L'ANE
AIR du petit niiatelot.
Le cheval, fier, fringant et leste, Du fanfaron est le portrait; L'âne est le mérite modeste Qui donne plus qu'il ne promet.
Sur son coiu*sier maint capitaine Fait malgré lui le noir trajet.
Mais quand l'âne emporte Silène , C'est toujours vers le cabaret.
L'âne avec Pégase , au Parnasse , Pour le service est de moitié ; 11 a moins de feu, moins d'audace ; C'est aussi Je plus emplo^é^
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Si^run vous culbute, on en glose; Mais l'autre allant au petit pas, La chute est toujours peu de chose , Et souvent on n-en parle pas.
L'Arabe place dans l'histoire Les ânes devenus fameux ; Un roi de l'Inde se fait gloire D'avoir des ânes pour aïeux.
L'âne eut jadis sa fête en France.
Ah ! si ce bon temps revenait, A combien de gens d'importance Il faudrait donner un bouquet!
L'âne entretien dans l'abondance Marchés et moulins tour-à-tour ; Et s'il succombe à sa souffrance.
De sa peau l'on fait un tambour.
Or, quel homme, je vous en prie.
Entre ceux qu'on vante si fort.
Fit plus de bien pendant sa vie Et plus de bruit après sa mort?
ANONYME