IV. Psaume
Ayez pitié de moi, 6 mon Dieu ! mais comme je suis le plus grand des pécheurs, c’est aussi votre plus grande miséricorde que j'implore.
Pour vous attendrir sur moi, il faut votre bonté tout entière : et c’est sur son étendue infinie que j'appuie l’espérance de mon pardon.
Effacez donc mon iniquité, Seigneur, et si j'étais assez heureux pour être déjà purifié, lavez-moi de plus en plus, purifiez-moi encore davantage,
Vous savez que je ne me déguise pas mon
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péché; je l’ai sans cesse devant les yeux, je me le reproche à toite heure.
Vous seul avez été témoin de mon crime, c'est devant vous seul que je l’ai commis : cependant je le confesse publiquement, afin que vous puissiez justifier en ma personne la promesse que Vous avez faite de pardonner aux pécheurs contrits, et confondre ceux qui oseraient vous accuser d’infidélité.
J'ai péché, mon Dieu ! mais aussi que devaiton attendre d’un homme conçu dans l'iniquité et avec un si funeste penchant pour le mal ?
Et puis, Seigneur, mon cœur ne. fut pas toujours corrompu : il fut un temps que vous en aimâtes la simplicité et la droiture; c'est pour cela que vous me révélâtes les plus secrets mystères de votre sagesse,
Pour me rendre de nouveau agréable à vos JCUX, VOUS m'arroscrez, Seigneur, avec l’hysope, et je serai purifié ; vous me laverez, et je deviendrai plus blanc que la neige,
ous me ferez entendre au fond du cœur des
paroles de joie et de consolation ; et par le témoignage secret que vous me donnerez de ma réconciliation avec Vous, toutes mes puissances reprendront une nouvelle rigueur.
Détournez donc la vue, Seigneur, pour ne plus voir mes offenses, et effacez-les de manière qu'elles ne paraissent plus même à vos yeux.
Renouvelez en moi cette pureté de cœur et
cette droiture d'esprit dans lesquelles je mar-
nat.
chaïs aut: CÉOIS.
Ne me rejetez pas de votre présence, et faites
luire su” moi les lumières de votre Esprit- Maint.
Kendez-mo cette joie qui doit être le gage de ma puix jayec vous; mais inspirez-moi en méme temps un esprit de force, qui me soutienne dans le bien.
Aprés cela, j'apprendrai vos voies aux pécheurs: iustruits de ce qu’ils peuvent attendre de votre bonté, ils retourneront à vous.
Vous, mon Dieu, en qui j'ai mis toute l’espérance de mon salut, délivrez-moi de ces cruels remords que me cause le souvenir du sang que j'ai répandu ; et ma langue chantera avec joie vos miséricordes,
Par là, vous ouvrirez mes lèvres, 6 mon Dieu ! et ma bouche annoncera vos louanges.
Si, pour l’expiation de mon crime, vous aviez exigé des sacrifices, je vous en aurais offert avec joie : mais sachant que vous seriez peu touché de mes holocaustes, et que les regrets d’un pécheur sont le seul sacrifice qui puisse vous apaiser, je n'ai songé qu'à pleurer mon iniquité : votre colère ne tiendra point contre un cœur contrit et humilié,
Que mes péchés, Seigneur, n’arrêtent pas le cours de vos bontés sur Sion: faites que nous puissions bâtir les murs de Jérusalem.
Alors vous accepterez avec joie mes offrande: et mes holocaustes, comme les sacrifices d’un homme que la pénitence aura justifié ; alors ic peuple, à mon exemple, chargera vos autels de victimes.
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DE LA PÉNITENCK,
V, Psaume 101,
Ecoutez ma prière, Seigneur, que mes cris arrivent jusqu’à vous,
Ne détournz pas les yeux de dessus moi, en
uelque temps que vous me voyiez dans l’affic-
tion, prêtez l'oreille à ma voix.
En quelque temps que j'implore votre secours, hâtez-vous, mon Dieu, de m’exaucer.
