KunsUJoerke und JCûn^tler in England
96 LES MAtTRES ANCIENS.
tiniié le Corrége, nous avons deux tableaux , enregis- Irés en double dans le catalogue sous quatre numéros : une Vierge avec l'Enfant , — et une Sainte-Famille, connue sous le nom de la Madone au Chat. Il y a déjà, à la National Gallery, une Madone au Chat, qui a été exportée de Pérouse; celle-ci a été exportée du palais Salviali à Gônes, et a fait partie de la collection Rogers. Sir Joshua Reynolds avait raison quand il disait que le Baroche méritait cette critique adressée à un peintre d'autrefois : « que ses figures avaient l'air d'être nourries de roses. » Quelle analogie peuton trouver entre une peinture huileuse, faible et plate, et la peinture substantielle du Corrége, si profondément et si fermement touchée, malgré la douceur du clair-obscur et la mo?'bidesse du coloris?
GooQle
^ École bolonaise : les Garrache, le Guide, le Dominiquii^ , TAlbane, le Gnerchin.
Après l'école de Parme, nous prenons les Bolonais, puisqu'il est convenu que ceux-là aussi , les Carrache du moins, se sont inspirés du Corrége. A mon avis, ils descendent plutôt de l'école romaine, comme principe et comme système. A bien dire même, ils descendent de tout le monde. Ce sont des bâtards issus de la promiscuité.
Eh bien, de tous les tableaux exposés à Manchester, celui qui a incontestablement le plus universel succès est un tableau d'Annibal Garrache , provenant de la galerie d'Orléans* et appartenant au comte de Carlisle. n a seulement 3 pieds de large environ , sur 2 pieds et demi de haut. Il représente les Trois Maries entourant le Christ mort. Tous ces dramatiques personnages ont les
1. Il fut acheté par le comte de Carlisle d*alors 4000 £ ! plus de 100 000 francs I L'étude des anciens prix de tableaux est bien curieuse pour constater les variations du goût. A ce moment-là, on estimait les Carrache en première ligne, à la hauteur de Raphaël et de Corrége 1
mains en fourchette, jelées à l'aventure çà et là, et les doigts frénétiquement écartés, dans le style des enfants terribles de maître Daumier; tous ont les yeux écarquillés , les sourcils en Tair et la bouche ouverte ; le Christ aussi bien que les saintes femmes ; mais ça lui est permis, puisqu'il est mort; aux autres, non. La douleur ne s'exprime pas uniformément par ces désordres exagérés de la figure humaine. On peut avoir beaucoup de chagrin sans brailler ni se conlorsionner. S'il y avait imc seule de ces femmes qui eût une douleur un peu concentrée, et la bouche close , et. les mains dans ses poches, je serais content , et je permettrais à ses compagnes de se dégingander à l'aise.
Oh ! la belle caricature à faire de ce tableau ! On ne voit que des mains à cinq branches, toutes en lumière — la chair est toujours plus claire que tout; les unes en dedans, les autres en dehors, mais toutes invariablement à plat et étalées ; tous les yeux pareils, vitreux et bordés de rouge ; toutes les têtes pareilles , comme des têtes de. bois, sculptées au couteau par un berger des montagnes. C'est un des chefs-d'œuvre les plus célèbres d'Anmbal Carrache , et je crois que le comte deCarlisle le vendrait bon.
Sérieusement, c'est un tableau de première force : d'une science accomplie dans le corps du Christ , qui est étendu en travers sur le sol; d'un dessin correct et irréprochable; d'un ajustement de draperies on ne peut plus habile ; d'un ménagement du clair-obscur supérieurement compris ; d*^une brosse exercée et qui tQuehe^où il^font, saiM^hésilatMiii. DetoiU. eela,. je sup'pose bien que la foule ne se rend aucun compte. Ji/Éù»
ÉCOLES 1>fl HIDI. 99
icUe €st saisie par ees mains égarée tpii Itii sautent aux yeux, partout ; Tèiatus des bouches est aussi d'uii effet irrésistible; et comment n'être pas aftenflripar ces yeux sanguinolents 1
Hélas ! c'est cette funeste école bolonaise qui a lue l'école italienne.
