Le pendant
fiCOLES BU llll>I. 197
La Sainte TatnQIe, ^m 4e catriogtie éa Loofreafiipeflerait ie Ménage du menuisier (ainsi qu'il a fait pour ht petite Sainte FftmiHe ée Rembrandt, n* 410, qui représente bien réellement, dans l'idée du maître, la Vierge Marie, Iflnfant di^in et Joseph l'^umeiO, est comprise, en effet , oonnne uifê simple fasmlle pr6létaîre; et peut-être les Espagnols et les Hollandais , 'qui ont interprété ainsi l'Évangile, en ontnils pénétré T^esprit plus profondément qtxe les Retiens a^ec lairs préM«cupatiens mysfiqnes ou leurs lendances païennes.
La bonne mère, assise sur un siège de bois, an pied duquel est couché an chat familier, tend les bra» au petit bien-aimé, que lui apporte le père aéoptif, debout, en manteau jaune et robe ^ise. Le vMemenI de la femme est d^n ton rosé; die a sur les genwK une couverture blandie, pour recevoir l'enfant ; en arrière, sur le dossier de la chaise , est rejetée une draperie bleue, k gauche, au second plan, on voit rétabli et les iBstraments du cfaarpantier. Peint dans le style le l^s ferme. On songerait presque à Ribera, «'il avait jamais eu, en même temps que sa vigueur, autant de grâce et de tendresse. Hauteur 7 pîedi sur ù pieds de iaiigeur. Gravé par fioydeH.
La Maéotie appartenant à lord Overstona est à pi^ près de même diméndon que la Madone su Clhafidet du Louvre (n° 647), mais d'une exécution toute différente, quoique k pose des deux Vierges ait quelque analogie. Ici, <Hitre qu'il y a beaucoup de aoblefise dans la physionomie et le caractère, la couleur, moelleuse et blonde, élève l'apparition au-dessus «te l'atmosphère terrestre. Le dessin et le modelé s«ït
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pourtant très-positifis et n'otM assurément rien de fantcmMitique. C'est la magie de la èouleur, qui, seule, donne à cette mère portant son fruit quelque chose de surnaturel.
Le petit Jésus est ravissant : les deux mains dans le sein de la Yîerge calme et rayomiante, il retourne la tète de face, dans l'attitude du Bambino de Raphaël, appartenant à lord Cowper. Toujours la robe rose camélia, et une draperie bleue, en travers sur le giron. Fond uni, simple, d'un brun gris. Exporté d'Espagne par M. Ford. Collection Berwick. Décrit par Stirling, Waagen, etc. Une pareille Vierge ne pouvait manquer d'avoir tous les sacrements.
Les autres Madones n'approchent pas de celle-ci. M. W* Stirling en a envoyé deux, dont l'une, avec un saint Jean, figures de grandeur naturelle, provient du couvent de la Mère-de-Dieu, àSéville; — une troi- *sième, dans une gloire, appartenant à sir Culling Eardley, et trop vantée, selon moi, par M. Waagen *, est assez ordinaire, sur son fond lourd sans transparence, un peu jaune d'œuf.
Le plus gvand des Murillo, 12 pieds 6 pouces sur 5 pieds 4 pouces. Saint Gilles en extase devant le pape Grégoire IX, peint pour le couvent des Franciscains, à SéviUe , avait été rapporté d'Espagne par le général
1. Sauf ce désaccord sur la Madone de sir Culling Eardley, toutes les appréciations de M. Waagen, dans le Kunstblatt et dans la RevM universelle dés Arts^ concordent avec les* nôtres. Nous nous félicitons de nous rencontrer toujours ainsi avec lui; car il a sur tous les critiques de l'Europe, et même de l'Angleterre, l'avantage d'ètrele seul qui , d'avance , ait pu examiner àloisir les cbefs-d'œuvre psdtés à M a]i<5iiester par les châteaux de l'arialacràtie anglaise.
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Favier. Il a passé dans la collection Aguado, ainsi, je pense, qu'un Abraham recevant les anges; 8 pieds sur S. Les trois anges sont à table; Abraham, portant sur un plat un quartier d'agneau , s'avance vers ses hôtes^ célestes* Scène trop vulgaire assurément» mais bdle couleur.
Deux pendants, aussi de grande proportion, 8 pieds 6 pouces sur 5 pieds 7 pouces, et provenant tous les deux du couvent des nonnes de Saint*Léandre, à Séville : — Saint Jean et les pharisiens; le saint debout, son mouton à ses pieds; au milieu, un pharisien barbu, enveloppé d'un ample manteau noir ; à sa gauche, deux autres ligures de pharisiens. Peinture très-énergique et très-colorée. — Le Baptême ; Jésus demi-nu, agenouillé au bord du Jourdain ; saint Jean, couvert d'une draperie rouge sang, lui verse l'eau sur la tète avec une coquille. Fond de paysage Irès-clair. Dans le ciel, la colombe planant.
Autre grand tableau, 7 pieds sur 5 : la Fuite en Egypte , dans la manière la plus rude et la plus contrastée, mais excellent.
Enfin , une toile de 6 pieds carrés, à lord Ëlcho : Saint Augustin, debout et de profil, tend un bissac dans lequel le jeune Sauveur, en robe lilas tendre, met un pftîn. Au-dessus d'eux, des anges en l'air. Celte gloire d'anges, le ciel, le paysage, tous les fonds, superbes!
