‹ Trésors d'art en AngleterreChapitre 11 sur 52 · Ach gerstein · texte numérisé non relu

Ach gerstein

2. Achetées, de la galerie d'Orléans, 100 £ chaque, par Mj(3ôQle

92 LES MâITKëS anciens.

L'original est à Aspley House, dans la galerie du feu duc de Wellington , à qui Ferdinand VII en avait fait présent. Le duc de Wiîllington actuel aurait bien dû envoyer à Manchester ce petit chef-d'œuvre.

Le British Muséum possède aussi quelques précieux dessins du Gorr4|fe.

Mais c'est \k pr^ue V^ ce que l'Angleterre a pa conquérir des œuvres du grand maître de Parme. On n'en voit point dans les collections parliôulières, si m n'est à Statford Honie , <ihez la duchesse de Sutherland, celui qui fut payé 80 liv. st. par la comte Gower à la vente êe la galerie d'Orléans, ^t qui représente un cheval et un âne avec kurs conduet^Mrs. Les .tableaux intitulés Gorrége chez lord Ashburton, chez M. Baring et ailleurs, doivent être attribués, ^sile l'avis même de M. Waagen, à d'autres maîtres parmesans.

L'Exhibition de Manchester a donc été fort empêchée à l'article Correggio. Voici ce qu'elle a pu se procurei' :

Deux morceaux de la fresque , le Couronnement de la Vierge, qui était aulrcfois à San- Giovanni, et qui fut détruite au xvm* siècle. Ce sont des Têtes d'anges, une sur l'un des fragments, deux sur l'autre; elles sont plus grandes que nature, d'un modelé puissant et d'une chaude couleur; elles appartiennent à lord Ward, ainsi qu'une copie (considérée comme répétition originale) de là petite Madeleine du musée de Dresde.

Tout le monde connaît cette charmante hseuse, couchée en long dans un paysage qui est censé le désert. Celle de lord Ward offre quelques variantes, par exemple une percée de ciel en hajjj à^jirpUê,- ç^lle de

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Dresde n'en a pas. Mais cette différence et même la finesse et la grâce de la peinture ne suCQsent pas à en établir Toriginalilé. J'ai vu, pour ma part, une douzaine d'anciennes copies qui valent à peu près celle-là. Je ne crois pas qu'aucun tableau ait été copié plus souvent que ce petit chef-d'œuvre du Corrége.

Un petit panneau ovale , qui n*a pas plus de 4 pouces de large sur 3 pouces de haut ! Il n'est pas facile, même aux Anglais, d'avoir le Corrége à la toise. Lord Carlisle est encore très-heureux d'avoir découvert cette Madone mignonne, penchée sur son enfant qu'elle tient sur une draperie bleue entre ses deux bras faisant berceau. La maitié du visage est dans une douce demi-teinte, l'autre moitié éclairée par un rayon de ciel à gauche. C'est d'une tendresse exquise. Peint à pleine pâte et d'un ton très-fantasque. On ne peut pas appeler cela un tableau ; c'est une image jetée là par le peintre en passant, un souvenir ou un projet.

Une autre Madone, mi-nature, sur fond d'or, porte un numéro qui semble la rattacher à la série des Corrége, quoiqu'elle ne soit pas comprise dans le catalogue provisoire'. Mais, d'abord, est-ce que le Corrége a peint sur fond d'or? Et puis , dans cette Vierge, très-délicate néanmoins, les formes sont vides et creuses, tandis que, au contraire , ce qui caractérise Corrége, et ce qu'aucun peintre, sauf peut-être Giorgione et Titien, n'a au même degré que lui, c'est, si l'on peut ainsi dire, la plénitude de la chair. Les chairs du

1. La seconde édition du catalogue enregistre, en effet, comme Corrége, cette Madone, appartenant à M. I. James.

d4 LES SAlTRES AR€f£NS.

Corrégc sont élastiques et rebondissantes ; si l'on mettait le doigt dessus, elles rei>ous8eraient la main profane. Il n'y a que les dieux ou les satyres à qui il soit perniis de toucher cet épiderme , couvert , comme la pèche, d*un fin duvet soyeux. La Madone non cata^ loguée pourrait être d'un des Mazzuoli ou Mazzola, oncles du Parraigianino*

J'ai réservé pour le bouquet un portrait du sculpteur et peintre Baccio Bandinelli , à mi*eorps et de grandeur naturelle , avec des bustes et des fragments de sculpture autour de lui. Gravé par Corneille Visscher, cité par Jameson, et appartenant à Sa Majesté. Pourquoi donc, malgré tant de titres, l'a-t-on relégué dans un coin, tout en l'air ? Serait-il faux ? Un portrait par le Corrége, quelle rareté! Celui-ci, on ne le voit point, heureusement; mais je l'ai vu à Hampton Court; c'est peu de chose.

Il est regrettable qu'il n'y ait pas à Manchester quelques critiques français' qui ne doutent de rien, avec moi qui doute de tout, pour dire honnêtement la vérité à beaucoup de ces tableaux prétentieux. La haute respedability des collections anglaises y gagnerait encore.

. Du reste» Je ne crois pas que ce portrait, attribué au Corrége dans les catalogues complaisants , soit ac-

1. Depuis que ces chapitres ont été écrits (presque aussitôt l'ouverture), plusieurs journalistes français sont venus sans doute à Manchester , puisque beaucoup de journaux de Paris ont donné des articles sur l'Exhibition. Je n*ai eu occasion de lire qu'à la volée quelques morceaux de ces comptes rendus , qui m'ont paru elfe des sommaires très-rapides, ou des déclamations quelconques sans beaucoup de critique approfondie.

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teplé p:-r aucun amateur. M. Viardot, qui le cile dans ses Musées d'Angleterre^ a soin de dire c qu'il ne s'en &it point garant , » et M. Waagen , l'ami "Su prince Albert, ne se gène pas pour rayer en trois lignes, trèslestes , à la fois l'attribution au Gorrége et le Dom de BandipelU : « Le portrait d'«« sculpteur n'est certainement ^ds[gewiss meht) du Gorrége à qui on le donne ^ » Il portera cependant toujours les noms de Gorrége eî de Bandinelli sur le catalogue de Hampton Gourt. Mais qu'importe? ça n'empêche pas Hampton Gourt d'avoir les cartons de Raphaël et de Mantegna.

Les peintres de l'école du Gorrége ne sont ni trèsnombreux ni très-extraordinaires à Manchester.

Il y a pourtant une grande et belle Sainte Famille * du Schidone, et une demi-douzaine de Parmigianino, mais dont aucun n'approche de la superbe Vision de saint Jérôme, conservée à la National Gallery, et que le peintre était en train de terminer à Rome, en 1627, lorsque la ville fut prise et saccagée par le connétable de Bourbon. Le plus intéressant des Parmigianino de Manchester est un portrait de l'empereur Gharles- Quinl, peint à Bologne ; il appartient à M. W. Angerstein.

Le comte de Yarborough en a aussi envoyé un, tout petit et charmant : deux Amours qui en portent un troisième.

Parmi les autres , un Sommeil d'Endymion provient de la collection de Lucien Bonaparte.

Du Baroch'e, qui est censé, bien à tort, avoir con-

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