Quand on en est venu à un tel paroxysme, fl n'y a '{Ans qu'à mourir.
It c'est là précisément ce que les écoles de déca* .deiice, chez tous les peuples, ont admiré et imité. C'est Ht que les écoles dites classiques ont toujours, depuis , cherché leure enseignements.
Quand un art commesee, c'est la nature qui l'inspire ; quand un art finit, il ne s'inspire plus de la vie : il pasfidhe les morts.
Il ify a jamais eu , dans aucune école , de peintres plus consommés dans toutes les parties de l'art, que les Garrache et que les Polonais en générad ; ils savent! ioiit; car ils ont tout appris des maîtres leurs prédé* cesseurs : le dessin, l'anatomie , le modelé , la perspective, la dégradation de la lumière et des omta'es ; ils peuvent tout peindre et ils peignent tout -avec une égale supériorité comme praticiens : la figure «et les groupes, les chairs et les draperies , les terrains et les arbres , Tarchitecture et le paysage , la terre et le ciel , le feu et Feau , les animaux et toutes les faiftiHsies de la création. Ils savent composer tous les sujets : les allégories mystiques et la mythologie indifféremment, la Trinité ou les Trois Grâces, Vénus ou Marie, un chœur d'anges ou un chœur de muses, les martyrs et les vierges ou les nymphes et les satyres , les hauts
100 LES MAtTRES ANCIENS.
drames de l'histoire ou les scènes familières, les extases ou les bambochades , la sainte communion ou la folle ivresse ; ils mettent dans leurs paysages une Fuite en Egypte ou une Diane au bain surprise par Actéon, dans leurs ciels des chérubins ou des Gupidons. Tout leur va, et ils réussissent à tout.
Ils exécutent tout, mais il ne sentent plus rien !
Où l'on voit l'extrême libelrté d'Annibal Garrache , c'est dans un curieux tableau qui appartient au Christ Church Collège, d'Oxford; une Boutique de boucher, contenant les portraits de la famille Carrache, déguisés en tueurs de bœufs, bras nus, coutelas à la ceinture, contre le tablier de travail. Figures en pied et de grandeur naturelle, parmi des quartiers d'animaux dépecés. Annibal y a mis son propre portrait , entre autres, et qui est très-beau. C'est peint à grande brosse et les manches retroussées, comme les personnages représentés , et les mains dans la couleur jusqu'au coude. C'est fier et brave comme les grands Buveurs de Velasquez. Caprice d'artiste, pour se dégourdir les doigts, et qui vaut mieux que tous les laihentables tableaux religieux du maître et de son école.
U y avait un grand artiste dans cet Annibal, qui a eu le même sort que son homonyme, le héros antique. Il est venu trop tard , et dans une cause condamnée. Rome n'était plus à prendre , ni surtout à garder.
Pensez qu'il y a dix tableaux d'Annibal Carrache à Manchester, et un carton pour la moitié du compartiment central des fameuses fresques du palais Farnèse ; tous incontestables, et avec provenances dûment établies : — un encore de la collection d'Orléans (outre
ÉCOLES DU MIDI. lOi
les Trois Maries) , Saint Roch intercédant près de la Vierge *, figures de grandeur naturelle ; — une Madone avec l'Enfant, saint Jean, la Madeleine et sainte Marguerite ; peinte pour le couvent des nonnes de Saint- Jean, à Lacques ; citée par Baldinucci et décrite dans les divers guides de Lucques ; à M. J. Evelyn Denison ; — un Couronnement de la Vierge, du palais Aldobrandini à Rome, puis de la collection Rogers, et aujourd'hui au duc de Newcastle , ainsi qu'une Assomption de la Vjerge ; — une Vierge portée au ciel par les anges, et un Saint Jean l'évangéliste ; tous deux à M. Holford; — un Polyphême et Galatée, à M, Abraham Darby ; — une Madeleine dans le désert, peinte sur cuivre; à lord Scarsdale, etc.
