SOUVENEZ-VOUS DES AMES DU PURGATOIRE
Il est dit, quelque part, que la maternelle protection de Marie prend l’homme à son entrée sur la terre, et ne le quitte que lorsqu'il est arrivé au ciel,
Tel devrait être notre dévouement pour ceux qui nous touchent de près; mais ce sentiment s'en va. Le cœur périt parmi nous; on le
remplace par des paroles et de belles démonstrations. A la mort de ses parents, on s'empresse, on les entoure de soins, on pleure, on leur jure un souvenir éternel... on les accompagne avec uno édifiante convenance À leur dernière demeure, on commande même une messe, c'est tout.
Après cela, on se jette sur la succession du pauvre défunt, on se la partage si on ne se la dispute ; on se met À son aise, on écarte tous les souvenirs; ses vicux meubles sont vendus ou expédiés au grenier, son corps est aux vers, son âme devient ce qu’elle peut, on n'y songe guère ; on avait affecté, pendant qu’il était sur la terre, une grande tendresse toute prête à lui épargner les plus petites peines; maintenant qe nous importent les tortures qu'il pourrait eudurer ?
Grâce à Dieu, les choses ne se passent pas ainsi dans notre cher pays. Grâce à Dieu, jes morts ne sont pas toujours oubliés. Il y a pour eux des mois de Novembre, des sociétés de secours, des messes, des prières, des souvenirs de toutes les semaines, de tous les jours, de tous les ans. Laissez-moi vous dire, fidèles, que s’il est une chose, qui me fait augurer pour votre avenir, c’est bien la dévotion pour les ânes du Purgatoire, Ainsi courage et persévérance,
PRATIQUE. —Ne pas passer un jour, sans faire quel-
ques sacrifices pour le soulagement des âmes du Purgatoire.
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, On s'empresse, , On leur jure un \pagne avec une rnière demeure, 80, c'est tout, :cession du pauon ne se la disécarte tous les sont vendus ou est aux vers, ÿ On n’y songe & qu’il était sur ute prête à lui es; maintenant qu'il pourrait
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XXIVe JOUR.
LE RESPEUT HUMAIN.
La Ste, Vicrge proclame hautement la foi et la grandeur de Dieu ; elle proclame tout cela dans un cantique qui Passera de générations en générations,
Nous avons de sa foi au fond, mais peu de courage pour la proclamer hautement, surtout si nous avons la crainte que quelqu'un ge moque de nous. Oh! la peur! la peur d’être tournés en ridicule nous fait bien du mal; elle nous rend lâches, presque renégats ; alors, ce n'est plus le sang chrétien, ce n'est plus le sang des martyrs, qui coule dans nos veines, ce n’est plus même le sang d’un honnête homme.
En combien d'occasions, en effet, Ja peur du qu'en dira-t-on, du maudit respect humain, n'a-t-elle pas réussi à paralyser l’action de la foi ? On est en Compagnie ; c'est un jour maigre, on peut avoir des aliments maigres, mais On voit manger gras, On fait comme les autres et cela souvent au scandale même des protestants, dont un grand nombre connaissent les obligations que l'Eglise impose à ce sujet. On est en voyage, en compagnie de personnes à qui on pourrait recommander la modération dans leur langage, la charité dans leurs propos, on laisse faire et dire, et cela par la crainte du
qu'en dira-t-on, en se laissant dominer par le respect humain.
PRATIQUE. —Il vaudrait bien mieux se rappeler, dans
la pratique que Notre Seigneur a dit qu'il rougirait devant son Père de ceux qui auront rougi de lui et do sa doctrine.
XXVe JOUR,