CHAPITRE XXVI
RELIOMIRE ACTUEL DE LA SAIATE-AMPOÜLE.
E reliquaire a été fait, comme nous l’avons dit, pour recevoir les débris de l’antique et sainte Ampoule brisée par Rbul, et le nouveau vase de cristal qui l’a remplacée. 11 a coûté vingt-deux mille trois cents francs de façon et de dorure.
La partie supérieure de ce précieux meuble consiste en un coffret , qui s’ouvre et se ferme à l’aide de trois serrures placées au-dessous; sa forme est celle d’un carré long; la partie supérieure se compose d’une lame de cristal qui permet à l’œil de plonger dans l’intérieur du coffre, et d’y voir l’Ampoule et les compartiments qui contiennent les reliques de la royale
fiole.
Ce coffret est placé sur un socle auquel il s’adapte en entrant dans des rainures qui les maintiennent solidement. Ce socle a aussi quatre faces concaves dans la partie supérieure, et presque planes dans leur partie inférieure. Sa base est carrée, et ses angles, qui sont doubles, sortent en saillie des bandes métalliques qui l’encadrent.
L’ensemble de ce reliquaire, qui d’ailleurs est enrichi de pierres précieuses, est un chef-d’œuvre de ciselure.
Sur les faces concaves et légèrement planes sont des sujets historiques ciselés avec soin.
Un de ces bas-reliefs représente le baptême de Clovis ; au-dessus on lit cette inscription :
Glo7'ia in altissimis deo! (Luc, 2. j Adora quod incendisli,
Incende quod adoras ti.
{S. Remigius Clodoveo Francorimi régi in ejus baptismale et consecralione : anno CCCC. XCYJ. )
Posl ipsum reges Francorum Quando coronantur
Oleo consecranlur eodem. (Guill. Britt. Philip,, lib. i.)
Regem lionorificate
Quia sic est voluntas dei. (4. pet. 2. )
Sur la partie horizontale du socle qui se trouve au-dessous de ce basrelief, on lit :
Ex epislola gralulatoria S. Avili (1), Viennensis episcopi ad regem Clodoveum nuper conversum.
Quid jam de ipsâ gloriosissimâ regeneralionis vestrœ solemnilate dicatur ? <pude illud esset ? Cum adunatonim numei'us Pontificum manu sancli ambitione servitii , mernbra regia undis vitalibus confoverel ; cum se Dei servis injleclerel timendum gentibus caput ; cum sub casside crines nutritos, salutari galeâ sacrœ unctionis indueret, qua propter radiale perpeluum prœseniibus diademate absentibus majestate
Plus bas sont ces mots :
Vivat 7'ex!
A chaque extrémité de cette inscription , et sur le même plan , est un médaillon vide , destiné à recevoir l’elligie des rois qui se feront sacrer.
Un autre bas-relief représente les armes de la ville (2) et celles du Chapitre de Reims ; au centre sont les armes du pape, qui sont une thiare entre deux clefs en sautoir et une tête d’ange brochant sur le tout.
(1) Saint .\vit, archevêque de Vienne en Dauphiné, vivait à ia fin du ve siècle; ses lumières, ses vertus en firent un homme utile à son siècle; il cultivait les lettres et composa plusieurs poèmes en vers latins.
(2) Les armes de Reims varièrent à différentes reprises ; elles consistèrent d’abord en une branche d’olivier sur le champ; on y joignit une crosse et une croix en sautoir quand les archevêques eurent le commandement de la ville; plus tard, lorsque la monarchie se fut saisie du droit de nommer les gouverneurs et les capitaines des villes, quand les Rémois se furent signalés par leur intrépide résistance aux assauts des Anglais, ils reçurent comme faveur et récompense le droit de semer les tleurs-de-lys sans nombre au chef de leur écu. Deux branches d’olivier croisées en garnissaient la partie inférieure. La devise qui accompagnait ces armoiries était : «Dieu en soit en garde.»
Kn 1 793, l’antique cité perdit ses armoiries : le bonnet de la Liberté les avait remplacées sur le sceau municipal. Peu après, l’aigle impériale avait succédé à l’insigne de l’égalité. Napoléon bientôt, en reconstituant une noblesse, donna des armoiries aux bonnes villes : deux branches d’olivier entrelacées,
cA'
Au-dessus est celte inscription :
Anno XTL — M.DCCC.XX Rerje Ludovico XVIII.
Métropolitana. RemensL sede.
A Pio VII ; ut par erat restitiita Sacri ad Uegiam. unctionem Clirismatis perantùjua traditione colendi impiis ante contritam pedibus tliecam î'elig'wse collecti
Alteram fidelium Donis locuplete)n S. Remigio. galliaru. remoruq. Palrono Largientes regni principes Promoventes urbis moderatoves (1).
