Ce Ubl«aa est peiiit sur ponieau
pMs de baaL II est signé «iissi» vers k drotèe ^ bas : M. H9bhmA f., et daté IMS.
Touiela gauche est en luwère, tonte la drotte dans Tooifore. lei, un graaid bouquet d'arbres, vue ntaisoii* nette* «a hooune, une kmex^ un petit gavçaa debout sar nn dieoniA. Là». 4e f eau avec un pécheur en rouge, au pmmter pha. Be i'imtrc côté de Teau, une rante au bord de laquelle sont quelques maisans échelonnées, à dislaace. Cinq figures : une qui s'en Ta, i gafiH che^ le longducbeottn, un homme et nnefanme devant la première maison^ et, plus loin» deux figurines. Toute cette partie-là est du ton ^neraude tendre , u» peu bleuté, qu'on trouve dans plusieurs tableaux du maître. Lee persomages paaraâssent encore être d£ Lkigelbacb, — ou deSiDffk?
Quatrième Hobhema (Smith, n. 18); à M. R. S. Holfopd. IM bois avec «ne route qui le traverse. Largeur 4 pieds i pouces, hauteur S^pèedB. Sur toile. Signe et daté iiôa. Exposé à la Brilish Institution en 1840. On dft qu'il a coeËé à H. Holfard Z(m livres, sttifiing. U est eertatnenesit phis capital que celui de la vente Patareafu.
11 représente à peu près le même eile qtf un escel* leail HoJbbefma de la galerie du baron van Brienen à Aaosterdajsi : à droite, sur une éminence, une route avec «m honame qui vient; au milieu» en anraiit, trois figmnes debout, qui émisent; puifi uae mare, avec un pécheur; |»uîs, siirte chemin qui toame à gauche et enWe éaam la forêt, uai homme et une femme vemuL a gauche encore, au premier pian, de Teau. Extrêmement vigoureux de couleur.
S92 LES VAlTRES ANCIENS.
Cinquième Hobbenia, toujours très-important; au comte de Burlington. Signé, mais sans date. Environ 4 pieds et demi de large sur 3 pieds de haut. Au milieu, second plan, un cottage en pleine lumière; une femme à la porte, et un homme qui lui parle. A gauche, de grands arbres ; puis un moulin dont on voit la chute d'eau, et, tout à fait en avant, un homme en veste rouge. Sur la droite, un chemin qui s'enfonce jusqu'aux derniers plans ; trois petites figures, dont un homme assis au bord du chemin. Plus à droite encore, une chaumière entre de petits arbres très-fermement dessinés. Tableau un peu foncé de couleur. Les trois autres n'ont plus le même intérêt. Celui du comte Howe : de l'eau avec des arbres, a été accroché tout en haut, quoiqu'il soit assez petit : 2 pieds de large sur 1 pied et demi. Grands arbres à droite d'une rivière qui vient de face; et à gauche, au bord de l'eau, une tour carrée.
Celui à M. Edward Loyd a une fausse et lourde signature, mais il est vrai. Une rivière , sur laquelle un bateau, A gauche, des arbres touffus; à droite, des percées sur des haies et des pâturages, de ce vert clair, particulier à Hobbema.
Celui à M. G. Pield est deRuysdael, à ce que je croîs. Il en porte même, à droite, le monogramme, qui parait bon, l'R dont le premier jambage forme le J de Jacob. On y voit, à gauche, une grande chaumière, avec une femme à la porte; un groupe d'arbres derrière, un champ de blé devant. Des haies, des broussailles, au premier plan dans toute la largeur. A droite, au loin, une masure.
Mais peut-être y a-t-il ici une erreur de numérotage, et ce Ruysdael porte sans doute à tort un numéro qui le réfère à THobbema dé M. Pield; car j'ai trouvé dans la Clock Gallery * tin autre petit Hobbema, avec la date de 1667, et un numéro impossible. Serait-ce THobbema de M. Pield? En tout cas, notre compte y est : huit Hobbema. Passons donc à Ruysdad.
1 . Je vois , par le second tirage du catalogue , que la Clock Gallery , où d'abord étaient entassés des tableaux retournés contre les murs , où des cadres de dessins étaient empilés , où la plupart des numéros étaient trompeurs sur les quelques tableaux accrochés aux lambris , a été mise en ordre. On lui a même consacré une division spéciale. U y a là sans doute quelques œuvres de mérite que je n'ai pas vues ; bien peu cependant , car je puis avouer maintenant aux policemen de TExhibition , que j'ai fouillé dans tout le fouillis de la Clock Gallery, lorsqu'ils avaient le dos tourné.
Oj^^l^O
Bvysdael , PWKpe Wonwcnmi , Jan Wyck , Bcrchem , Karel du Cardin , ete.
Les vingt Ruysdael sont non-seufement tous auftcntiques^ mais tous intéressants. Quatre ou cinq sortent hors ligne de la série, et ;RQile part aiUears au monde il n'y en a de plus beaux.
Tel est d'abord le paysage, large de 6 pieds sur 4 pieds de hauteur, appartenant au Worcester Collège, d'Oxford. C'est de la grande et large peinture, qui frappe par l'unité de l'effet et la simplicité apparente de la couleur. Au premier coup d'œil on ne voit que l'ensemble , tous les détails, qui sont pourtant rendus à la perfection, se trouvant enveloppés dans une harmonie impérative. Mais , quand on a reçu cette impression d'une nature sévère et profondément caractérisée quoique naïvement rustique, on se met à regarder ce qu'il y a dans ce morceau de pays tout d'un bloc.
Une mare, avec des herbes aquatiques et des nénuphars qui s'épanouissent à la surface, sous l'ombre de grands arbres, parmi lesquels un magnifique chêne
tfiOLE6 !HI IfaW. d9«l
dont le troac e&t large de ^ à 3 pouces r c'est un des des phis grands arbres que Raysdael ait feits* Cette futaie s*étend sur la gauche, et beaucoup d'arbres abattus gisent au bord de l'eau. Un chemin qui, vers yers le milieu du paysage, vient abouth* à la mare, se détoorae sur la droite, où sont de petits moutons et un p&tre. Tout à Csiit à droite, percée de ciel et lointains.