La rapidité de mes jours, qui passent comme la fumée ; mon corps se consume à peu près comme du bois à demi rongé par le feu ; tout m’annonce une mort prochaine,
Frappé de votre justice, je suis, comme !’herbe fauchée, tombé dans une langueur extrême : parce que la douleur me fait souvent oublier de prendre ma nourriture orcinaire.
Je me laisse consumer par la tristesse jusqu’à n'avoir plus que la peau collée sur les 04.
Semblable au pélican et au hibou, qui n’aiment que les déserts, et qui ne font leur demeure que dans les lieux inhabités, j'évite autant que je puis la vue des hommes.
Je passe des nuits entières à déplorer mon malheur, et je cherche, comme ces farouches oiseaux, les lieux les plus retirés de ma maison.
8 ennemis, qui enviaient autrefois ma prospérité, m’insultent pendant tout le jour, et con‘ nirent à augmenter mes maux,
Voyant que je suis l'objet de votre indignation, et de quel degré d'élévation vous m'avez précipité, je ne trouve plus de goût à rien, pas même à la nourriture que la nécessité m'’oblige
de prendre, et je mêle mes pleurs avec ma boisson. |
. Mes jours passent avec la même vitesse que l'ombre ; et comme l’herbe coupée, je suis sans force.
Mais vous, Seigneur, vous demeurez à Jamais le même, et l'on célèbre votre gloire dans tous les siècles,
Bientôt, sortant comme d’un profond sommeil, vous vous lèverez pour venir secourir Sion : oui, le temps approche où vous devez être touché de &es malheurs,
Cette ville désolée n’est plus qu’un amas confus de pierres ; cependant vos serviteurs soupirent sans cesse après le bonheur de la revoir, toujours sensibles à sa ruine, ils travailleront avec joie à la rétablir. ;
Alors les nations et les rois de la terre, voyant que vous avez rebâti Sion et que vous y aurez fait éclater votre puissance ; les nations, dis-je, révèreront votre Nom, et les rois de la terre rendront hommage à votre grandeur.
Car vous écouterez enfin les prières d’un peuple affligé, et vous n’en rejetterez pas toujours les vœux.
Ces merveilles, gravées sur d’éternels monuments, passeront jusqu'aux races les plus éloignées, et la postérité en rendra gloire au Seineur.
Elle le louera d’avoir bien voulu jeter du haut de son Sanctuaire les yeux sur la terre, et «dy avoir considéré les misères des siens.
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sements de ces malheureux Captifs, d’avoir brisé leur chaines, et de les avoir délivrés de la mort, à laquelle ils paraissaient destinés,
Elle le louera de les avoir tous rassemblés, les princes et les peuples, à J érusalem, afin d’y chanter ses louanges et d’y célébrer son Nom.
Mais, Seigneur, en Voyant que vous vous préparez à déployer ainsi votre puissance, oserai-je voue demander si le petit nombre de mes années est tellement déterminé, que je ne puisse en être témoin ?
Ne m’arrêtez point au milieu de ma course, grand Dieu ! dont les années sont éternelles; if ne tient qu’à vous d'augmenter le nombre des miennes.
C’est. vous, Seigneur, qui au commencement des temps avez posé la terre sur ses fondements ; les cieux sont les Ouvrages de vos mains.
Ils perdront un Jour leur beauté et leur éclat ; tous s’useront comme un vêtement : mais Vous, ô mon Dieu ! vous demeurez toujours le même.
Vous les changerez comme un vieux manteau, et vous les renouvellerez : mais. Seigneur, vous ne changez point, et les années ne s’écoulent point pour vous.
Vous serez donc toujours en état d'accomplir vos promesses : et si vos serviteurs n’en voient pas les effets, leurs enfants au moins habiteront. la sainte Cité, et leur postérité y sera toujours
l’objet de vos soins.
Gloire au Père, etc.
LES SEPT FSAUMES