Le diamètre du pied est de
402 TRESOR DB L'ABBAYE
!sibi in Christo priori et cbnventui sancti kiauritïï Âgatmensis salutem et dileetionem sinceram. De pretiosis beatorum martyrum Agaunensium corporibus qua; nobis per venerabilem abbatem et (toncanonicos nostros ac nuntium nostrum vestra fiberalitas venerabiliter destinavit caritatem vestram digriis prosequimur actionibus gratiarum. Mittimus autem vobis per ipsium abbatem sacrosànctae coronœ dominiez spinam un; mi, quam propter Redemptoris venerentiam petimus a vobis devotissime honorari, et ut nos et nostros vestris habeatis orationibus specialiter commendatos. Àctum Parisiis anno Domini M. CG.
sexagesimo primo, mense februarii.
Cette lettre, à laquelle pend encore un débris de sceau, est admirablement conservée ; la date qu'elle porte dispense de toute réflexion nouvelle sur le reliquaire de la sainte Épine, appelé à l'abbaye le reliquaire de saint Louis.
$0° Reliquaire de sainte Apollonie 1 . Ce reli-
1. L'article ià° de l'inventaire de l'abbé Miles est ainsi conçu : Parvum caput osseum In quo très dentés sanct» Àpolloniae. Le petit reliquaire en ivoire et une des dents de la sainte ont disparu pendant la période de temps qui s'est écoulée entre l'inventaire de l'abbé et celui des Bollandistes ; les reliques avaient été transportées dans la monstrance qui nous occupe.
Article 17° de l'inventaire des Bollandistes : Lipsanotheca, quœ per cristallum spectandos exhibet duos dentés sanctae Apolloniae.
DE S11NT-MAUB1CE d'aGAUHB. 403
q un ire, en argent aoré avec parties émaillées, haut de 32 e , est une mônstrance cylindrique, portée par une tige exagonale à moulures et à chapiteau, Cette tige, interrompue au milieu par un nœud à six faces, repose sur un pied exagonal aussi, en doucine peu développée. La monstrance est couronnée par un couvercle cylindro-conique divisé en six sections par des lignes verticales de crochets fondus et ciselés, aboutissant à une pomme de fait âge que surmonte un crucifix. Ce couvercle, qui figure un toit pointu, est orné d'une gravure au burin imitant des tuiles arrondies.
Sur le pied, au milieu de chacune des faces de Fexagone, on voit un médaillon circulaire d'un diamètre de I e 6 m , en émail champlevé. Deux de ces médaillons portent l'écusson de Savoie, de gueules à la croix d'argent, inscrit dans un cercle d'émail bleu. Les trois autres représentent Jésus- Christ tenant un livre de la main gauche et bénissant de la droite, la sainte Vierge, saint Paul avec son glaive; le dernier, à demi effacé, mais sur lequel on peut reconnaître encore une figure d'homme, devait être consacré à saint Pierre. Les personnages sont vus à mi-corps seulement, et se détachent sur un fond d'émail bleu.
Le nœud est décoré sur chacune de ses ifaces d'un médaillon quadrangulaire, portant une rose d'or sur champ émaillé alternativement en bleu et en rouge.
La croix du crucifix qui couronne ce charmant édifice est tréflée comme la croix de Saint-Maurice.
TRÉSOR DE LABRAYE
Ce reliquaire, donné sans doute par un prince de la maison de Savoie, puisqu'il en porte les armoiries, me paraît appartenir à la dernière moitié du xv° siècle. Le dessin des crochets du toit, de la pomme de faîtage et des figures émaillées, est, à mon avis, caractéristique de cette époque.