De Louis Garrache, il y a la Mise au tombeau, de la galerie d'Orléans', et appartenant au comte de Garlisle; — une Madone et l'Enfant, adorés par des saints; tableau de choix, comme tous ceux de la collection Rogers , et qui est venu aussi chez Miss Burdett Goutts, qui s'y connaît; — et deux autres,
D'Augustin Garrache, un Ange en adoration, au comte de Yarborough; et un Cupidon, à lord Fevers- . ham.
Du Guide, huit tableaux, plusieurs très-importants : d'abord, la Gléopâtre à l'Aspic, du château de Windsor. Il y en a des répétitions ailleurs; mais celle-ci est l'original gravé par Strange (1763), cité par Jameson et par M. Waagen. Windsor Gastle a une foule de trésors,
1. Payé 450 £ par le lord Garlisle de ce temps-là. 2 Payé 500 £ à la galerie d'Orléans par M. Willet.
GooQle
iOâ LES «AlTIŒS AiraENS.
sans parier de ses mcomparaÊbtes van BycSk qae traw rencontrerons plus tard ; — tme tpès-b^e Ténus a^ec l'Amour, au comte de Portsmoitth ; — deux Assomption de la Vierge, Tune à M. Harford , l'autre à Brid^ gewater Gallery ; — un Enlèvement d*Europe , de la galerie Altamîra , à Madrid ; aujourd'hui à M. Munpo*;
— un Christ enfant , dormant sur la croix ; de la galerie d'Orléans ; au comte de Yarborou^ ; ainsi qu^une Salomé recevant la tête de saint Jean-Baptiste; — enfin, un Saint Sébastien à mi-corps ; à lord Ward. .
Même abondance de Doœinîquin : liuît ou dix. La célèbre Sainte Agnès, appartenant à Sa Majesté (Windsor Castle ; antérieurement à Rensington Palace)-; — un Saint Jean Tévangéliste , de la galerie d'Orléans^, et gra^é par Muller; au comte de Garfisle*; — Bavid et Goliath, au comte de Warwick; — tme Sainte Famille, à M. Munro; — tme Sainte Cécile, à M. Wafren Ternon ; — le portrait d'un Ciardinal, au dtic de Newcastle ; — un grand paysage , à M. Frands Edwards*;
— deux tableaux des cdlections Benjamin West €fl Samuel Rogers ; Tun à Miss Burdett Goutts : l^iffent Jésus avec les instruments de la Passion ; l'autre , un paysage du plus beau style , avec Tobie accompagné de l'ange; à sir J. Ramsden ; —un troiwèmc tableau de la collection Rogers, très-curieux , très-spirituel et magîstralentent peint, quoique ce soit une caricature, représentant un procureur monté suriHie
1 . Payé 600 £ par le comte de Carlisle d'alors. La galerie des comtes de Carlisle, on le voit, est, après Bridgewater Gallery, une de celles qui se sont le plus enricliies des dépouilles de la galerie d'Orléaas.
GooQle
«COWS WJ ^MIDI. -103
mule'Cft portat^fiOT 9aTnftinun4iib9u;>fofrf Se paysage très-vigoureux. A Iwd Harrry Va?»e.
Quatre Àtbane : un délicieux Repos en %ypte , avec de petites figures du meifleur style de ce nidMn^ pièm d'afféterie ; à M. Holford ; — des Amours avec 4eslepches, au comte Yarboreugh ; — un Jugement de Paris, à M. John Anderson ; — et l'Expulsion du paradis terrestre, à lord Wen^leydale, qui, suivant le catalogue , * possède aussi des lettres de l'artiste relatives à cette peinture.
Les œuvres du Guerchm^out encore plus nombreiises et plus magnifiques à Maàche^er que celles de ses rivaux. Nous avons là jusqu'à seize Guw'cbin , la ptupart de sa grande mamère ; un dé plus, qu'au Louvre , qui peut passer pour riche en maîtres bolonais.