A côté de cette Entrée de forêt est nn Ruysdael d'un caractère Umi autre : la Vue du chUesm de Bentheim, sur le Rhin. Signé et daté 16S3. 5 pieds de large sur 4 de haut Appâolenant à M. John Walter. Le temps est gris;.il y a peu de himière sur la campagne. Le mamelon sur lequd se dl^essé le citâteau ne reçoit point de soleil, et tous les bas àst terrain en a>?ant, avec des murs en espalier, des baies, de petits pâturages entourés d'ari>res , sont dans Fombre. Peiature trës-étodiée dans toutes ses parties, très*terminée, très-savante, mais moins poétique que lé paysage préoédent.
Ces deux tableaux sont sur la même rangée que l'Hobbema de lord Hatherton , le grand Guyp de Backingham Palace, et un grand Both, jMn de soleil.
Dans le même sentiment que le premier Ruysdael est un paysage (Snerith, n"* Sl3) appartenant à M. W. Wells; 4 pieds 8 pouces sur 3 pieds 0 pouces. Un tronc d'arbre dépouiilé dessine sa charpente séculaire sur d'autres ariires. C'est très-mélaneolique et d'nn tofi superbe.
Toiqoars de grenier ordre : un paysage , intiAidé SoMxide, au révérend ¥. Lekester : un étang sonri^ns;
puis de grands arbres, entre lesquels on aperçoit des ruines en pleine lumière ; derrière les ruines, un fond de forêt. A droite, un chemin, des troncs d'arbres abattus et un pays sans accidents de terrain. Vigueur extraordinaire. Signé.
Au marquis de Hertford, une Cascade (Smith, n® 216}, provenant de la collection du baron Denon. Largeur 4 pieds 4 pouces sur 2 pieds 9 pouces.
Autre Cascade, à lord Overslone. ^
Une très-belle marine, d'un ton gros bleu, Vue de FY, près d'Amsterdam, par un temps d'orage; l'eau s'agite sous la pression de gros nuages qui couvrent le ciel. Appartenant à M. Edmund Porster.
'Une autre marine, Effet d'orage; à lord Hatherton ; — un troisième Orage, au duc de Newcastle ; — un très-beau Moulin à eau, à M. G. Pield; — un petit paysage avec troupeaux (Smith, n° 163), provenant de la collection de sir Charles Bagot ; à lord Ellesmere (Bridgewater Gallery) ; — une petite Cascade (Smith, n° 7), de la collection de lady Stuart; au rév. Leicester; — un paysage avec un canal, et à gauche des ruines; au comte de Wemyss et March; — une Scène d'hiver, au mêm^; —.Groupe d'arbres, avec un coup de soleil; à M. Edward Loyd ; — un petit paysage (Smilh, n*44) avec des ruines, d'un ton très-original; à miss Bredel; — Chât^iw, moulin et village ; à M. R. S. Holford ; — deux beaux paysages, avec des figures d'Adriaan van de Ve)de; à M. R. Sanderson; l'un est si haut placé qu'on ne le voit pas ; — un paysage, à M. T. Townend; — et enfin, dans le style de Philips Konintîk et de Rembrandt, un petit chef-d'œuvre, non catalogué, et qui
doit s'intituler la Moisson : des champs, avec des gerbes qu'on vient de couper.
Jacob Ruysdael a fait aussi, en collaboration de Philips Wouwerman, un petit bijou qui n*a pas plus de 1 pied de haut sur 1 pied et demi de large. Appartenant au docteur Barton. Au miUeu, une chaumière délabrée ; sur le chemin, devant la maison, un cheval blanc, à selle rouge, vu de croupe, et tenu par un gamin en bleu ; le cavalier, en beau chapeau à plumes et manteau gris, est retourné contre le mur de la masure, k la façon des bonshommes de Teniers dans les kermesses où Ton a bu beaucoup de bière. Eu avant est assis un homme qui caresse un chien. A droite, deux autres chaumières ; à gauche, paysage vert. C'est de la plus fine et de la plus charmante exécution des deux maîtres.
De Salomon Ruysdael, frère aîné de Jacob, il y a un beau paysage avec animaux, appartenant à M. Howard Galton.
Les onze Wouwerman sont, comme les Ruysdael, tous tableaux de choix, et quatre ou cinq au premier rang dans son œuvre :
!• Le Coup de pistolet, à la reine (Buckingham Palace). Tableau bien connu par la gravure de Visscher, et surtout par celle de Le Bas, dans la Galerie Lebrun. Groupe de cavaUers, en avant d'un camp avec des tentes; un de profil, sonne de la trompette; un autre, vu de dos, agace une fille montée en croupe derrière lui; un troisième, de face sur un cheval blanc, élève en l'air un verre : c'est la figure la plus déhcieuse de toutes ; un quatrième tire un coup de pistolet, — d'où
2M LES MAtiRsa kmiEm.
vieBÉle Bcsa du tahteau* S«ar bois. 1 pied k pouees de haut et 1 pied 6 pouces de large. ËxfNdsé.à ]a British Iiistitatio0 m 1626 et 182?. Décrit daas Jameson, Waagea, ete'. Provenant des coUectM)âa& Ne^ret, Tolozan, I. Humble, elc*
" 4*» ba.&mt^ au bareng. Praaaièrc qualité. Sur une plaee de vittage, en avant d'une aaberge, foule de pafsains qui iirmt éuu Jmrenff. C'est \m aiDUsein^nt où il s'agit d'aitraper un hareng pendu à une eorde. Je crois qu'il y a en France un jeu analogue, mais où le hareng hollandais est remplacé par une oie. Des paysans à cheval ont des femraies en croupe et vont tenter le «ort ; il y en a un, avec unie femme à ju^a roage, sur un ebeval blanc, de profil, près d'un grand art»re, — groupe équestre, d'une flneœe incomparable.
Ge talbleau, d'environ 2 pieds de haut sur 2 et demi de large, appartient à M. Holford. « Peinture capitale, dit Smith, du commencement de la troisième manière, et de la qualité la pte recherchée. • Vendu en 1777, (tons la collection Randon de Boisset, 11 99» firancs. Il a passé ensuite dans la collection Tolozan et dan» celle de la duchesse de Berri. Je n'ai pas sous la maîB les chifiiresde cette dernière vente, depuis taquelie, d'ailleui^les ts^leaux pdréeieux ont doublé ou tripléj et ceiix de eiertajaa maîtres, décuplé.
Croyez, s'il vous platt, <|ue ces Wwwerman^^là sont d'une àotre espèce que ceux de la venle Patareau, qui, suivant le report des journaux, ont pourtë»^ été achetés assez cher ; maïs il faut que ce soit par des amateurs peu édairés. Dans la propiHTtion des prix de
la vente Patureau, chacon de ces W'OiiwenBiaii vaudrait au moins 5000 à 6000 livres sterlhig. Cosl insensé.
