SANCTUAIRE, CHŒUR ET ARR1ÈRE-CI1Œ:UR
U grand-aulel sont attachées deux tables , dont l’une représente Notre-Seigneur porté au saint-sé-
(1) ta pièce que nous publions n’est malheureusement qu’un extrait. Cela résulte d’abord de son titre, ensuite d’une mention qui se trouve à la fin. 11 y est dit que ce document est le résumé d’un inventaire plus long, déposé aux archives du Chapitre. Si nous n’avons pas publié cette description, c’est que cela ne nous a pas été possible.
Les objets ici ne sont indiqués que d’une manière très-succincte. Le lecteur reconnaîtra facilementtousceuxquiont figuré dans l’inventaire de 1669. On constatera de nombreuses pertes essuyées par le trésor. Les années 1689 , 1756 et 1789 lui avaient enlevé une partie de ses richesses. Nous laisserons au lecteur le soin de compter les morts. Le récolement que nous pourrions faire serait fastidieux et n’aurait aucune utilité. Quelque concise que soit la description de chaque objet, on y retrouvera parfois omis dans celle faite en 1669. De plus,
pulcre ; l’autre, derrière le dict autel, représente le baptême de Clovis (1).
Un ciboire de vermeil , suspendu au dict autel avec un pavillon aussi de vermeil.
Deux chérubins de vermeil aux deux cotés du devant d’autel, une croix , six chandeliers de bronze doré.
Six autres chandeliers de cuivre, au bout du sanctuaire.
Six autres ■ ciselés , dont deux sur l’autel du cardinal; les quatre autres dans le sanctuaire.
Deux petits chandeliers , trois lampes d’argent, une lampe de nuit en fer, deux grands bancs de menuiserie et quatre autres petits.
Un aigle (2) en cuivre avec son pied de marbre.
Un lutrin, deux porte-bougies, un petit pupitre, trois marchepieds, deux crédences à dessus de marbre, 18 souches.
Un fauteuil de velours rouge à franges d’or avec sa housse.
Quatre banquettes de velours rouge avec leurs housses doublées de soie verte.
Un petit lutrin de fer poli, aux armes du Chapitre.
A l’autel , une clochette de cuivre , avec un canon de la messe , en carton.
De plus , riuventaire de 1790 nous fait connaître les dons offerts à l’église de Reims depuis 1669, d’abord aux sacres de Louis XV et de Louis XVI, ensuite par les archevêques qui se sont succédé depuis le xvii<^ siècle.
La partie qui traite des chapes complète la description du coutre Desmolius. Nous y trouvons les ornements donnes [>ar Louis XIV et ses successeurs.
Ce qui distingue surtout cet inventaire de ceux qui précèdent , c’est le scrupule minutieux avec lequel il est rédigé. On n’a rien oublié. Ce n’est pas le trésor seulement que l’on décrit, c’est tout le mobilier de l’église. Dans l’inventaire de 1669 , on néglige une foule d’objets dont l’existence devait être constatée en 1790. Cette multiplicité de détails , cette énumération d’objets qui, j’en conviens , sont parfois sans grande valeur , m’a semblé curieuse. On y trouve la preuve d’une foule d’anciens usages qui allaient se modifier. C’est pour ainsi dire une dernière revue que l’on fait subir à l’ancienne église. En lisant cette aride et sèche description, on peut évoquer le passé , remettre chaque chose à sa place , et se figurer l’intérieur de la cathédrale de Reims , tel que l’ont vu nos aïeux. Puissent nos petits-fils n’avoir pas comme nous à demander de compte aux révolutions et au vandalisme!
(1) Ce n’est pas la révolution qui a détruit le magnifique autel décrit dans l’inventaire de 1669. On voit qu’il n’existe plus en 1790. L’autel qu’on dépouilla à cette époque avait été construit aux frais de la fabrique et de M. l’abbé Godinot. Comme il faut rendre à chacun ce qui lui appartient , nous signalerons ici cet acte de destruction, qui est volontaire.
Les tables dont il s’agit ici furent faites avec les dépouilles de l’ancien autel. On fit tout fondre. Rien ne fut épargné. C’était un fâcheux exemple qui porta bientôt ses fruits.
(2) Si nous lie nous trompons , ce lutrin et ceux dont il va être parlé existent encore.
Deux fauteuils de velours à franges d’or et leur couverture de laine rouge.
Quatre lutrins de fer poli, aux armes du Chapitre, garnis de velours rouge.
Deux lutrins de bois , à coté de l’aigle.
Quatre lutrins de bois servant pour la musique.
Un petit orgue d’accompagnement.
Une double échelle.
Dans l’arrière-cbœur , à l’autel du cardinal (1 i, une grande croix d’ébène, dont le Christ est d’y voire.
Une croix , avec une couronne d’épines de bronze doré , attachée sur le marbre.
Deux chérubins aussi de bronze doré, au coslé du dict autel.
Une clochette de cuivre, trois nappes, un tapis, un canon de carton, un missel, deux fauteuils pareils à ceux du chœur, deux priedieu.
Le siège pontifical en pierre (‘2).
Une petite crédence portative pour l’eau bénite.
Derrière le dict autel, sont deux armoires, dans l’une desquelles se trouvent trois étoiles, un petit \ase d’argent avec sa chaîne pour les saintes-huiles, un ciboire de vermeil avec sa custode en velours rouge, une sonnette, un livre pour l’administration des sacrements, une bourse de velours rouge ciselé, renfermant un corporal et un sacrificatoire.
Une croix de bois noir, dont le Christ en argent, avec une plaque et une tête de mort en argent.
Une autre croix de cuivre doré, enrichie de pierreries.
Sept couvertures du lutrin du maître-autel. Dans l’autre armoire sont renfermés le texte des évangiles en velours rouge, garni d’argent;
Le texte des épitres en velours vert , aussi garni en argent.
Un missel en maroquin rouge. Un autre de velours rouge, galons d’or autour avec son étui de toile cramoisie.
Le collectaire (3) de velours rouge, garni en argent.
(1) Le bel autel de Charles de Lorraine avait eu la même destinée que le grand-autel . le Chapitre l’avait détruit.
(2) C’était encore le siège de saint Rigobert. U était d’une seule pierre, haut de cinq pieds , large de deux. On ne sait ce qu’il est devenu.
(5) Le co/Zecta/re livre contenant les oraisons nommées collectes. Les bollandistes l’appellent diurnal.
Deux tablettes, dont Tune en maroquin rouge, l’autre en maroquin noir , garnies en argent.
Deux petits livres en maroquin pour les stations.
Six rideaux, dont deux à chaque porte du chœur (1).