Trésors des Églises de Reims
A ville de Reims est, pour quiconque étudié, une mine inépuisable de recherches ; le chroniqueur, l’économiste, l’écrivain religieux, l’ami des arts, trouvent chaque jour à apprendre sur cette terre si riche de passé , de présent et d’avenir. Illustre sous les Romains , une des reines de la Gaule des Francs , berceau du cliristianisme politique , Reims a vu fleurir dans son sein tout ce qui fait la gloire et le bonheur des nations , les beaux-arts, les sciences les lettres. De tout ce brillant passé, que reste-t-il aujourd’hui? des ruines qui s’anéantissent, des souvenirs qui se taisent sans cesse devant les intérêts présents, des traditions qui s’altèrent et disparaîtraient bientôt sans retour, si, de temps à autre, quelques-uns de ces hommes qui ont conservé, au milieu des passions de la France nouvelle, le culte de la vieille patrie, ne remettaient en honneur la mémoire de ce q«ii n’est plus.
J’ai voulu . comme tous les membres de l’Academie de Reims, payer le tribut à la grande cité dont j’ai tant de fois étudié l’histoire, et je me suis mis à l’œuvre. Le sujet que je traite doit laisser calmes les sympathies de cœur, les affections ou les haines de partis ; ce n’est pas à elles que je m’adresse. Je me suis isolé de la vie présente, j’ai remonté l’échelle des âges, et chemin faisant j’ai recueilli des notes sur tout ce dont les arts avaient enrichi les églises rémoises depuis l’origine du culte catholique jusqu’à nos jours.
M. Maquart , membre de l’Académie de Reims, a bien voulu s’associer à mes travaux. 11 s’est chargé d’illustrer mon œuvre en reproduisant les débris du passé qui ont échappé au temps et aux révolutions, les produits de fart moderne qui ont remplacé dignement les anciens joyaux de nos vieilles églises.
Je dois adresser mes remeicîments à Monseigneur l’Archevêque de Reims, à M. Querry, vicaire-général, à MM. les Curés et Ecclésiastiques du diocèse qui ont bien voulu aider et faciliter nos recherches. L’obligeance de M. Paris, bil)liolhccaire de la ville, a été aussi mise par nous à l’épreuve ; elle ne nous a pas fait défaut.
Aux dessins de M. Maquart, aux notes que j’ai recueillies, je joindrai quelques documents historiques , soit inédits , soit utiles à réimprimer. J’ai fait, pour rendre mon ouvrage complet, tout ce que les circonstances m’ont permis de faire. L’étude des détails historiques demande nombie d’années, mais la vie est courte et sa course est rapide. 11 faut savoir, de temps à autre, s’arrêter dans sa marche et classer le peu qu’on a récolté : c’est ce que j’ai tâché de faire. Que le lecteur n’en cherche pas plus dans le livre que je publie, ses espérances seraient déçues. Puisse-t-il, en ne me demandant que ce que j’ai promis , lire avec ([uelque intérêt ce qui va suivre!
Prosper Tarbé.