M. Holford a envoyé encore un petit Wouwerman exquis, qui n'a que 8 pouces de large sur 1 pied de haut : une Charrette avec un clieval gris ; en avant, une femme av«c son baby au sein. Signé-^*^^»*'-/^'^/^
A miss Bredel appartient un Départ pour la chasse , provenant de la galerie d'Orléans, oà il fut payé par M. John Davenport 209 guînées. Noos avons déjà dit que les prix de cette vente d'Orléansi, en 1798 , ne signifiaient rien pour les prix d'aujourd'hui. Gravé dans la Galerie eu Pcdais-Boyal, et par Moyreau* 1 pied 6 pouces de haut sur 2 pieds de large. Miss Bredel a fourni, de plus, une Scène d'hiver, très-^disdnguée.
Le grand Combat de cavalerie, de la galerie Fescfa, 5 pieds de large sur S pieds et demi, est aussi à Manchester. Il appartient au comte d'Ëilesmere. Mais, à mon avis, Wouwerman est meilleur dans ses petits ta* bleaux ^e dans les grands. Gelui-<i est un peu vide. Aussi n'a-t-îl coûté , à la vente du cardinat Fesch, qne 4500 écus romains , soit environ 25 000 francs ; tandis qu'un autre Wouwerman, la Halte au retour de la chasse, fut payé, à la même vente, 123^0 écus romains. La Bataille exposée à Manchester est signée du W, et, pour le nom de baptême, du monogramme composé de 111, dont le premier jambage forme un P , dont le second porte un S entortillé, comme dernière lettre du nom, qui s'écrivait Philips, pkis un point pour faire l'I, et un prolongement à la base pour faire l'L: en tout PHÏLS.
On voit encore à TExhibilion deux centres Charges
— gle
300 LES MâITRES ANCIENS.
de cavalerie, mais en petit; l'une, très -fine, à M. J. W. Brett ; l'autre, excellente, à M. G. Field, qui possède aussi un paysage avec un bateau contenant de petites figures.
Enfin, à M. Walter, du Times ^ appartient une Scène de côte, et à M, Ëdvvard Loyd, un Marché aux chevaux.
Rien de Pierre, ni de Jean Wouwerman. Philips, avec ses onze tableaux, peut d'ailleurs représenter toute sa famille.
Mais il y a de Jan Wyck, sectateur de Philips Wouv^erman et maître de van Hugtenburgh, un très-curieux et très-bon tableau, la Levée du siège de Vienne par Jean Sobieski ; appartenant à M. Warren Vernon. Ce tableau est signé en magnifiques lettres, cal* ligraphiées avec fioritures, comme se plaisait à en faire Bakhuysen : 7. Wyck. A* 1697. Je signale cette signature et cette date, parce que le catalogue attribue le tableau à Thomas Wyck, mort en 1686, Jan, fils de Thomas, ne mourut qu'en 1702. Le catalogue du Louvre, qui cite une seule fois Jan Wyck, à l'article Hugtenburgh, écrit à tort Wyk. Thomas, dont j'ai vu beaucoup de signatures, a toujours signé aussi : Wyck.
De Berchem, compatriote et comtemporain de Wouwerman, nous avons à Manchester six tableaux : deux petits pendants, assez fins, les Preneurs d'oiseaux et un paysage ; à M. Edmund Forster ; — une Tète de vache, de grandeur naturelle, triste et faible peinture; au comte de Warwick ; — une Scène d'hiver , eflet de neige; daté 1662 ; à M. Walter; — et deux petits chefs-
ËGOLES DU IHORD. 301
d'œuvre, l'un de la galerie de Buckingham Palace. L'autre de la collection Holford.
Celui-ci n'a guère que 7 pouces de haut sur 8 de large environ ; ce qui ne rempêche pas de contenir un nombreux troupeau : petites vaches, grises, blanches, blondes, d'un ton exquis ; des chèvres, de§ moutons; et, à gauche, une petite bergère et un petit berger. C'est une miniature délicieuse. Signé, sans date : Berchem.
Le tableau de la reine aussi est tout petit : 1 pied 4poucesdelargesur 1 pied 1 pouce de haut. Daté 1655. Exposé à la British Institution en 1826 et 1827. Effet de soir. Campagne découverte, traversée par un ruisseau; point d'arbres, mais, au bord de l'eau, quelques édifices. Tout est éclairé d'une douce lumière. Des bergers s'en vont avec leurs vaches et leurs moutons pour traverser le ruisseau ; un des pâtres est monté sur un âne; un autre, en veste jaune, à pied, accompagne une femme en corsage rose et jupon bleu, montée sur un cheval gris d'argent.
fierchem, qui a bâclé tant de tableaux de pacotille, n'a guère fait d'œuvres plus déhcates que celle-ci et que celle appartenant à M. Holford.
Quatre tableaux de Karel du Jardin, élève de Berchem.
Trois sont de la plus belle qualité du maître ; aussi ^iennent-ils de chez M. Thomas Baring, de chez M. Holford et de Buckingham Palace.
Le quatrième n'est pas le moins beau ; mais il est très-singulier pour une œuvre de Karel , et malheureusement il est trop haut placé pour qu'on puisse ju-
302 LES MâITRES ANCIENS.
ger de son authenticité. Il représente, dit le catalogue, Guillaume le Taciturne et l'artiste lui-même ! Nouvelle ângularité, outre le caractère de la peinture : comment Karel, qui est né vers 1635, aurait-il pu rencontrer sur un grand chemin Guillaume le Taciturne, mort assassiné en 1584!
L'homme qui est censé le portrait du Taciturne est debout à gauche, presque de face, un bâton à la main ; il a de longs cheveux, une toque brune, une tunique noire, un manteau brun, des bottes à chaudron. Karel, si c'est lui, monté sur un gros cheval rouge, tient son chapeau dans la main droite étendue, sans doute pour saluer le personnage aux longs cheveux ; il est vêtu de gris et vu de dos. Beau paysage, très-simple. Le t£j>leau a 2 pieds carrés environ. Il appartient à M. G. Comwall Legh. Si cette peinture était à portée du regard, il serait facile de décider pour ou contre le Tacibime, dont la tête est bien connues de même que celle de Karel.
