‹ Trésors d'art en AngleterreChapitre 8 sur 52 · Vendu $0 guinées · texte numérisé non relu

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drât», et sans doute il a figuré ausd dans des eoHictions célèbres. Aujourd'hui à lord Scarsdide. Grvfè dans Landoii et cité dans Passamnt.

Ihi même temps à peu près est, je pense, une autre Agonie dans le jardin des Olrriers, peinte pour Gruidubaldo, duc d'Urbin, et provenant du pakns Ga-* farielli à Renne. G*est un yéritaUe et magnifique ta* bleau, quoique de petite proportion : 2 pieds 3 powceè et demi de large , sur 1 pied 7 pouces et demi de haut. M. W. Fuller Maitland Fa acquis à la Tente Coningham en 1849. Yasari le mentionne dans sa Vie de Raphaél, et M. Passavant^ qui en a domné une gravure par L. Grtiner, l'a décrit avec une prédilection particulière. On y trouve encore tout le sentiment profond et naïf du Pârugin^ mais avec im cer* tain affranchissement des traditions ombriennes et la recherche de nouvelles combinaisons dans les lignes du dessin et le mouvement des figures, qui ont environ 1 pied de proportion. Le Christ, de profil et touillé vers la gauche , est agenouillé sur une émî* nence, le regard levé vers le ciel, où, dans une gloire lumineuse, apparaît un petit ange. Il a une robe rouge et un grand manteau Ueu , simplement et savamment drapés. Au-dessous de lui , et au premier plan, trois apôtres endormis, mut Pierre au milieu; tous nimbés comme le Christ. On vante avec raison les difficiles raccourcis de ces personnages coudnés dans des attitudes variées. Au second plan,, à droite. Judas arrive avec sa bourse, au milieu d'un groupe de soldats. Ces figures s'arrangent très-bien dans te paysage, dont la perspective est irréprochable*

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La même figure du Christ agenouillé, mais moins grande, et avec quelques variantes, est reproduite, toute seule, dans un petit morceau de predella, qui n'a pas 4 pouces de large. L'exécution en est plus fine et plus exquise encore que dans le tableau précédent. On dirait un Pérugin exceptionnel, de la qualité des cinq petits pendants que nous avons déjà mentionnés. L'ange microscopique, qui plane en l'air, a changé de robe j il est en jaune et non plus en rouge. Le fond du paysage aussi est tout autre.

Une Madone, acquise par le comte Cowper à Florence, lorsqu'il y était ambassadeur, est encore classée dans cette année 1505 par M. Passavant. La Vierge à mi-corps et mi-nature, est assise de face; elle a lin corsage rouge, et sur les genoux une draperie bleue. Sur sa main gauche elle porte l'Enfant, comme on tient un fruit dans la paume de la main. Lui, de ses deux bras, entoure le cou de sa mère, et, de son petit pied, lui foule la main droite. Ce mouvement de spontanéité enfantine est délicieux. Une expression de tendresse maternelle et une chaste sérénité animent la physionomie de la Vierge. Bien des artistes préfèrent les premières Madones de Raphaël à celles de sa troisième manière, et le Times, parlant de cette Vierge de 1506, remarque justement qu'elle est plutôt l'idéal de la maternité qu'une figure composée dans « un système théologique. »

1606. Les Trois Grâces. Cette charmante composition est très-connue par la gravure de Porster. Elle a été gravée aussi par Sherwin. Elle provient de la galerie Borghèse à Rome. Sir Thomas Lawrence l'a-

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cheta de M. Woodburn. L'académie de Venise possède du même sujet un dessin original, fait très-probablement d'après le célèbre groupe antique de la bibliothèque de la cathédrale de Sienne. Le petit tableau , appartenant aujourd'hui à lord Ward , n'a pas plus de 5 à 6 pouces carrés.

Le comte Cowper possède une seconde Madone, enlevée également à Florence ^ du temps de son ambassade. Gomme puissance d'exécution, elle est supérieure à celle de 1505. Aussi porte-t-<elle, dans la bordure du corsage à raies d'or, sa date MDvni, suivie des initiales R. V. La Vierge assise, à mi-corps, presque de profil à gauche, et la tète un peu inclinée, regarde de ses longs yeux l'Enfant qu'elle lient sur ses genoux. Sur le haut des cheveux est un léger voile. Des manches vertes sortent du corsage rouge. Le jupon est bleu. Le Bambino, à peu près de grandeur naturelle, assis tout nu sur un coussin blanc, glisse sa main dans le sein de sa mère, et retourne la tète de face, en riant; il a une auréole, comme la Vierge. Tous deux se découpent sur un fond de ciel bleu verdâtre, assez clair. Le modelé de cet enfant, de la tète surtout, est extraordinaire. La saine joie qui illumine son visage est communicative, et le Times a raison quand il hasarde comme une critique , que cette gaieté enfantine n'a « rien de mystérieux ni de surhumain. » Assurément, et c'est ce qui en fait le charme. C'est très-humain, en effet; et tant mieux I

Ce bel enfant a ses papiers en règle, comme on le pense bien. Le tableau vient de la Casa Niccolini. Il est mentionné dans Cinelli (1677), décrit par MM. Waagen

et Passavant, et il a été gouvent gravé : par Perfetti, en 1831 ; par George Doo, en 1836; par Hoflfer, dans te Voyage â^ari en Angleterre^ etc., de M. Passavant ; par M. G. Scharf, dans Touvrage de Kugiersiirla peinture italienne, etc.

Voici une troisième Madone, la plus belle peut-être. Elle appartient, suivant le catalogue, à M. Mackinto^, et suivant le Times ^ à Miss Burdett Gouits. Elle é^it autrefois à la galerie d'Orléans^; elle a passé dons la collection H. Hope et Samuel Rogers. Gravée par Flipart dans la Galerie d'Orléans; dans Kugler aussi. Décrite par Landon, Jameson, Passavant, Waagen, etc. Elle est très-peu plus petite que nature; la tête de te. mère et celle de Tenfant se touchent presque, et sont vues de face, sans auréoles. Elles se dessinent sur un ciel pâle et profond , au-dessous duquel est indiqué par grands plans un paysage trës-simple. Cette sobriété de l'entourage donne au groupe un caractère, sinon « mystérieux, » du moins très-poétique. La Vierge a les yeux timidement baissés; de sa main droite elle entoure la taille de son enfant, dont elle tient le petit pied dans sa main gauche. Corsage gris, manches rouges, jupon vert. Un voile, attaché aux cheveux, flotte, presque imperceptible, autour d'eUe. dette peinture est si doucement harmonieuse, qu*ellc semble comme effacée et un peu éteinte. On la pourrait prendre pour une ébaucbe très-avancée, d'un seul jet. Elle n'a pas la réalité de la Madone à l'Enfant qui rit. C'est une autre expression de tendresse, ptas in-

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