DE PAR LE ROY
A chiers et bien amez les Doyen et Chapitre de l’église de Notre-Dame
de Reims.
Chiers et bien amez , nous avons été advertis par les commissaires que uvons envoyés devers vous pour vous requérir nous faire bailler et ilelivrer les joyaulx et reliquaires d’or et d’argent de votre église pour nous en ayder en la conduite des grosses affaires que avons de présent à supporter et conduire comme il est notoire , en vous assurant de la valeur d’iceulx sur notre domaine ou nos aydes , gabelles et impositions, de la réponse que leur avez faicte qui est en effet en substanee que lesdits joyaulx ne sont à vous aynsi sont choses dédiées au service de Dieu et honneur de ladicte église et dont n’avez seulement que la garde et n’est à vous de les vendre, engager, donner; néantmoins que s’il nous semble et à nostre conseil que les nécessités soient si extrêmes qu’il faille prendre lesdits joyaulx, vous en rapportez à nostre décision, car à vous n’est de l’empescher ou contredire; néantmoins en ce cas vous suppliez que avant que les prendre notre playsir doit assurer ladicte église ; de sorte que bientost après lesdits joyaulx et reliquaires puissent estre refaits et retournés à ce que l’intention des bons crestiens qui les ont dédiés à l’honneur de Dieu et au service divin ne soit frustrée et que de vostre part vous n’entendez en contracter, ni bailler, ni délivrer, iceulx joyaulx, toutefois que si nos dits commissaires les veulent prendre que vous en rapportez à eux ; laquelle réponse nous avons trouvé très sage et
vous remercions du bon vouloir el affections que vous avez à nous et à nos affaires et entendez une chose que si nos dictes affaires qui louchent non-seulement à nous, mais aussi à toute la chose publique de nostre dict royaulme n’estaient si pressées qu’elles sont, et que par aultres moyens on y peut pourvoir, pour choses qui soient au monde, ne vould rions souffrir ou permettre qu’il fust touché auxdits joyaulx ; mais nous voyons icelles affaires estre telles et de telle importance que s’il n’y est vertueusement pourvu et remédié nos dits ennemis sont pour faire ung gros oultrage et irréparable à nostre dict royaulme ; lequel ne se peut faire par autre moyen. Parquoy vous prions et néantmoins mandons et commandons très expressément que laissez prendre à nos dicts commissaires les dicts joyaulx d’or et d’argent que avez , tant en reliquaires que aultres ornemens de vostre église , les leur baillant par bonne inventaire et par procès et par estimation, et ils vous assureront de la valeur d’iceulx sur nostre domaine, aydes et impositions selon le pouvoir qu’ils en ont qui est oraologué par nostre court de parlement et chambre de nos comptes, en manière que ne sçaurez rien perdre, ce que nous voudrons et avons intention Dieu aydant , donner tels ordres que en bref les dicts joyaulx ou ladicte valeur puissent être rendus et restitués , vous priant de rechef, sur les bons services que vous désirez faire et doutant que craignez de n’y faire faulte ou difficulté.
Donné à Saint-Jehan en Daulphiné, le vingtième jour de juillet.
Ainsi signé Françoys el Gédoyn.
Furent les reliques enlevées et prises pour le roy (1).
DESCRIPTION DU CHOEUR DE NOTRE-DAME DE REIMS, EMPRUNTÉE AUX MÉMOIRES DE COCQUAULT.