Le Manège (le catalogue écrit le Ménage) •, tableau très-célèbre, qui a passé dans les ventes Montaleau, 1802, 7020 francs; Emler , 1809, 10001 francs ; Alexis de la Hante, 1821, 421 guinées ; dans la collection de l'abbaye de Fonthill, et, aussi, je crois, dans la collection de M. de Morny. Il appartient aujourd'hui à M. Thomas Baring. Il est daté 1654. Hauteur 3 pieds
1. Il y a portraits peints, bustes et médailles, du Taciturne, en Hollande, notamment à La Haye et à Amsterdam. Il y a aussi un portrait de Karel du Jardin par lui-môme , au musée d' Amsterdam.
2. La seconde édition du catalogue a reproduit ce hlunder , comme disent les typographes anglais.
GooQle
ËGOLES DU NORD. 303
7 pouces, largeur 1 pied 1 pouce. A Mglf finished picture, dit Smith.
Halte de deux cayaliers ; Tun» en maaleau rouge» est descendu de sou cheval blanc et cause avec uœ femme à une fenêtre sur la droite ; Tautre, sur un cheval noir, prend un verre que lui donne un garçon. Derrière le cheval Manc, un lévrier. A gauche, fond de paysage. Très-belle couleur. Signé Ih^ardin^ 1666. 16 pouces de haut environ sur 10 de large. A M. Holford.
Celui de la reine a 1 pied 2 pouces de large et 11 pouees de haut. Exposé à la British Institution en 1826 et 1827. Dans un pré, une vache rouge, à tète blanche, est couchée de profil à gauche ; un peu plus loin, un veau blanc. A gauche, le pâtre couché. Ciel sombre et orageux. C'est simplement et magistralement peint
Ce Karel est un maître bien mêlé : détestable quelquefois dans les sujets religieux ou historiques, de sa manière italienne ; bien faible et bien ridicule, malgré sa science, quand il s'est ingéré de peindre des %ares de grandeur naturelle : ses Régents de la Maison de correction font un drôle d'effet en face des Syndics de Rembrandt, dans une des salles du musée d'Amsterdam ! excellent dans sa manière hollandaise, ferme, précis, solide, dessinateur irréprodiable ; un peu sec parfois, mais parfois, comme dans les trois tableaux de Manchester, très-fin et très-harmonieux. Quand il est de cette qualité-*là, il mérite la place qu'on lui donne généralement à côté des premiers maîtres hollandais.
C'est l'Italie qui a perverti plusieurs de ces peintres du xvu« siècle. Tous ceux qui se sont associés a la fameuse Bande académique de Rome y ont perdu l'ori-
304 LES MâITRES ANCIENS.
gînalité et la naïveté. Manchester offre quantité de peintures de ces artistes italianisés :
Quatre Poelenburg ; un, au comte Spencer; un, au duc de Newcastle; deux , à M. G. V. Smith: le portrait de Poelenburg lui-même et le portrait de sa femme.
Deux beaux Pynacker, qui a pourtant toujours le défaut de faire les arbres et les plantes en tôle ou en fer-blanc; l'un, très-clair, Vue du Tibre, à lord Overstone ; l'autre, un peu sombre, le Taureau obstiné, à M. Anderson.
Deux Lingelbach, qui a souvent du bon; quand il n'est ni Italien ni Allemand : un Port de mer d'Italie, au comte de Derby, et le Débarquement de Charles II, à sir P. M. G. Egerton; une Scène d'hiver, de son élève, W. SchelUncks , etc.
Lingelbach a fait aussi les iRgures dans plusieurs paysages exposés à Manchester : dans un paysage de Moucheron, de la collection Poulin; dans un paysage de Waterloo , dont les tableaux sont assez rares ; ces deux ouvrages appartiennent à M. Howard Galton ; dans un paysage de Wynants, appartenant à M. G. Field. Il y a, de Wynants, un autre petit paysage, appartenant à lord Overstone.
Les paysagistes qui, en Italie , se mirent à la suite de Claude le Lorrain, sont également assez nombreux à Manchester. J'ai déjà cité Jean Both, dont nous avons cinq belles peintures : le Muletier, à M. J. Walter ;— un Effet de soir en Italie, à M. Edmund Forster; — autre Effet de soir, à M. M. Anderson; — un paysage quelconque, à sir John Nelthorpe; — et une Vue de Subiaco, près Rome , à M. F. Perkins.
De Willem de Heusch, élève de Both, un petit paysage, à M. Richard Baxter; — de Herman van Swanevelt, autre imitateur de Claude , deux paysages.
Nous n'avons rien de J. B. Weenix , qui fit partie de la Bande académique, mais nous avons de son fils Jan deux superbes tableaux , l'un à sir Gulling Eardley , l'autre au marquis de Hertford : dans ce Weenix de lord Hertford on voit deux lièvres et diverses pièces de gibier mort, un grand chien qui les garde, etc. 7 pieds de large sur 5 de haut.
Les autres peintres de nature morte , de fruits et de fleurs , abondent à l'Exhibition :
Trois Jan David de Heem : un, à M. M. Anderson;
— deux pendants , datés 1641 , à M. Howard Galton. Six Jan van Huysum, dont un Vase de fleurs et des
Fruits et des fleurs, pendants, de la collection de MUe Hoflfman; à M. R. S. Holford; — les autres au comte de Derby, à M. Abraham Darby , à M. Robert Napier.
Un Adriaan van Utrecht, un Cornelis Sachtleven, etc.;
— et de Melchior Hondekoeter, trois belles peintures, avec des oiseaux très-vivants , au comte de Derby, au comte Spencer et à M. H. Labouchere.
Pardonnez-moi d'escamoter si brusquement tant de belles choses dont les moindres seraient remarquées dans n'importe quelle collection publique ou particulière. J'indiquerai encore ici cependant, par de simples notes, une foule de maîtres hollandais et même flamands, qui ont échappé à mes classifications :
Deux Roelant Savery, fins comme des Breughel de
30e LES MAÎTRES ANCIENS.
Velours : le Paradis et le Matin après le déloge , au comte de Porlsmouth.
Deux Aldert van Everdingen, élève de Savery, et peut-être maître de Ruysdael : un paysage de Norvège, signé, au comte de Listowel; et une Cascade, à M. J. Sanders. ^
Trois marines de Ludolph Bakhuysen , élève de van Everdingen ; Tune, de grande dimension, 6 pieds et demi de large sur 3 pieds 10 pouces, appartient à M. H. T. Hope.