L'abbé Miles n'en a pas parlé dans son énumération des reliquaires, parce qu'à l'époque où il écrivait (1550-1572), cette monstrance servait très-probablement à exposer le saint Sacrement ; peut-être faut-il attribuer à ce monument la description suivante du même abbé dans son inventaire des objets dits de sacristie : « Argentea custodia sanctissimi corporis X u rotunda. » En tout cas, si cette description ne se rapporte pas à l'objet qui nous occupe, il faut admettre ou que l'abbé Miles a commis une omission, ou qu'un reliquaire ancien déjà a été donné à l'abbaye par l'un des ducs de Savoie, qui ont régné de 1 572 à 1730, c'est-àdire pendant l'intervalle de temps qui sépare l'inventaire de Miles de l'inventaire des Bollandistes. La monstrance de sainte Apollonie appartient certainement à la seconde moitié du xv e siècle.
21° Ciboire dit coupe de Charlemagne 1 . Ce
1. Article 9 e de l'inventaire de l'abbé Miles : Reliquiare sancti Caroli magni, ecclesiœ datura, super quo vlctos infidèles jurare faciebat ad fidem ei servandam.
Article 13 e de l'Inventaire des Boilandistes : Crater Caroli magni verraiculatus.
ciboire, dont on a fait un reliquaire, est en argent doré, d'une hauteur totale de %\ c 3 m ; il est formé de deux hémisphères aplatis, portés sur un pied circulaire en doucine allongée. Sa décoration, un peu chargée, consiste en médaillons à sujets, en figures d'anges exécutées au repoussé, et en feuillages gravés sur fond matté.
Le pied est orné de trois médaillons elliptiques contenant la même figure, trois fois répétée, d'un apôtre ou d'un saint assis, tenant un livre dans la main gauche, et une petite boule dans la main droite. Les intervalles, que laissent libres les parties inférieures des ellipses, sont remplis par des figures d'anges ; l'une de ces trois figures a disparu, et sa place vide laisse apercevoir le métal qui forme comme l'ossature du pied. Des tiges gravées, terminées par des quatrefeuilles, remplissent les intervalles supérieurs. Le pied, avant de se réunir à l'hémisphère inférieur du ciboire, est entouré d'une bague étroite et saillante, dont la tranche extérieure se compose d'un rang de petites perles très-finement repoussées.
L'hémisphère inférieur porte cinq médaillons ovales juxtaposés et entourés par des moulures doubles enserrant un rang de petites perles, ce qui leur donne l'apparence d'une sertissure en chaton. Voici les sujets contenus dans ces médaillons : le massacre des Innocents, le baptême de Jésus-Christ, les trois rois chez Hérode, les trois rois à cheval et suivant l'étoile, la circoncision.
Les intervalles supérieurs, laissés libres entre les médaillons, sont occupés par cinq figurés d'anges inscrites dans un triangle, dont les côtés suivent la courbe des médaillons. Ces anges ont les ailes déployées ; ils sont tous les cinq semblables, et on les voit jusqu'aux genoux. Le bandeau 1 , qui termine cet hémisphère, est légèrement eh rétraite sur la partie la plus bombée, et il est orné d'un cercle de feuillage du meilleur goût.
Le bandeau, qui commence l'hémisphère supérieur, est décoré du même feuillage, et cette deuxième partie du ciboire porte, comme la première, cinq médaillons encadrés de mêmé et accompagnés aussi de cinq figures d'anges. La seulé différence, c'est qu'ici les triangles renfermant les anges sontplacésdans les intervalles inférieurs entre les médaillons. Les sujets retracés sur les médaillons sont: l'Annonciation, la Visitation, l'ange annonçant aux bergers la naissance de Jésus, la naissance du Christ et la crèche, l'adoration des Magés avec une main bénissante sortant des nuages. Les anges, vus seulement jusqu'à mi-corps, tienneut tous un livre dans la main droite, et dans la gauche un objet qui m'est inconnu ; leurs ailes, réunies, s'élèvent en pyramide au-dessus de leurs têtes. Des feuillages semblables à ceux des bandeaux occupent les champs qui séparent les médaillons des triangles sur les deux hémisphères. Le som-