Ifiss Burdett Goutts (encore son UQm attaché à de petits trésors) possède deux ou trois Murillo, toujours de la collection Rogers, qu'elle semble avoir accaparée en partie : — le Saint Antoine prosterné devant l'apparition de Jésus, portant le globe et la croix, est bien
idÙ LES JiâtTRES AHCIBNS.
UQ peu froid et noir, — Hiais le Saint Jèseph emliratsant Xësus, petit iabèeau de 1 pied de hant, quia-passé aussi dans la ooUecdou de M. Hemi Hope , est OKifais de seatîment et d'expression. U seud^le tout d'«r, tant il ^t Hiondé ide lumière.
La France avait autrefois deux portraits deMoriUo par lui-même : — l'un au musée espagaol, pafé en Espagne SOOOO francs, à ce que je crois, par le liaron Tajrlûr, et qui ne paraissait pas estimé en FranoeseloiL son mérite; — l'autre à la ^galerie Standish , et ^ue l'an considérait comme une aorte de oopieasseelKSde du iMremier.
Us sont là tons les deux à TExlribiticmidellaiidiester.
iîelui du musée espagnol , qui est parfuleaieiit original, et très-J^eau, et bien prèneux, a été acheté par lord Stanley il la vente des objets d'art du feu roi LMiis«Philipp6. Il est , on se le lappelle, en buHe, dans un médaiiloci màie , sur le reboni duquel s'aip* puie ia main droite, usée main supérieurement peinte. La tète puissante est de trois quarts à dreile et o0ie quelques traits de ressemblance avec Ja belle 161e de jifefièro. La toile porte en bas une inseription.
Oelui de la galerie Standisb, qui ne saurait être «ne copie ni une répétition, puisqu'il est disposé autre*ment, a bien moins de caractère; mats eocoreja'eafeil prâat à dédaigner. Peut-être a-t-îl été peint dan» Ta^ tdier du maître par un de «es élèves.
U y a encore quelques autres toiles de eette même galerie Standish, dont un Anglais excentrique awt lait cadeau par testament k Tex-roi des Français, et qui est retournée presque tout âdtiére dans l'Ue d'o
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fiCOLBS DU KM. 131
eBfi était veniie : ^ im enfant Jésus donnant (fa«s leS; brasde Saint Joseph ; ^ im Ecee Hema, assez troîA, etc. ; ^— €!l^ da musée espagnol, un psijsage très-lestement bariboiiBlé«
Une esquisse intéressante, en ce qu'elle montre les . préparations et les dessmii du mattre, est l'étude d'une jCettune qui boit dans une coupe de bois , p<mr l'isi- OhHise table»» du Moïse frappant le rocher, de l'hdipi» tal de la C^rité, à Séville.
(Jtae Tête du Christ couronné d'épines sur ses longs cheveia bruns, sorte de sainte face qui s'enlè^ an nuMeu d'une lotie dont k fond est seulement fcottéde gris, provient de lat coUection Berwî<^, comme ta belle Madone à la couleur roagique , et appartient au même propriétaire, lord Orerstone.
Deux autres pehilares, certifiées par M. Waagen, ont échapipé à mes recherches : un Sposaliodo, au Gonote de Lislowel, et une esquisse du ffiracle des pains, dont la grande peinture est, avec le Moise, à la Charité de SéviBe.
fiicore un, le dernier, et qui n'est point catalogué* : rm&nt Jésus, de grandeur nainrefie, en belle rabe rosée, est debout et de face, les yeux levés Ters le ciel. Be sa main gauche il tient sa houlette; la mam droite repose sar la tète d^un mouton. A ses pieds , deux autres mmitefn&. ESst^^iele tableau célèbre, plusieurs fois gravé sous le nom du Bon Pasteur? Je croîs qu'il y en a un original au musée de Madrid. Lord Ëllesmere en
1. Le nouveau tirage du catalogue a réparé cette omission. C'est, en effet, le Bon Pasteur {the Good Shepherd)^ et il appartient au baron Lionel Rothschild.
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possède dans sa galerie une très-belle copie par 6rimoux. Le Saint Jean à l'Agneau, de la National Gallery, doit être le pendant de ce Bon Pasteur, et il a aussi été gravé comme tel. Quoi qu'il en soit, le Jésus de Manchester, malheureusement placé en fausse lumière, semble d'une qualité très-distinguée.
A Murillo , qui mourut en 1682, finit, hélas I l'école espagnole. Velasquez avait disparu depuis vingt-deux ans déjà. Il n'y avait plus que des élèves de ces deux grands maîtres, et quelques peintres assez robustes, comme Coello, qui faisaient de vains efforts pour per-> pétuer Ja gloire de l'art espagnol. Dès la fin du xvu*" siècle, à défaut d'artistes nationaux, l'Espagne était envahie par des étrangers médiocres, et Luca Giordano y régna de 1692 à 1702. Au milieu du xvn» siècle, c'est l'Allemand Raphaël Mengs , déguisé en caricature de Guido Reni, qui a le monopole des arts à Madrid. Où sont donc les successeurs de Yelasquez et de Murillo ? Il n'en parut point.
Depuis eux, un seul homme en Espagne fut un véritable artiste : c'est Goya. On voit de lui à Manchester quatre pochades d'enfants, non cataloguées' et égarées dans la Glock Gallery, ce refugium peccatarum.
Goya vécut bien vieux, et, de la France où il mourut (à Rordeaux, en 1828), il put voir les Aparicio, les Madrazo et bien d'autres livrer au triste style de Louis David — sa patrie, la patrie de Yelasquez !
1. Le nouveau tirage du catalogue les enregistre au nom de Goya : « quatre esquisses d'Enfants qui jouent. »