Plusieurs autres marines: un Orage, de Bonaventure Peters, el un Calme, de Jan van de Kapelle, élève de Willem van de Velde; au comte Spencer; — une Vue d'Amsterdam, par Abraham Stork, à M. G. Wilbraham.
Un paysage, de Simon van Vlieger, maître de Willem van de Velde ; au comte de Listowel.
Un Molenaer, qui imita les van Ostade ; deux Simon van der Does, qui imita Adriaan van de Velde ; ieax excellents paysages de Jan Hackaert , dont les oeuvres sont si fines et si rares, et qui eut l'honneur d'être souvent étoff'é par Adriaan van de^ Velde.
Un paysage de Jan van Hagen, à lord Harry Vane.
Un petit Ary de Voys, à M. Mathew Anderson.
Un prétendu Jan Leduc, daté 1642. Le peintre avait six ans.
Et parmi les Flamands omis : Philippe de Champaigne, une grande Xdoration des bei^ers, au marquis de Hertford; — Paul Bril, une très-belle Vue italienne, prise de Tivoli, au comte de CarUsle; — van Artois,
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un grand et beau paysage, à sir Humphrey de Trafford ; — van Tilburg, un de ses tableaux importants , large de 6 pieds, et avec d'innombrables figures; au comte de Listowel ; — van der Meulen , trois Batailles , au comte de Newcastle, etc.
A présent, nous n'avons plus que les deux van Ostade, les deux van de Velde et Pieter de Hooch, qui termineront l'école néerlandaise.
GooQle
Adriaan et Willem van de Velde, Adriaan et Isack Ostade, Pieter de Hooch , etc.
L'œuvre principale d' Adriaan vaiî de Velde, la plus importante et la plus belle à la fois, son chef'd'ceuvre\ dans le vrai sens du mot, et sans comparaison possible, est le grand paysage de 1667, avec son portrait et ceux de sa femme et de ses enfants, au musée van der Hoop (n« i26), à Amsterdam, Mais, après cette merveille, deux de ses tableaux les plus notables, sinon les plus charmants, sont à Manchester; l'un appartenant au marquis de Hertford, l'autre à M. P. Perkins.
Celui de lord Hertford vient de la collection du cardinal Fesch , où il a été payé 9000 écus romains ,
1. a C'est incontestablement , dit Smith (n» 100) , la production la plus capitale qu'on connaisse du maître.... On peut supposer qu'il a eu l'intention d'en faire son chef-d'œuvre.... Indépendamment de son mérite comme œuvre d'art , ce tableau aura toujours un immense intérêt, à cause des agréables souvenirs qu'il donne d'un peintre si éminent. » La toile a 4 pieds 8 pouces et demi dehaut , sur 5 pieds 7 pouces. Payé 10068 florins et 6 pour cent, par M. Nieuwenhuys, à la vente van der Pals, à Rotterdam, en 1824. Vendu 1310^uinées, à la vente Nieuwenhuys, en 1833. .
environ 60 000 francs. Il a 5 pieds 7 pouces de large sur 4 pieds 3 pouces de haut. Signé et daté 1663. Il représente , au milieu d'un grand paysage biblique , rÉmigration de Jacob {the Migration ofJacob\ avec sa famille, ses serviteurs et ses troupeaux. Jacob, en turban bleu, est à cheval ; près de lui, une femme sur un cheval gris, allaite un enfant ; en arrière, des hommes et des femmes sur des chameaux; en avant, des troupeaux, vaches, chèvres, moutons ; tout cela vient vers le spectateur. Au fond, à droite, de hautes collines. Beau ciel fin M lumineux. Composition très-riche et adroitement agencée.
Mais cependant Adriaan est un peu dépaysé dans cette contrée orientale , avec ce patriarche d'il y a trois mille ans, et ces chameaux, et ces,costumes juife. Les pâturages du Nord et les bergères hollandaises vont encore mieux à son talent si ingénieusement préoccupé de la nature.
Le tableau appartenant à M. Perkins est aussi un égarement du peintre hors de ses sujets habituels. On y voit la Sainte Famille passant dans un bac un espèce de canal. Il est vrai que cette femme avec son enfant peut tout de même être une paysanne quelconque, et que le caractère du pays n'est point égyptien, quoiqu'il s'agisse de la Fuite en Egypte. Mettons donc que c'est un passage d'eau quelque part aux environs de Haarlem.
n y a dix figures d'une proportion tout à fait inusitée dans les tableaux du maître : 8 pouces de haut! trois femmes, dont la Vierge qui tient son enfant monté sur un âne, et sept hommes, dont saint Joseph debout près
— ^le
3iO . LES maîtres ÂNGIEKS.
de la mère, et un personnage drapé de rouge, as^, on pied traînant dans le canal, sur le horà àa bac. Il y a aussi dans le bac une grande et belle va(^ rousse, qui pencbe sa tète pour boire au fil de Teau.
La toile a 4 pieds de haut sur près de 6 pieds de large. Tout le monde n'y reconnaîtrait pas Adriaan au premier coup d'œil. C'est d'un ton extrêmement "vigoureux et presque vénitien; un peu sombre même. Adriaan avait le malheur de peindre sur des préparations foncées et de se servir de couleurs minérales, gui ont changé, particulièrement les jaunes» et poussé au noir, ou d'autres fois au bleu. Tableau magnifique, malgré tout, et qui, suivant Smith (n* 128), était, en 1834, dans la collection du duc de Mecklenburg, à Ludwigslust.
Peut-être presque tous les amateurs préféreraient-ils à ces deux grandes mncMnes le petit tableau prèle par la reine (Buckingham Palace), et provenant des collections Geldermeester et Baring. Il n'a que 1 pied 6 pouces de large sur 1 pied 8 pouces. Daté de 1659. Exposé à la British Institution en 1826 et 1827. Décrit par Jameson, Waagen et Smith (n» 49), qui l'appelle c an esfquisite production. »
Au premier plan, couvert d'ombre, coule un ruisseau dans lequel une bergère en bleu vient de puiser de l'eau avec une cruche qu'elle tient à la main ; elle cause avec un homme monté sur un cheval gris pommelé. Deux vaches et une chèvre traversent le ruisseau. Plus loin, des moulons et quelques figurines. Le pays est très -accidenté et ofifre des collines, des arbres, et même les ruines d*un château.