Un beau Martyre de saint Laurent, tableau ^i'autet, peint pour le cardinal Magalotti, mentionné par Maivasia et appartenant au collège Sainte-Marie, d'Oscott ;
— un autre tableau d*autel , Madone avec plusieurs sainte et des anges dans le ciel; à M. Thomas Baring;
— un Cfarîst mort et une étude de Saints, à lord EHesmere; — la Madeleine, supposée être, dit le catalogue, le portrait de Mme de La Vallière; à lord Yarborough, ainsi qu'une Christine de Suède; — Loth et ses flUes (au rév. Staniforth) ; gravé par Raphaël Morghen; — David et Bethsabée ; à M. Wynn BUis ; — la Mort d'Ananias , de la collection Berwick ; — un Joueur de violon ; au comte de Portsmouth ; — un Christ mort, pleuré par des anges, répétition d'un tableau de la National Gallery;;sur cuivre tous deux. Je n'ai pas beaucoup de confiance en ces tableaux bo-
104 LES MAITRES JINCIENS.
lonais, peints sur cuivre. Celui-ci vient de la collection Rogers ; — de la même collection , une petite Madone avec l'Enfant à l'Oiseau, autrefois au palais Borghèse ; gravé par Bjjtlelini; importé en Angleterre par Ottley ; c'est encore Miss Burdett Coults qui l'a acheté à la vente Rogers; — enfin, un portrait de Cardinal, assis devant une table à tapis vert, sur laquelle il feuillette un • livre ; œuvre de première qualité pour le caractère et la couleur. Appartenant à lord Ward *.
J'ai glissé rapidement sur ces maîtres illustres, parce qu'ils sont les plus connus en France et les mieux représentés auLouvre. Aussi l'école française s'en est-elle ressentie longtemps ; mais ça commence à passer, et l'école bolonaise, malgré son habileté , sera bientôt remise à sa place, au dernier rang, bien loin de toutes les écoles qui ont inventé quelque chose et mis en lumière des éléments originaux.
On a répété souvent que ce qui avait tué l'art en ces derniers siècles, c'était la fantaisie et la licence. On s'est trompé en cela du tout au tout, selon moi. Ce qui a tué l'art, ce n'est pas la liberté ou l'originalité (qui le fait vivre!); c'est, au contraire, l'uniformité, le système, le pastiche.
Les écoles italiennes, au xvu' siècle, en étaient arrivées où étaient jadis les Byzantins. Tout était réduit en règles infaillibles , tout prévu et composé d'avance. Sur ce que les maîtres avaient créé spontanément, on avait bâti des cellules régulières , des prisons! Il y avait
1. La seconde édition du catalogue ajoute à cette liste de Guerchin : une Vision de saint Bruno, appartenant à M. P. Norton.
GooQle
des ordres formels, comme en architecture, et des modèles consacrés, toujours les mêmes, pour tous les sujets et tous les types. N'est-ce pas là le byzantinisme ressuscité ? Pour tel sujet, telle compositito, pondérée de telle sorte, en pyramide, en losange ou autrement ; pour un héros, quel qu'il fût, une académie drapée, jambe en arrière, bras en l'air; pour une allégorie, tels emblèmes, tels hiéroglyphes. N'était-ce pas notable surtout en paysage , où , à la suite du Poussin , on prenait un temple à colonnes , un arbre majestueux et un fond de montagne, et le paysage était fait, sans sortir de l'atelier? De même en tout.
Gela s'est vu, sans discontinuer, depuis l'école des Carrache en Italie , depuis l'école 3e Poussin et de Le Brun en France , jusqu'à Louis David , et bien après, dans « la grande peinture, » sauf la fantaisie de quelques « petits » peintres comme Watteau et Chardin.
