LES SEPT PÉCHÉS CAPITAUX
AIR Pc Ninon chez madame de Sévignâ, ou du TÏeux Caporal, de
BénAMesA.
Quand la route par moi suivie
Effraya mon cœur repentant,
Que je voulus changer de vie.
Le diable ne fut pas content.
II me lendit maint piège étrange.
Mais moi, je lui criai : — Va-t-ewl
Je suis gardé par mon bon 3lt\%^. I^IRI*.")
Sombre imposteur, vieux cliarlalau!
Satan , va-t-en !
Va-t-en, Satan!
Va-t-cn , va-i-eii , va-t-en , va-t-en I
Sous les traits de 1 orgueil superbe.
Il vint, disant : — Ecoute-moi ; Tu vas perdre ta gloire en herbe, Et déjà chacun rit de toi. Reviens chercher la renommée.
Mais moi, je lui criai : — Va-t-en !
^.'orgueil est chef de ton armée. (Bis,) Sombre imposteur, vieux charlatan!
Satan, va-t-en !
Va-t-en, Satan !
Va-l-en , va-t-en, va-t-en, va-t-en!
Dans tout l'éclat de la fortune Il parut : — Tu vois ma grandeur !
La richesse est-elle importune?
Dit-il; viens, fêtons la splendeur.
Pour t'élever je suis en veine.
Mais moi, je lui criai : — Va-t-en !
Ici bas Topulence est vaine. (Bis.) Sombre imposteur, vieux chariatan !
Satan, va-t-en !
Va-l-en, Sataul Va-t-en, va-t-cn, \a-l-en, n^-v^w\
CHANSONS PHILOSOPHIQUES. lOi
Sous une autre mélamorphose, Etalant les faveurs des rois :
— Tes amis n'ont pas fait grand'chose.
Dit-il, pourtant ils ont des croix;
Et Toubli vient faner ta vie.
Mais moi^ je lui criai : — Va-t-en !
De mon cœur j'ai chassé l'envie. (Bis.) Sombre imposteur , vieux charlatan !
Satan, va-t-en!
Va-t-en, Satan!
Va-t-en, va-ten, va-t-en, va-t-en!
II prit les traits d'une coquette A l'œil traître et vif, au teint frais.
— Que penses-tu de ma toilette?
Dit-il, admire mes attraits !
Quoi ! fuirais-tu même les dames ?
Mais moi : je lut criai : — Va-t-en !
Toi qui par les yeux perd les âmes. [Bis.] Sombre imposteur, vieux charlatan !
Satan , va-t-en !
Va-t-en, Satan!
Va-t-en, va-t-en, va-t-en, va-t-en î
Il avait su ma gourmandise.
Il vint et servit deux repas, L'un ravissant en friandise, L 'autre bien sec et sans appas.
— Que Ion goût, dit-il, se dessine.
Mais moi , je lui criai : — Va-t-en f Je ne veux plus de ta cuisine. [Bis.) Sombre imposteur, vieux charlatan !
Satan , va-t-en !
Va-t-en , Satan !
Va-t-en , va-t-en , va-t-en , va-t-en t
Il emprunta Tair digne et grave.
— On vient, dit-il, de l'outrager; Tu ne peux pas (ton cœur est brave).
Boire un affront sans te venger; Suis-moi ; le point d'honneur l'ordonne.
Mais mol , je lui criai : — Va-t-en !
Dieu veut qu'à son frère on pardonne. [Bis.] Sombre imposteur, vieux charlatan!
Satan, va-t-en!
Va-t-en , Satan ! Va-t-en, va-t-en , va-t-en, va-t-e»!
Il vint, d'une voix obligeante.
Disant: — Pourquoi toujours veiller?
Dompte ton ardeur exigeante Et cesse enfin de travailler ; Le repos est plein de délices.
Mais moi , je lui criai : — Va-t-en t La paresse est mère des vices.
CHANSONS PHILOSOPHIQUES. i03
Sombre imposteur, vieux charlatan !
Satan , va-t-en !
Va-t-en, Satan!
Va-t-en , va-t-en , va-t-en , va-t-en !
J'étais soutenu par la grâce :
Il me quitta pour le moment ; Mais irrité de sa disgrâce, Il reviendra certainement.
Que Dieu me donne la constance De lui crier toujours : — Va-t-en !
JEt pour prix de ma pénitence, [Bis.) De ne revoir jamais Satan.
Vieux charlatan!
Affreux Satan !
Va-t-en , va-t-en , va-t-en , va^ln^n !