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Cette fine peintnre n'e^ pas si chère cependant que <%lles de lord Hertford et de M. Perkins. -
Les autres Adriaan van de Y elde sont un petit paysage, daté 1668, à M. Nidiols ; — des Animaux, à M. G. Field ; — un paysage avec animaux, i M. J. Sanders; — et une Vue des bords de la mer, au comte Howe.
Adriaan, de plus, a fait les figures dans deux petits bijoux de van der Heyden : l'un, Vue d'Utreetot, à M. G« Faulkener ; l'autre , une Habitaticm hoUandaise, k la reine (Buckingham Palace) ; ce dernier tableau , d'une délicatesse très -précieuse, est une sorte de paysage , ce qui est rare dans l'œuvre de van der Heyden , dont le talent s'est consacré presque exclusivement à reproduire des intérieurs de ville, des places, des rues, des canaux bordés de maisons.
M. de Hertford a aussi envoyé une des plus grandes marines que Willem van de Vdde ait peintes : 8 pieds de large sur 6 pieds de haut ! La célèbre Vue de la ville d'Amsterdam, prise de l'Y (n"" 299 du musée d'Amster* dam) , n'a que 5 pieds 4 pouces de hauteur, mais elle est large de 10 pieds. Elle n'est pas, il s'en &ut lûen, d'une qualité aussi extraordinaire que la marine de Manchester , représentant une Mer calme avec beaucoup de navires, dont plusieurs sont assez grands pour qu'on en distingue tous les détails peints à la perfecti(m, et tous les hommes d'équipage occupés à leurs divers travaux.
PersMine n'a réussi à faire les calmes comme Willem van de Velde. Ruysdael, c'est peut-être le seul, l'a égalé dans l'expression des mers tempétueuses ; mais, pour peindre l'eau unie et tranquille, sur laquelle le
regard glisse à Tinfini dans les profondeurs de l'horizon, Willem est incomparable. Bakhuysen, trop estimé à mon avis , n'approche pas de lui, — et, à côté de lui, tous les peintres modernes n'existent pas. Quant à Claude, c'est le ciel, et non la mer, qui donne la valeur à ses tableaux.
Après ce chef-d'œuvre , je mentionnerai seulement les neuf autres Willem van de Velde, dont plusieurs valent 2000 livres sterling : un Combat maritime, au comte de Listowel; — la Flotte hollandaise aux bouches de la Tamise, à lord Hatherton ; — un Calme, à M. G. Field ; — un autre Calme, à M. James Tulloch; — une excellente Tempête, au comte de Warwick ; — une Marine , datée 1667 , à M. Francis Edvirards ; — une autre, à lord Overstone ; — une Mer agitée, à M. Edward Loyd ; — et un curieux tableau : Sir Phineas Pett et le vaisseau Sovereign Royale nommé par les Hollandais, dit le catalogue, le Diable d'or {the golden Devil), au comte de Yarborough ; la moitié gauche du tableau est une marine avec ce Diable d^or ; la moitié droite est occupée, du haut en bas, par un pan de rocher sombre, sur lequel se dessine, à mi-corps et de grandeur naturelle, un personnage, sir Phineas sans doute. Cette figure serait-elle aussi de Willem, par hasard ? C'est difficile à croire et impossible & voir, car la toile est tout en haut, dans une mauvaise lumière. Peut-être sir Phineas est-il de Kneller ou de quelque autre peintre de portraits, avec qui Willem a collaboré K
1 . Je n'ai pas très-bien vu toutes ces marines attribuées à Willem.
Les six Adriaan van Ostade sont tous de première qualité et dans des genres très-différents.
1° La fameuse Adoration des Bergers, signée et datée 1667, avec les portraits d' Adriaan et de sa femme, sous prétexte de saint Joseph et de la Vierge Marie. Dans Tintérieur d'une étable, la mère, assise à gauche, contemple son enfant couché dans un berceau ; derrière elle est assis le père, tenant un livre dans sa main. Quatre bergers, dont deux agenouillés, une femme et un enfant ; on dit que ces figures sont aussi des portraits de la famille van Ostade : il serait curieux de les comparer à celles du délicieux tableau du Louvre (n" 369). Sur la droite, une échappée de paysage, par une. porte cintrée, près de laquelle on devine dans l'ombre deux figures et un âne. « Cette admirable peinture, dit Smith, est finie avec un soin extraordinaire et dans la plus brillante couleur de Far liste. » 1 pied 6 pouces de haut et 16 pouces de large. Sur toile.
Voici la noble tradition de cette Sainte Famille, qui ferait un beau pendant au Ménage du menuisier, de Rembrandt (Louvre n«* 410) : en 1736, elle était chez Mme de Reuver, à Haarlem, où elle fut acquise pour 1$ galerie de Hesse-Gassel ; en 1808, les « chances de la guerre » la firent passer dans la galerie de Joséphine, à la Malmaison, A la vente de Joséphine, M. delà Hante Tacheta, et il la revendit à M. J. Webb. En 1823, elle était dans la collection du chevalier Érard. Aujourd'hui, elle appartient à M. John Walter, du Times.
Quelques-unes pourraient être de son père , Willem van de Velde le vieux.
314 LES MAlTS£S ANCIENS.
2* Des Musiciens ; à la rehie (Buckiugbam Palaœ). Signé et daté ld56« 3iur bois. Hauteur 1 pied 5 pouces, largeur 1 pkd 9 pouces. ProYeoant de la collection Baring. Exposé en 1826 et 1827 à la British Institution. Cinq figures principales, autour d*une table ronde, sur la gauche, près d'une fenêtre par où yîent la lumière : un homme en rouge joue du violon ; un homme et une femme tenant un papier de musique chantent; derrière eux, un homme debout tient sa pipe; le cinqmème, vu de dos, tient un pot et un verre; au fond, vers la droite, une cheminée et sept figures dans la temi-temte.
Viennent ensuite : un Intérieur avec des paysans après dîner; à M. R. S. HoUbrd; excellente peinture, signée et datée 1661. — Des Joueurs de quille, à M. G. Field; tableau très-vanté par M. Waagen, mais Bioins blond que les autres. — Un Intérieur de cour, sans figures; à lord Overstone; il est intitulé Still Life : au lieu de dire nature morte y les Anglais disent eanstenee calmer vk trangmlle (still life), c'est bien mieux dit, car il n'y a rien de mort dans la nature.
