DU SOIR
MéiiM air.
En tous lieux la foule Par torrents s'écoule ; L'un court, l'autre roule; Le jour baisse et fuit.
Les affaires cessent^ Les dîners se pressent ,
Les tables se dressent ; 11 est bientôt nuit.
Là, je devine
Poularde fine,
Et bécassine, Et dindon truffé.
Plus loin, je hume
Salé, légume,
Cuits dans Técume D'un bœuf réchauffé.
Le sec parasite Flaire.... et trotte vite Partout où l'invite L'odeur d'un repas.
Le surnuméraire Pour vingt sous va faire Une maigre chère Qu'il ne payera pas.
Plus loin qu'entends-je?
Quel bruit étrange !
Et quel mélange De tons et de voix!
Chants de tendresse.
Cris d'allégresse,
i8 LIVRE I.
Chorus d'ivresse Partent à la fois.
Les repas finissent ;
Les teints reflenrîssent;
Les cafés s'emplissent ;
Et, trop aviné,
Un lourd gastronome
De sa chute assomme
Le corps d'un pauvre homme
Qui n'a pas diné.
La tragédie,
La comédie,
La parodie.
Les escamoteurs,
Tout jusqu'au drame.
Et mélodrame,
Attend, réclame L*or des amateurs.
Jeannot, Claude, Biaise, Nicolas, Nicaîse, Tous cinq, de Falaise llécemment sorlis, Elevant la face Kl cloués sur place ,
CHANSONS JOTEUSBS. 19
Devant uq Paillasse S'amusent gratis.
Quel tintamare 1
Quelle bagarre !
Aux cris de gare Cent fois répétés,
Vite on traverse^
On se renverse ,
On se disperse De tous les côtés.
Faute de pratique^ On ferme boutique.
Quel contraste unique Bientôt m'est offert!
Ces places courues.
Ces bruyantes rues, Muettes et nues, Sont un noir désert.
LE MEiJui-.