LA FEUILLE DU CHÊNE
ATB : A loixante ans il dc faut pat rrmeUre.
Reposons-nous sous la feuille du chêne.
Je vous dirai Thistoire qu'autrefois, En revenant de la cité prochaine, Mon père, un soir, me conta dans les bois.
(0 mes amis, que Dieu vous garde un père!
Le mien n'est plus.) — De h terre étrangère.
Seul dans la nuit, et pâle de frayeur, S'en revenait un riche voyageur.
BALLADES. 19ë
Rcposons^nous sous la feuille du chêne.
Un meurtrier sort du taillis voisin.
O voyageur ! ta perle est trop certaine ; Ta femme est veuve et ton fils orphelin. — Traître » a-t-il dit , nous sommes seuls dans
[ l'ombre ; Mais près de nous vois-tu ce chêne sombre?
11 est témoin : au tribunal vengeur Il redira la mort du voyageur.
Reposons-nous sous la feuille du chêne.
Le meurtrier dépouilla Tinconnu ; Il emporta dans sa maison lointaine Cet or sanglant, par le crime obtenu.
Près d'une épouse industrieuse et sage Il oublia le chêne et son feuillage ; £t seulement, une fois, la rougeur Couvrit ses traits, au nom du voyageur.
Reposons-nous sous la feuille du chêne. Un jour enfin, assis tranquillement Sous la ramée, au bord d'une fontaine « il s'abreuvait d'un laitage écumant« Soudain le vent fraîchit : avant l'automBe, Au sein des airs la feuille tourbillonne ; Sur le laitage elle tombe . . . « . ê terreur ! C'était ta feuille, arbre du vo^^'wwX
196 LmxE IX.
Hepo8ons-pous sous la feuille du chéjie.
Le meurtrier devint pâle et tremblant ; La feuille verte et la claire fontaine, Et le lait pur, tout lui parut sanglant.
Il se trahit ; on Técoule ; on Tenchalne ; Devant le juge en tumulte on Tentratne ; Tout se révèle , et récha&ud vengeur Apaise enfin le sang du voyageur,
MILLEVOI^.