Cette peinture d'objets matériels est une merveille ei un chef-d'œuvre tout simplement K Elle vient de la
1. « Il est difficile, dit Smith {n? 174), de concevoir comment un tableau composé d» pareils objets peut avoir d« rintér^ ; il en est akisi pourtant. QutfUe que soit rinsignifianee de84)bjets représentés, s'ils sont arrangés avec une adresse ingénieuse, très-naïvement exprimés par le dessin et la couleur , et rehaussés par une heureuse coinUnaiAn de dair^bsear , la peinture en peut quelquefois posséder du charme et satisfaire par un certain attrait les véritables amateurs de Tart. L'Ostade dont il s'agit est de ce genre , et il peut toe cité CAmiae ua parfait modèle de représentation des objets de nature morte {ohjects of still life). »
GooQle
ËGOLES DU KORD. 315
▼ente du baron Denon, 1826, où elle ftit achetée 7410 ftnncs par M. Emmerson. Elle était en 1829 dan la collection de M. William Wells. Une fenêtre, une vigne qui court contre une muraille, une pompe, des baquets et autres ustensiles de ménage, des poissons sur une passoire et sur une planche, quelques pots et de menus brimborions, voilà tout. Mais c'est d'un ton, mais c'est d'une adresse de touche, mais c'est d'une harmonie , extraordinaires I Gela ferait mieux dans un atelier de peintre qu'une Madone glorieuse de Sassoferrato.
Le sixième Ostade porté au catalogue est une Danse de paysans, signée et dotée 1660, gravée par Woollett, provenant de la collection du duc de Berrî, et appartenant à sir Antony Rothschild. Il n'y a qu'un malheur, c'est que ces villageois en goguettes, comme le Bouc, de Rembrandt, sont restés à la porte, — faute de serment! — Du moins ce tableau de M. de Rothschild ni aucun autre de sa galerie ne sont arrivés à TExhibitfon.
En dédommagement, nous avons trouvé un Ostade non catalogué S et de sa plus belle manière : Intérieur de cour, mais av«c des personnages, cette fois. Une femme asâse lave des moules ; un paysan, accoté à une demi-porte ouverte, la regarde ; près d'elle, une fillette tient un enfant; en avant, à droite, un petit garçon fait danser un chien, et une petite fille joue, assise par teire. Le long du mur de la maison grim-
1. Catalogué dans le nouveau tirage : « Des Paysans dans une cour; à M. H. T. Hope. »
316 LES HâITRES ANCIENS.
pent des pampres. C'est vigoureux et clair en même temps, très-large d'exécution et très-spirituel dans les détails. Signé et daté 1673. Hauteur 1 pied et demi sur 14 pouces.
Je ne crois pas qu'on puisse juger Isack van Ostade nulle part ailleurs mieux qu'à Manchester. Quatre tableaux de premier ordre, surtout deux Halles de voyageurs , appartenant l'une à M. Holford , l'autre à Buckingham Palace.
Le tableau de Buckingham Palace n'a que 2 pieds 9 pouces de large sur 2 pieds de haut, mais il est richement rempli. Une voilure attelée d'un cheval blanc, des voyageurs, des paysans, des troupeaux, sont arrêtés à la porte d'une auberge sur une grande route. Plusieurs des personnages seraient dignes de Guyp. Provenant de la collection Geldermeester. Exposé en 1826 et 1827 à la British Institution.
Le tableau de M. Holford, 4 pieds sur 2 pieds 8 pouces, est aussi bon qu'un Adriaan, sauf le ciel, qui n'est pas si transparent. H y a des charrettes, des cavaliers, des musiciens, des buveurs, des enfants, des animaux, des poules,, toujours en avant d'une hôtellerie. Ohl la bonne hôtellerie pour Sancho Pança! Peut-être ne citerait-on au-dessus de ce tableau, dans l'œuvre d'Isack, que la fameuse Entrée de village, qui fit partie des galeries Choiseul et Érard, et qui est aujourd'hui chez lady Peel. L'Hôtellerie de M. Holford vient de la collection Paul Methuen. Smith, en 1829, ^'estimait 500 guinées. Elle en vaut plus de 1000 à présent. C'est déjà cher pour un Isack!
M. F. Perkins a envoyé un troisième Isack van Os-
tade , encore bien plus grand, 6 pieds de large environ. Sorte de kermesse , de réjouissance, que les' Hollandais baptisent ordinairemoat : Compagnie joyeuse, et les Anglais : Merry-making ; on'pourrait traduire familièrement en français : Gens qui font la nœe.
Le quatrième Isack, toujours de belle qualité et de grande dimension , 4 pieds et demi sur 3 pieds et demi. Scène de village, appartient à M. R. Sanderson.
Peeter de Hooch, pour le dernier. Il doria bien cette longue suite de Hollandais, inaugurée par Rembrandt, à qui il ressemble , comme perfection du clair-obscur et justesse de la lumière dans ses éclats. On ne connaît point son maître, mais c'est Rembrandt qui Tbst.
Peeler de Hooch est très-rare. De lui, cependant, la Louvre possède un chef-d'œuvre , la Partie de cartes (n« 224). M. Waagen, dans ses Kunsiwerkein England, ne citait que neuf de Hooch , dont trois datés de 1658. Les quatre* exposés à Manchester ne sont point de ces neuf, et l'on enr trouverait encore plus de. neuf autres en Angleterre, car les Anglais aiment beaucoup cet artiste si original et si savant. Buckingham Palace en a trois, et la galerie Robert Peel deux. Il en reste cependant de très-merveilleux dans les collections hollandaises.
L'Intérieur avec figures, à M. Hoveard Galton, est d'une assez grande dimension, 3 pieds sur 2, et d'une véritable beauté.
Dans un péristyle, i*un gris marmoréen, décoré de
1. a Quatre chefs-d'oearre , » dit M. Waagen, dans la Revue miversille des Arts. t
3i8 LES MAtTRBS ANGIBî^S.
eokmms cannelée , se promènent un gentleman et et une lady ; ih ctuBent ensemble ; elie sourit , il ted conte quelque fleurette. L'homme , eoiffé d'un large chapeau à plumes blanches et roses,, porte sur Yé^ paule, par-dessus son pouii)oint de satin blanc, un manteau rouge brodé d'or. Elle, qu'on voit de profil sous sa cape noire, a une robe bleue brodée d'or au corsage , un jupon jaune dont elle soulère un pli par un geste élégant de sa main droite; elle tient daœ la main gauche un éyentail. Ces figures ont à peu près 1 pied de proportion.
