‹ Trésor de la chansonChapitre 4 sur 102 · DU MATIN · texte numérisé non relu

DU MATIN

AIR de la contredanM de la Rosière.

L'ombre s'évapore; Et déjà l'aurore De ses rayons dore Les toits d'alentour.

Les lampes pâlissent.

Les maisons blanchissent.

Les marchés s'emplissent; 'On a vu le jour.

De la Villette Dans sa charrette

Suzon brouette Ses fleurs sur le quai ; Et de Vincenne Gros-Pierre amène Ses fruits que traîne Un &ne efflanqué.

Déjà répicière, Déjà la fruitière, Déjà récaillère, Saute à bas du lit.

L'ouvrier travaille, L'écrivain rimaille, Le fainéant bâille Et le savant' lit.

Gentille, accortc, Devant ma porte Perretie apporte

Son lait encore chaud ; Et la portière Sous la gouttière Pend la volière

De dame Margot.

Le joueur avide , La mine livide

Et la bourse vide, Rentre en fulminant ; Et sur son passage L'ivrogne , plus sage, Rêvant son breuvage, Ronfle en fredonnant.

J'entends Javotte ,

Portant sa hotte,

Crier: Garrotte!

Panais et chou-fleur !

Perçant et grêle,

Son cri se mêle

A la voix frêle Du noir ramonneur.

« Adieu donc, mon père !

» Adieu donc, mon frère !

» Adieu donc^ ma mère !

» Adieu, mes petits I »

Les chevaux hennissent , Les fouets retentissent , Les vitres frémissent.

Les voilà partis.

Dans chaque rue Plus parcourue, La fouie, accrue,

Grossit toat-à-coup.

Grands, valetaille, Vieillards, marmaille, Bourgeois, canaille^

Abondent partout.

▲h ! quelle cohue !

Ma tête est perdue.

Moulue et fendue ; Où donc me cacher ?

Jamais mon oreille N'eut frayeur pareille; ' Tout Paris s'éveille.

Allons nous coucher.

DÉSAUGIERS

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