Le signe de la jeunesse d'un art, cependant, le signe du mouvement et du progrès, c'est quand chacun fait à sa guise , selon son inspiration profonde et individuelle, dans une interprétation absolument particuUère de la nature, qu'il aime, qu'il étudie, et où il découvre, uniquement parce qu'il la contemple sans système et sans préjugés, mille beautés nouvelles.
C'est ce qui était arrivé aux origines de l'art italien , à l'époque où il a mérité le nom de Renaissance. Masaccio et Léonard, Giorgione et Corrége^ n'ont pas eu d'autre secret. Titien et Raphaël l'ont appliqué avec génie. Encore, chez Raphaël, est-il permis de le dire ? commence une méthode où est le germe de la décadence postérieure : la substitution de la pensée
106 LES MAlTlffiS ANCIENS.
afbstraite et raisonnée ati sentiment inspiré- par la nature même. Les compositions de'Raphaél à ilome, dans sa troisième manière, sont déjà une sorte *d*arehitectnre métaphysique, construite à l*aide des livres et des érudits, et qui, depuis, a fourni des matérianx stéréotypés à tous les matons de la peinture.
L'art n*est pas le fruit direct de la raison , car il s'appellerait la science. L'art est une tige sauvage qui pousse librement et qui fleurit même sans ccilure. Le talent des grands hommes est d'y grefifer les tiautes et fécondes pensées. Mais l'art lui-môme ne se greffe point sur la réflexion. A-vant de réfléchir, il faut avoir vu.
Une image dans une glace n'existe qu'après le corps, réel qui la produit.
N'est-ce pas aussi à un retour vers la nattire que l'école française doit sa supériorité actuelle? Pourquoi spécialement les paysagistes français sont-ils aujourd'hui les premiers du monde , et même comparables , quoiqu'ils en diffèrent par le sentiment et la couleur, aux maîtres d'autrefois ?
Avant de quitter les Italiens , je dois mentionner encore quelques artistes qui ont échappé k<ies catégories arbitraires, et dont Manchester offre des œuvres trèsdistinguées.
Tels sont les tableaux des peintres ferrarais : une Annonciation , de Lorenzo Costa ; — tine Adora^ tion des bergers, de son élève Dosso Dossi;— et de son autre disciple , le Mazzolino , qui , avec le Garor falo, fient la tête de l'école, trois tableaux tout à fait notables : une petite Oirconcision, provenant de la
Ë60LES DU mm.. 107
celicstiâA Coiûiighaiii et aujoard'hoi à Bridgewater Galtery; — ^ une- Adoration des bergers, vantée par M. Waagen et a^arleuant à M. Holford; — et un Passage de la Eoer Ronge, cpû attire tous les regards, âLcause.de la singularité de la composition et de Téclat du colorisw
Ge labieaa capitsJ de Ma^^lino est gravé dans dlA^cûurty. pL gicviii. On y ULTinscription suivante : z. V» iU M. nsxi. Ce z est-ii l'initiale du mot zmar inscrit aussi, avec i^t diite de 1524, sur un tableau du • uiaitra au niusiie de Deilin. (n° 26d) et que Zani a tran duîl par ic prénom Germaro? te catalogue du Louvre* prétend qjue zenar sigiûfle janvier. Ce nouveau z du tabl«im de Maiichesier le fera réfléchir; car il n'est pas [}robable que Mtizzolino terminât toujours ses tableaux en jaiivi(;r. Quoi qu'il en soit, ce Passage de la ineiT' Rouge est on ne peut plus fantastique, avec ses e<&&tainttt& de fibres qui se débattent dans un chaos où la mei? elr le ciel semblent confondus. Il y a, roulant ^ensBéle, d«sjambes et des bras, des têtes d'hommes et des têtes de chevaux, des armes et des boucliers. Le tout^eiflelé avee uae fermeté métdlique, dans des tons crus> rau^es et jaunes:, qui ont l'aspect d'une mo- 96iL(gie en pierraiiks,.
