‹ Trésor de la chansonChapitre 79 sur 102 · LES CABRIOLETS · texte numérisé non relu

LES CABRIOLETS

AIR I Uoce d«f boii, tte.

U est un char adopté par la mode, Indispensable à rhomme comme il faut, Fragile, *étroit, périlleux, incommode, A cela près n'ayant point de défaut.

Le sage à pied vainement s'en irrite ; La mode parle ; et cet esprit follet Veut que Ton juge un homme de mérite A la couleur de son cabriolet.

Eclaboussé du Parnasse à la Bourse, L'humble piéton marche entouré d'écueils.

Malheur à lui ! Tout s'attrape à la course , Emplois, faveurs, suffrages et fauteuils.

Un tilbury qu'à grand peine on évite Roule au Pactole un moderne Rollet ; Et nos auteurs, afin d'aller plus vite , Ont mis Pégase à leur cabriolet.

Hier encor, dans sa frêle gondole.

L'encens des sots enivrait un richard ; Autel fragile, aussi bien que l'idole, Le premier cboc a renversé soTi daat •

Chez nos aïeux^ le riche de la veille

A rhdpilal pédestrement allait;

Mais aujourd'hui tout s'arrange à merveille;

On y descend de son cabriolet.

J'entends souvent redire avec Horace, Que nos aïeux valaient bien mieux que nous* C'est une erreur ; voit-on chez notre race Devant un grand le génie à genoux?

Yoit-on l'auteur de vingt pièces courues Aller à pied, ainsi qu'un prestolet !

On voit encore l'esprit courir les rues ; Mais, grâce à Dieu, c'est en cabriolet.

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