DESSINS (1) DE LA MITRE (2) DONNÉE PAR M. LE CARDINAL DE LORRAINE
Au rang du bas quarante-six perles, grosses harroques, d’environ du poids de six grains l’une portant l’autre.
Au coté droit, sur le bas, six roses de soixante-dix perles, que rondes, que baroques, plattes, petites que grosses, au milieu desquelles roses est un grenat garni d’or de cinq pièces.
Au coté gauche il n’y a aucune rose de perles, ni grenat pour correspondre aux autres du coté droit.
Au coté droit, la bordure de la mitre garnie de cent cinq perles rondes, barroques, rousses et blanches, du poids de 3 à 4 grains.
Au coté gauche, la bordure parais‘ant garnie de cent vingt-trois [lerles de même qualité que les précédentes.
Au bas de la mitre, entre les deux rangées de perles, il y a au milieu une croix de quatre diamants taillés en table longue, avec un rubis au milieu taillé en table carrée, au bout du haut de la dite croix un diamant en table de triangle, carré, relevé au milieu, aux deux cotés du bas de la croix trois roses de grenats de cinq pièces chacune, le tout garni d’or.
Aux deux cotés de la dite croix sont doux portraits d’or émaillés ronds, représentant saint Pierre du coté gauche, et du coté droit saint (ihristophe (3).
Entre le portrait de saint Pierre et la dite croix sont deux cabochons en rubis garnis d’or, avec une garniture d’or massif à jour, emaillée de bleu, vert, blanc et rouge; les cabochons sont plus grands que ceux ci-après.
Entre le portrait de saint Christophe et la croix sont deux cabochons de rubis et garniture d’or du même.
(I ) Celle descriplion parait avoir été faite vers lü70. C'est ce rpii résulte des estimations relatées dans la pièce qui précède, et d’une note que nous publions à la fin de ce chapitre.
(2) En 1669, on l’estimait quarante-cinq mille livres. (Note de l’inventaire.)
(5) Le lecteur ne sera peut-être pas fàclié de retrouver ici (piebiues détails sur deux mitres qui ap-
Entre le portrait de saint Pierre et de saint Christophe et la bordure sont fjuatre cabochons de rubis, savoir : deux de cbaciin coté garnis d’or émaillé.
Au milieu de la mittre, du coté droit, se trouve un amatiste garni de quatre diamants, dont deux taillés en table carrée, savoir, celui du haut et du bas; les deux autres, l’un du coté droit, en triangle, et celui du coté gauche , en pointe.
Au dessous sont cinq cabochons de rubis, deux de table carrée, 1 un plus grand que l’autre, et trois en triangle; le tout garni d’or.
Au milieu de la mitre, du coté gauebe , au dessus du portrait de saint Pierre, est attaché un grand rubis garni de ({uatre diamants, dont deux sont taillés on table carrée, savoir, celui du haut et celui du coté gauche et celui du bas en triangle, et celui coté droit en pointe carrée pareille à celui du coté droit qui est au coté gauche de l’amatiste.
Au dessus sont cinq cabochons de rubis, dont l’un est taillé en table carrée longue et les autres carrés.
Dans le milieu de la mitre , au-dessus de la croix de diamants , audessus du diamant qui est au-dessous de la croix , sont deux cabochons de rubis petits garnis d’or.
Plus haut est une rose de cim[ petits grenats garnis d’or.
Plus haut deux cabochons de rubis plus grands que les précédents.
Plus haut une rose de cinq pièces de diamants taillés en facettes.
partenaient à Ricliaid l’irpie, arclievè(pie de Keims. Us pouiTont lui servie de point de comparaison. Les objets dont s’agit furent inventoriés en 1589, et nouscopions textuellement l’inventaire ;
U Une mitre dont le champ est de semeuses de pelles {a), et en laquelle sont les choses qui s’ensui- » vent ; c’est asavoir ; à l’un des liez (b) de ladite mitre, six salTirs, trois rubis, soixante-sept pierres » seniblans rubis troid)les, neuf esmeraudes grosseües, cinquante-sept moyennes esmeraudes, deux » pierres taillées, l une à crucifix blanc et l’autre à une annonciation noire, huit grosses pelles et » plusieurs autres menues pierres ; et à l’autre liez derrière ladite mitre, quatre gros saffirs, sept » gros rubis, trois moyens rubis, six grosses esmeraudes, huit moyennes esmeraudes, huit grosses » pelles, et plusieurs autres pierres tans rubis, esmeraudes et pierres; et en chacun des costés de « ladite mittre, un rubis gros et autres pierres, et les deux pendants derrière à cinq pierres ; c’est » assavoir : à l’un trois, et à l’autre deux, et à chacun desdils pendants, six bastonnes d’or pendant
à chaine d or. Une autre mittre de broderie d’un coté à l'image saint Nicolas et saint Etienne, et » d’autre costé Notre-Dame et saint .Jean (c).»
(a) Pelles ; perles.
h) Liez : côté.
(c) Gomme on le voit, ces mitres ont une grande .inalogie avec celle de iU. de Lorraine, et les artistes du Xive siècle paraissaient rivaliser avec ceus du xvi®.
Plus haut sont deux cabochons de rubis de môme grosseur que les précédents.
Plus haut, dans le milieu, une belle turquoise de vieille roche ; elle est garnie d’or.
