiquaire; ils ne sont pas à leur place et font un effet déplorable. Ils proviennent sans aucun doute d'un autre reliquaire, peut-être de ce troisième bras disparu depuis un siècle au moins.
A la manche de dessus succède la manche de dessous haute de 4 c 4 m » elle est en argent, unie, bordée à sa partie supérieure d'une baguette, dorée, demi-ronde, chargée de losanges émaillés en noir et de roses en argent. Cette manche est en outre séparée en deux sections par des baguettes du même modèle que celles de la manche de .dessus, mais plus étroites et arrêtées à chaque extrémité par une petite rose d'argent.
Au-dessus de cette seconde manche apparaissent quelques plis de la chemise 1 , fermée à la naissance de Ja mcu\n par deux boutons hémisphériques, de petite diinension qui sont placés dans le prolongement des gros boutons décrits plus haut.
Le reliquaire se termine par une main bénis^ santé 8 en, argent repoussé, d'un modelé dur et heurté et d'un dessin incomparablement inférieur à la main du reliquaire de saint Bernard. Ici, les feuilles d'argent sont réunies à l'aide de la soudure.