Sur le plan horizontal qui se trouve au-dessous de ce bas-reliel‘ sont trois médaillons renfermant des effigies royales ; au centre est celle de Clovis avec cette inscription au-dessus ; I. Rex christianissimus . Sur la bordure : — Clodov. R. F. 496.
A gauche est le médaillon de saint Louis avec la date de son sacre : 1226. Au-dessus est cette inscription :
Super caput Ludovici IX fusuni est unctionis Oleum. 11. kal. X^^ . M.CCXAT/ ( Lév. 21.)
Domui et throno illiiis. Sit pox in œternuni (III Reg. 2.)
S. Ludovice , ora pro nobis.
Dans le médaillon de droite se trouve Louis XVI; au-dessus se voient les lignes suivantes :
Caducam coronani regiam ac brevi evanesceniia lilia cum perenni alia corona ex inimortalibus angelorum liliis contexta féliciter Illam commutasse confîdimus.
(Alloc. Pii VI. 1793.)
trois abeilles et un caducée, furent celles de Reims. Avec la restauration revint l’aiUbiue écusson ; c’est celui qui se trouve ciselé sur notre reliquaire.
.Vu xviii'’ siècle, les armoiries spéciales du conseil de ville étaient ; d’azur semé de fleurs-de-lys d’or, coupé d’argent à deux branches d’alisier de sinople, entrelacées en double sautoir.
L’université de Reims portait; d’azur g trois lléurs-de-lys d’or à la bande de gueules, chargées de trois alérions d’argent, qui sont de Lorraine, surmonté d’une main d’argent tenant un livre, et descendant d’une nuée de même.
Les armes du Chapitre de Reims sont : d’a/.ur à la croix pleine d’argent, cantonnée de quatre tlenrs-de-lys d’or.
(t) Cette inscription constate que la munificence royale n’a pas à elle seule payé les sommes ipie
Au -dessous du médaillon du centre est gravé l’acclamation Vivat Rex! Sur une autre face sont les armes de France, soutenues par un chevalier armé et une figure de femme représentant la Pucelle d’Orléans. Au-dessus est l’inscription qui suit :
Invocavit allissimum et audivit ilium Macjnus et sanctus Deus. (Ecclés. 40. )
Dixit. Debbora surge.
Dnus en ipse diictor est tuas. (Judic. 4.)
Induit se loricam sicut gigas.
Succinxit se arma bellica.
Protegebat castra gladio suo.
Repulsi sunt inimici
Et directa est salus in manu ejus. (Mach. III.)
Consecratio Dei sui super caput. (Num. 6.)
Karoli VIL
XVII Jul. M ccœ.xxix.
Sur le plan horizontal, au-dessous de ce bas-relief, est un médaillon contenant l’elfigie de Charles YII entre deu.x médaillons vides.
Au-dessus on lit ces mots :
« Gentil roi ! ores est exécuté le plaisir de Dieu qui voulait que levasse le siège d’Orléans, et que vous amenasse en ceste cité de Reims recepvoir votre saint sacre, en montrant que vous estes vray roy, et celluy auquel le royaulme de France doit appartenir. » ( Hist. au vray chron.) Au-dessous on lit encore le vieux cri de : Vive le roy !
Sur la quatrième face est un bas-relief représentant le sacre de Louis XVI ; il est accompagné de cette inscription :
Oleiim. sanctœ. unctionis. Dei. sui. super Ludovicum XVL XI Jiin. M.DCC.LXXV. (Lév. 21.)
Quanta in ipsius testamento virlutis species !
Quantus in relligionern ardor animi!
Oh ! Dies, Ludovico triumphalis !
Cui Deus dédit
Et in persecutione tolerantiam Et in passione vktoriam.
(Pins VI, in allocut. ; mens Jun. 1793.)
Mémento Domine David et omnis tnansuetudinis ejus. (Ps. 131.)
coûta nolie reliquaii’e. Si je ne me tiornpe, le coffret qui renferme les débris de raiicieniie Sainte-Ampoule a été fait aux frais des citoyens de Reims ; le surplus a été confectionné pour le sacre de 18-23.
(1) Ainsi notre reliquaire représente le premier baptême royal, et le dernier sacre avant celui de 182.3,
Uess.clhlli par J.l IV! actjuart, Reims
lmp ,Leniprdcr,à Paris .
a, ia tV'' CXmpiL'itte i'ünlt’.ua-t(u i’cauimi ^<iAlMié a Jiic-icr fe Kai , b i)palii& piou-r pu'M^îa fe f><^txmne