‹ Trésor de Saint-Etienne ...: église collégiale de TroyesChapitre 5 sur 10 · Voilà ta sœur, Thibault, la comtesse Scholastique · texte numérisé non relu

Voilà ta sœur, Thibault, la comtesse Scholastique

6. « Je gouverne le royaume d'Angleterre, et fais respecter mon sceptre. •

TRÉSOR. 5

est la statue de Marie, sœur du comte Thibault et de Scholastique , épouse de Baudoin, comte de Flandre et empereur de Constantinople; au-dessus de sa tête sont gravés ces mots :

HAEG EST GERMANA, FL08 VNICVS, VNA MARIA, CIRGA QVAM 8TVDV1T FORMANDAM TOTA 80PHIA ^.

Dans la niche suivante est la statue de Blanche, troisième fille de Sanche le Fort et épouse du comte Thibault III. Elle tient en ses mains la figure de ce tombeau, qui fut son ouvrage. Au-dessus de sa tête sont gravés ces mots :

HOC TVMVLO, BLANCHA, NAVARRAB RBGIBV8 ORTA, DVM COMITEM VELAT, QVO FERVEAT IGNE REVELAT '.

Dans la niche suivante il y a deux statues qui sont entièrement d'argent doré : Tune est de Marie, fille unique de Thibault III; l'autre est celle de Thibault, IV' du nom , comte de Champagne; au-dessus de leurs têtes il y a ces mots :

DAT PRO PATRE DYOS DEVS HOS FLORES ADOLBRE, VT TIBI VER PACIS, GAMPANIA, G0N8TET HABERE *.

La dernière niche est celle de Sanche le Fort, dixième roi de Navarre, père de Blanche, épouse de Thibault III. Cette statue a sur la tête une couronne garnie de pierreries, et au-dessus est écrit :

SANCHIVS EST PRAE8ENS, QVEM SIGNAT IMAGO DECBNTER, QVOQVE GVBERNATVR NA VARIA REGB POTENTER *.

Au-dessus des quatorze anges il y a un réglet ou liteau de bronze doré, qui règne tout autour, où sont gravés ces mots, à commencera la tête du tombeau, au coin du côté de l'évangile :

TANTA PALATiNO NE PRINCIPE TERRA GARERET, TRANSIT IN HAEREDEM VITA PATERNA NOWM.

1. « Voilà ta sœur (ô Thibault!) ; cette fleur unique, cette incomparable Marie, la sagesse à mis toute son étude à la former »,

On sent dans ce dernier mot de « sophia », pour « sapientia », comme un souvenir des croisades où ces princes champenois s'étaient battus avec tant de courage. Ces Croisés, qui avaient vu et admiré Sainte -Sophie à Constantinople, retenaient son nom qu'ils aimaient à substituer à celui de la sagesse. ( Note de M. Didron. )

2. « Par ce riche tombeau, dont elle couvre le comte, Blanche, issue des rois de Navarre, révèle toute l'ardeur de sa piété conjugale ».

3. a A la place de leur père, Dieu te donne, ô Champagne! ces deux fleurs aux suaves parfums, afin qu'elles soient pour toi comme un gage assuré du printemps de la paix ».

4. « Vous avez devant vous Sanche (le Fort), que reproduit convenablement cette image, et qui gouverne la Navarre en puissant monarque ».

QVI PVBB, VT PHCBNIX4 DE FVNBRE PATRI8 AB0RTV8, GONTINVET PATIIIOS IN SVA JVRA DIES.

DAMNA REDEMPTVRVS CRVGIS ET PATRIAM GRVCIFIXI, 8TRVXERAT EXPENSIS,. MILITE, CLASSE, VIAM.

TERRBNAM QVAERENS, GGELESTEM REPPERIT VRBBM; DVM PROGVL HAEG PETITVR, OBVIAT ILLA DOMI *.

La doucine, ou cimaise, de renlablement, est couverte d'argent poussé en feuillages.

Le larmier, ou couronne, est garni de 28 pièces de bronze doré, émaillé de couleurs et dessins différents, entre lesquelles il y a des plaques d'argent ciselées en forme de bassin, ornées de feuillages.

L'entablement, vu par-dessus, forme une espèce de cadre^ dont les platesbandes sont couvertes de bronze ciselé, gravée doré et émaillc de différentes couleurs.

La doucine est d'argent ciselé et poussé en feuillages, et il y a un liteau de bronze doré qui fait le tour du cadre sur lequel est gravé ce qui suit :

HOC. TIIËOBALDK, LOCO AECVBAS LVCTAMINB FOBTI, HOBB \ITAE, fRO QVO CONFLIXIT, VJTAQVB MORTi; VICIT lis iUC LITE VlTASi MOUS INVID,! VÏTAE : IKTVLÏT INVITE VIRES ET ADEMIT El TB; ÛVA TlBl RVIPCNTK FL0RE3 ET FILA JWEKTAl, Vm FACIT .tTTXTl MMIS AVSA LICENTJA PATI.

1VDA1C1S OPI0V!$ l>0|>Kâ RELKVANDO FiBELES^ PRlNCtPia gVMMI PRINCIPIS ECIT OPVS.

QVI LKCIT HOC, ORET PBO COMITE *.

4. u pQur q«e la Terre-Sainte m fût pas privée de li présence d'uo prince palatin, la vie du pèrç passa dans un nouveE liéntior,

tf Cet enfant^ pareil au pbéniï^ est sorti des cendres de son père^ afin de centinuer à ses Ëtats les jours fortunés de ses ancêtres*

a II devait, à ses frais, avec des Iroopes de terre rt de mer^ entreprendre un voyage ùu% ^zinU lieux, dans le but de réparer les revers des Creiséâ et de venger la patrie du Christ.