Plus haut , deux cabochons (Ij de rubis, l’iin taillé en table carrée, et l’autre de même que les précédents.
Plus haut, dans le milieu, une rose de cinq petits grenats.
Au haut de la mitre sont deux cabochons de rubis , dont l’un est en triangle et l’autre carré.
Au plus haut de la mitre, faisant la pointe de la mitre, est une figure d’or de saint Michel ayant un dragon à ses pieds, émaillé de bleu ; sur la figure de saint Michel y a treize diamants tant petits que grands, taillés en table, les uns triangle, les autres longues, outre deux qui sont perdus, l’un était au et l’autre au poignet.
Au bas de ladite mitre , sont deux pandeloques chacune garnie de quatre boutons d’or en forme de masse , ornée d’ouvrage d’or massif émaillé de vert, blanc, bleu et rouge avec sept cabochons de rubis sur chacune pandeloque, accompagnée de rosette d’or; sur l’une un écusson de trois fleurs-de-lys , et sur l’autre un écusson orné de fleurs-delys de Bretagne.
Au bas de la mitre sont quarante-six perles grosses rondes de six à huit grains pièce.
Au coté droit sont cent vingt-six perles grandes de trois à quatre grains, belles, rousses.
Au coté gauche sont cent vingt-cinq perles belles, rondes, blanches et rousses.
Au bas de la mitre du coté gauche , six roses de quatrevingt-une perles petites, rondes, baroques.
Au bas, entre les deux plus basses roses de perles, est une rose de grenats garnie d’or et de cincj petits grenats.
Au milieu de la bande du bas est un nom de .îésus garni de trenteun diamants taillés en facette table tant grands que petits ; au-dessus du nom de Jésus est un cabochon de rubis garni d’or en triangle.
Aux deux costés du nom de Jésus sont quatre cabochons de rubis, deux de chacun coslé garni d’or.
(1) Le terme cabochon, que le lecteur a déjà remarqué plusieurs fois, désigne une pierre précieuse polie, mais non taillee. C’est dans cet état que se trouvaient en grande partie les pierres fines qui enrichissaient le trésor de Reims.
Au coté desdicls cabochons de rubis sont deux portraits d’or en rond représentant, celui du costé droit l’ange Gabriel, et celui du costé gauche une Vierge.
Entre le portrait de l’ange Gabriel et le bas de la mitre sont deux cabochons de rubis.
Entre le portrait de la Vierge et le bord de la mitre sont deux cabochons de rubis de même que les précédents.
Au milieu de la mitre, du coté droit, marqué 1 , la grande pierre est perdue; au-dessus est un grand diamant, taillé en facette, celui du bas taillé en table, celui du coté droit taillé en table, celui du coté gauche taillé en pointe.
Au dessus sont six cabochons de rubis, deux taillés en table, l’un beaucoup plus grand que l’autre; aussi un fleuron garni de trois diamants taillés en facettes , avec un autre cabochon de rubis au dessous fesant une fleur-de-lys.
Au milieu de la mitre, du coté gauche, un grand rubis, au dessus un beau diamant triangle, taillé en table, garni d’or; au dessous un autre diamant triangle, taillé en table, moindre que le précédent; au coté droit un diamant taillé en pointe, et du coté gauche un autre diamant taillé en triangle.
Au dessus sont six cabochons de rubis, deux taillés en table de môme grandeur presque; un fleuron garni de trois diamants et taillés en facettes, avec un autre cabochon de rubis faisant la fleur-de-lys.
Dans le milieu de la mitre , au dessus du nom de Jésus, est un cabochon de rubis en triangle , garni d’or.
Plus haut, deux cabochons de rubis, l’un carré et l’autre long.
Plus haut, une rose de sept grenats et un diamant taillé en facette, et un diamant en pointe au milieu.
Plus haut, deux cabochons de rubis en carré.
Plus haut, une rose de cinq diamants taillés en facettes.
Plus haut, deux cabochons de rubis, l’un triangle, l’autre longue triangle.
Plus haut , une rose de cinq grenats.
Plus haut, deux cabochons de rubis carré long.
Plus haut, au milieu, une turquoise de vieille roche en [)ointe fort belle et grosse.
Plus haut, deux cabochons de rubis.
Plus haut, un beau et assez grand cabochon de rubis en carré.
Au haut de la mitre, faisant la pointe, une figure de saint Michel
tenant une rondache , la tète d’or , avec un dragon à ses pieds , aussi
Le dit saint Michel garni de quatorze diamants, tant gros que petits, et un quinzième sur la rondache.
Le tout pesant six marcs six onces six trezeaux (4).
(1) A la suite de celte description se trouvent les deux notes dont la teneur suit :
<1 Le 6 août 1673 , sur les dix heures du matin , M. le grand-archidiacre Dey et moi avons mis la )) mitre précieuse de M. le cardinal de Lorraine entre les mains de Monseigneur l’archevécpie qui a » désiré la faire raccommoder; elle était dans l’étui de cuir noir, et l’étui dans une cassette de ma- 1) roquin rouge de laquelle on lui a donné la clef.
» Le même jour, on a mis es mains de mondit seigneur archevêque le portrait de Monseigneur le » cardinal de Lorraine , qui était sur son tombeau, et celui du cardinal de Pelieve , qui était dans la » sacristie, pour en faire faire des copies. Le tout par ordre et conclusion du Chapitre. »
d’or.