Au fond du yestibule s'ourrent une porte d'escalier et une porte de salcm à fenêtres; à gauche, entre deux colonnes, une servante chargée d'un petit enfant ; sur les dalles, en ayant du eouple amoureux, rai épagueul le regarde avec une physionomie très^intelUgento.
Il passe dans ce tableau un pirestigieux rayon de soleil, qui Tient on ne sait d'où, frappe à moitié corps les personnages , sur la reste de satin blanc, sur la jupe citron, tremblote contre le mur, et se perd dans des p^iombnes traonsparentes. Sffet à la Renn brandi.
A M< John Walter apf»artîent un tableau d'vn tout autre genre, Scène de jardin, en plein air, où Peeta* de Hoœb n'est pas moins e^oeeUent que dans ses Intérieurs. On joua aux quîUes sur une allée , entre des massifs d'arbres symétriquement taillés à la hoUan* daise. li» maison s'aperfoit au second plan. Je crois avoir vu ce tableau dans ime collection d'Amsterdam , et M. Paul Perrier, si je ne me trompe, en a possédé un analogue. Smith en signale deux aussi, qui, de son
tezope , ébôent l'un chez M. Eaunerson., l'autre cbâ^ M* George Momnt, dès qualre-ià n'en ftmt peut-être que deux, y compris luêine celui de M, Wdter? Tou-jours esl^ que Peeter de Hoœh a. rèpétë deu^ ou plu- .sieurs fois ce sujet.
Sa troisième œuvre à Manchester représente une Vieille femme occupée à faire un lit, tout en surveil*^ lant un enfant debout près d'une porte vitrée. Il y a ans» deux tableaux presque êe^blables de cette G^m-» position : l'un à Stafford Hoiise; l'autre, qui a fa|t partie de la coUeetion Six d'Am$terââm, doit êbre celiù qu'on Toit à Manttoster, et qui appartient à M» Edward Loyd.
Le quatrième de Qoocb, une Nourrice, n'est pas catalogués et je se sais de quelle collection il vi^nt. Peut^re est-ce le tableau q«d a |âssé dans ks ventes Helsleuter et Panne. Le grand eaitalogue -^ qu'on at-* tend toujours 1 — nous renseignera là-dessus , et sans (toute sur beaucoup d'autres poinâs que le catalogue provisoire, si erroné, n*a pas peu contribué à embrouiller, mènae pour les amateurs au courant de l'histoire de l'art et de ia tradition des tableaux.
QuelLa série de maîtres habiles et justement estimés nous avmis parcourue dans cette seule école lu^llan^ daise*, si absolument diïférente de toutes les autres !
l.Ostaiogaé dus la lumnUe éditioii, oonitt* aftpatrienaot à M. Pinpps.
2. Oa trouve MMsiqMlqve&desaiiiBvée' Boal^es àoIUiuilEii&, 40«ré» dans la gaitrie des aquauiiistBaL : .
Un beau dessin de BembnBdl, Jeune gyrQeifc (les dei»i é<litians . du ealâlogtte disent : a Girl) ea^bapeau à gcands b^rds, ^ppwyà sur «M d«Bii*porte; À la plWe.et Ti^OHQSoaeineotj^lf^ au^kûlrts^
3S0 LES MàITRES ANCIENS.
On n'a pas assez remarqué ce mouvement singulier de l'art au xvn* siècle , non-seulement chez les Hollandais, dont l'inspiration, ou, si l'on veut, le genre et les sujets, dont les sentiments et les idées, aussi bien que leurs procédés d'exécution, sont des nouveautés, mais chez leSvFIamands et chez les Espagnols, qui se différencient également de l'art italien par des préoccupations et des pratiques toutes nouvelles. Comme ils recherchent les effets naturels par la couleur et par le mouvement, on a voulu les appeler des naturalistes , en opposition aux adorateurs du mysticisme et aux abstracteurs de quintessence. Mais les Byzantins du xiv« siècle anathématisaîent sans doute, comme des hérésiarques, Giotto etOrcagna, dont les tentatives scandaleuses devaient aboutir à l'horrible . naturalisme de la Galatée de Raphaël , toute nue et si belle , aux grandes académies du Jugement der-
provenant de plusieurs collections célèbres, Ploos van Amstel, d'Amsterdam , sir Thomas Lawrence , William Esdaile , etc. , et appartenant aujourd'hui à M. T. M. Whitehead.
Deux dessins exquis , d'Adrîaan van Ostade , hauts de 8 pouces , larges de 5 pouces, appartenant à Mrs Garle. Signés et datés 1673. Ce sont de véritables aquarelles sur un croquis à la plume. Dans l'Intérieur de cour, il y a huit ou dix personnages : une femme qui lave*, une petite fille près d'elle-, en avant, à droite, trois enfants; au second plan , à gauche , trois hommes et un enfant. Des vignes grimpent contre les murailles de la maison ombragée par des arbres, première qualité du maître.
De Cornelis Dusart, deux bons Intérieurs; de Moucherom, un Parc; de van Huysum, une; douzaine de pastels admirables. Fruits et Fleurs; la plupart appartenant à M. William Russell, les autres à M. Holmes , l'organisateur de la section des aquarellistes.
C'est tout ce qu'il y a des anciens maîtres, avec un superbe Jordaens , un Chasseur et des chiens , au rév. docteur WeUesley ; et un faux Watteau , Tète de femme , qui est de l'école de Boucher.
nier de Michel-Ange, aux Vénus du Corrége et du Tilien.
Il ne faut pas juger les arts du point de vue dupasse, mais du point de vue de Tavenir, L'art est toujours en avant de l'idée : c'est sa qualité, puisqu'il est le sentiment spontané qui précède la réflexion.
Peut-être les écoles naturalistes du xvu* siècle sontelles un commencement, au lieu d'être une fin.
Si c'était une naissance véritable, au lieu d'une renaissance passagère I
Peut-être approchons-nous d'un temps où, comme jadis après le grand art de l'Antiquité , on devra tirer une barre après le grand art de la Renaissance italienne, qui est complet et qui est mort par conséquent : c'est la destinée de toute existence lorsqu'elle a atteint son but.
Peut-être l'art reconmiencera-t-il un nouveau cycle, dans lequel il arrivera aussi à exprimer la beauté idéale dans une forme imprévue et avec des moyens perfectionnés.
Le critiqué d'un grand journal français * écrivait, l'autre jour : « Les dieux s'en vont , de la peinture moderne, les dieux et les héros. » Si les dieux et les héros s'en vont, qui donc vient? Ne serait-ce point l'homme?