« Il cherchait une ville terrestre, et voilà qu'il a trouvé la Jérusalem céleste-

tt Tandis qu'il demande Tune aux contrées lointaines, (autre s'offre à lui dana son pays natal ».

t. 9 C osl ici, o Thibault! que lu repo^^ après une lutte courageuse, où la mort combattît la vie et la vie la mort ;

ir De {» combat à outrance sortit viclorîeuse la mort, jalouse do la vie ;

r C'eisl comme h regret qa*elle a, pour te ravir, déployé tonte sa force;

ft Enhrisantle ûl et la fleur de les jeunes années, rimpito\0ble pouvoir du destin fait violence à Ion âge,

f En soulageant, avec les ressources des luifs, Tindigence des fîdèhs, Thibault fil œuvre de prince souverain.

If Que celui qui lit ces lignes prie pour lo comie ».

Le sens de ces deux vers me paraH n'avoir aucune connexilè a\ec celui de l'ensemble de ïa

Dans le cadre qui est sur un fond couvert d'argent, orné de plusieurs rosettes dorées, est la statue de Thibault, IIP du nom, comte de Champagne^. Elle est grande comme nature, toute couverte d'argent, couchée de son long, et la tête sur un carreau d'argent garni d'un chapelet de bronze doré. Cette statue a les mains jointes; elle porte une longue robe, une ceinture et un manteau qui descend fort bas. Le personnage tient à la main un bâton de pèlerin pour marque du vœu qu'il a fait , et qu'il ne put accomplir, d'aller en la Terre-Sainte combattre les ennemis du nom chrétien. Il a, à sa ceinture, une bourse sur laquelle sont ses armes. Ses cheveux sont assez courts ; ils sont dorés ; il est sans barbe. On voit sur sa tête une couronne, et à chacun de ses bras des bracelets dorés. La couronne est garnie de pierreries, savoir : quatre pierres bleues , deux cornalines, cinq perles, une émeraude, deux pierres blanches, deux pierres jaunes , un saphir, un grenat et une autre pierre de couleur.

Les yeux de la statue, qui sont ouverts, sont émaillés de blanc çt de bleu au naturel; le collet de sa robe est en filigrane d'argent doré, garni de trois émeraudes, quatre amétystes et un grenat.

L'attache du manteau est d'argent doré en fleurs^et feuillages ; sur l'épaule droite est une croix en filigrane d'argent doré, garnie de pierreries, ainsi que les deux bracelets.

Sa ceinture est de plus d'un pouce de largeur en filigrane d'argent doré, toute garnie de pierreries.

Au milieu de la ceinture, on voit une boucle d'argent doré, dans laquelle passe le bout de la ceinture, qui va jusqu'aux genoux; le tout est briUant en pierreries. Au bas de la ceinture, du côté gauche, il y a une bourse, ou escarcelle, qui tient à une bande d'argent doré avec ses pendants; le tout est travaillé en filigrane, orné de pierreries et de pièces d'émail.

Au milieu de la bande, il y a les aimes de Champagne, et, aux quatre angles, quatorze roses d'argent doré; les armes sont d'azur à la bande d'argent, de cottices d'or fleuronné sans nombre; au lieu des cottices, elles portent à présent des contre-potences au nombre de seize.

Au bas des genoux, il y a une bande de bronze doré en feuillages : les pié-

présente inscription. Cependant, ils occupent cette place dans le manuscrit et tlans la plupart des auteurs de notre histoire locale. C'est ce qui m'a déterminé à les y maintenir.

4 . Plus haut , page 27, nous avons dit pourquoi, suivant quelques personnes, la statue de Henri le Large était couchée sous des arcs, au lieu d'être étendue sur l'entablement du sarcophage, comme l'était celle du comte Thibault.

destaux et le marche-pied scHit d* argent doré; le dessus, en forme de bassin, est de bronze doré. Cette statue tient un bâton de pèlerin couvert d'argent.

Dessous ce tombeau gît le corps de Thibault III, comte de Champagne, fils de Henri P% fondateur de cette église, dans une grande pierre creusée de la longueur du corps, étroite vers les pieds et s'élargissant jusqu'à la tête, couverte d'une pierre de même nature, qui déborde d'environ un pied. Le prince Thibault III mourut à Troyes, le 24 mai 1201, âgé de vingt-cinq ans*.

I. L^église de Saint-Étîenne ayant été suppriméeAen <791» on fit, le Î3 février de Tannée suivante, l'exhumation des corps de Henri et Thibault, comtes de Champagne, en présence des commissaires du directoire du département. Ces restes précieux furent déposés, pendant quatre jours^ seulement, dans la salle du trésor de la collégiale.

Le 27 février 1792, ils furent transportés, avec leurs riches mausolées, et déposés dans la chapelle de Notre-Dame, située derrière le chœur de Téglise cathédrale, en présence de l'évoque (constitutionnel) Augustin Sibille et des notabilités de la ville de Troyes.

La tempête révolutionnaire'^ de 4793 fit disparaître les tombeaux émaillés de Henri et de Thibault, ainsi que la tombe de bronze de l'évèque Hervée, fondateur de la cathédrale; mais elle respecta la cendre de ces grands personnages.

Des fouilles exécutées, en octobre 1844, à l'occasion de la construction d'un caveau dans la chapelle de la Vierge, à la cathédrale, amenèrent, la veille de la fête de la Toussaint de ladite année, la découverte des deux cercueils de nos comtes de Champagne.

Dans le premier, celui de Henri, on trouva l'inscription suivante, gravée sur une lame de cuivre mince, de 32 centimètres de longueur, sur 47 de hauteur i

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