fti'Primatiee, dont le nom est si intimement attaché; ⣠Ifart fflançais pendant un grand tiers du xvi« siècle,; il]{ a une savante ei élégante compositimi, Pénélope et
i, Ee- eatèlegue^ dii Lottvm, en reproduiflant (p. 152) l'inscription da. tableau de Mazzolioo au musée de Berlin, y introduit deux fautes : la date mdxxiii au lieu de mdxxiv, et Ferrartensis au lieu dr F^ntarensisr. — Le muséfe de Berlin a plusietrrs autres mazzolino , donl.uaeat d«té iiD«ii0«
se, appartenant au comte de Carlisle. — Du Garavaggio, une Mise au tombeau, assez lourde et commune, quoiqu'elle soit mentionnée dans BaldaTicini, à' en croire le catalogue. — Du Peti, une vigoureuse peinture, à lord Yarborough. — De Francesco Furini, une Sigismunda, en buste et de grandeur naturelle , la gorge nue et le coude appuyé au rebord d'une fenêtre.
Nous avons encore oublié Carlo Dolci, un maître si rare, si fin, si précieux, si coquet, si chéri des ladies anglaises, et payé si cher par les gentlemen l L'Exhibition de Manchester en a réuni six : une Sainte Agnès , vierge et martyre, à M. P. H. Howard; •— une Annonciation; — une Nativité, au comte Cowper, dont la collection est si choisie ; — un doux Christ couronné d'épines, à M. Thomas Tov^nend ; — une Vierge donnant à la supérieure d'un couvent un tableau de saint Dominique; ce Dolci a été acheté à Florence par le comte de Damley ; — et un petit trésor de finesse et de grâce, le Mariage de sainte Catherine, appartenant au comte Spencer. On ne l'aurait pas en le couvrant de guinées.
Et Salvator I que de vaillants paysages, où le peintre poëte et bohémien a représenté, avec une fougue incomparable, les montagnes et les ravins, les rocs et les arbres , la mer et le ciel ; l'un , grand , superbe , provenant du palais Falconieri à Rome, appartenant à M. PhiUpps ; — l'autre, appartenant à lady Dunmore, avec Agar et Ismaîl, dans un style vaporeux comme celui de Murillo; — un autre, avec Apollon et la Sibylle, appartenant au marquis de Hertford, et provenant des collections de Julienne e.t Asbburnham ; chef-
d'œuvre du maître, dans le genre un peu académique ; — d'autres, à lord Ward, au comte Cowper, au comte Howe, àMM. Labouchere, Harford, Corpwall Legh, Townley Parker, etc. Douze en tout.
Maintenant, c'est assez sur l'école italienne. Les directeurs de l'Exhibition de Manchester ont eu d'ailleurs le bon goût de s'arrêter à la fin du xvn« siècle.
N'avons-nous pas vu pousser, fleurir et fructifier l'art italien dans les quelques siècles qui sont comme les saisons de ce cycle merveilleux? Toute la moisson est faite. Giotto , le Piesole, Masaccio , Mantegna , le Pérugin, le Prancia, le Vinci, Michel-Ange, Andréa del Sarto , Raphaël , Corrége , Giorgione , Titien , Tintoret, Véronèse, et bien d'autres, ont produit la naïveté, la grâce, l'élégance, le sentiment, la force, la grandeur, l'originalité, la splendeur, toutes les hautes combinaisons de lignes et de couleurs , toute la poésie que recelait le génie italien dans ses différents styles.
Désormais il n'y a plus d'éléments nouveaux â éclore.
Déjà même l'Italie n'enfante plus qu'un art éclectique et stérile, qui se contente d'utiliser, d'associer, d'exagérer et de dénaturer les inventions précédentes.
A l'école bolonaise, à cette école posthume et galvanisée, finit véritablement l'art italien.
Afirèsles audacieux chercheurs du xv* siècle, après Içs sublimes créateurs du xvr, après les habiles artisans du xvii% après tant de générations d'hommes privilégiés, il n'y a plus rien — que des singes.
Dgitizedlj()G00gIe