‹ Trésors des Églises de ReimsChapitre 68 sur 78 · DE PAR LE ROI · texte numérisé non relu

DE PAR LE ROI

Cliiers et bien amez , nous escrivons présentement à nos amez et féaux con”. les président des généraux de nos aydes de Paris , et M. Jehan Luylier, m'' ordinaire de nos comptes, eux retirés par devers vous pour vous remonstrer, exposer et faire entendre aucunes choses , de par nous, touchant et concernant la seureté, conservation et deffense de nostre royaulme, peuples et subjects. Si vous prions, et néantmoins mandons oyr et croire nos dicts commissaires de ce qu’ils vous diront et remonstreront , de par nous louchant la charge que leur avons donnée co' vous ferions nous mesmes si nous étions en personne et au surplus faire ce dont ils vous requereront de nostre part, car c’est pour atïaire qui vous touche; et là, où vous avez aultant et plus d’intérest que nuis autres, si ne faites dilïiculté. Donné à Lyon, le xüj® jour de juingt.

Ainsij signé François et Gédoyn.

heures roijaulx pour prendre reliques et joijaulx d'église à inlérest et baillant et rendant les domaines du roij responsables.

FRÂNÇOYS, par la grâce de Dieu, roi de France. A nos amez et féaulx conseillers, MM. Loys Prévost, président des généraux de la justice de nos aydes , à Paris, et Jehan Luylier, maistre ordinaire de nos comptes audict lieu, salut et dilection. Comme chacun sache assez que depuis certains temps, mesmement depuis deux ans, il nous a convenu faire et supporter de grandes charges et despenses pour le payement des gens de guerre et autres que avons esté contraint mettre suz et entretenir pour la tuition et deffense de nos royaulmes , pays libres et seigneuries qui ont été assaillis en plusieurs endroicts et par nos ennemis et adversaires; et en oultre, puis naguerre le roi d’Angleterre, qui estait notre confédéré alié , nous ayt envoyé desfier et desclarer la guerre ouverte, à l’encontre de nous, nos dicts royaulmes, pays libres, seigneureries et subjects , et comme sommes dûement informez, et faict depuis très grande et extrême diligence de faire deffendre et passer dans la mer avec grosses puissances pour se joindre a\ec l’empereur notre ennemi et adversaire, et par ensemble eux après de tout leur pouvoir entrer dans notre royaulme pour iceluy ruyner et destruire s’ils peuvent. A quoy Dieu aydant, espérons pourvoir toutefois, en voyant lesdictes grosses armées si devant faictes co" dict est, avons arrêté pour le soulagement de nostre pauvre peuple, après avoir mis par plusieurs fois cette matière en délibération de nostre conseil, en la présence de plusieurs bons grands et notables personnages, ayant entre aultres choses advisé de faire requérir les doyens trhésorrier, chanoines du Chapitre dans nos églises de nostre royaulme, qui ont ès trésors de leurs églises plusieurs joyaulx, biens et richesses d’or et d’argent, de les nous faire bailler et délivrer pour nous en ayder et subvenir en nos dictes présentes affaires qui sont si grandes et urgentes que chacun sait et qui touchent , non seulement le bien de nous, mais aussy la chose publique de nostre dict royaulme et subjects, et entre aultres vous avons commis pour vous transporter devers les doyens, chanoines et Chapittre des églises de Reims et de Laon , pour les requérir des joyaux, biens et richesses d’or et d’argent , estant esdictes églises jusques à la valeur et estimation de cent mille livres tournois. En quoy faisant, voulons et entendons que pour la seureté d’iceulx , vous leur bailliez et vendez, à titre de rachat perpétuel, tels nombres

et portions de nostre domaisne, aydes et gabelles qu’ils voudront jusqu’à la valeur et estimation desdicts joyaulx , et leur donnant prouffîct, à raison de cinq pour cent, en en suivant les dires, que sur ce avons faict passer omologuer par nostre court de parlement , chambres de nos comptes à Paris , et autres qu’ils appartiennent.

Pour faire lesquelles ventes soit besoing de donner la charge et commission à personnages qu’ils soient en tel cas entendus, à vous susdicts et savoir vous faisons, que nous confiant entièrement à vos personnes, sans soulïisance^ et bonnes diligences vous avons commis, ordonnez et députez, commettons, ordonnons, desputons et donnons mandement spécial par ces présentes de vendre et aliéner à tiltre de rachat perpétuel auxdicts doyens, chanoines et Chapitre desdites églises de Reims et Laori, tels ou telles pièces, membre, et portions de nostre dict domaine, aydes et gabelles que adviserez ; appeliez avec vous noz officiers tant ordinaires et de nostre dict domaine, que nos dicts aydes et gabelles, et imposez Jusqiies à la valeur et estimation des dicts joyaulx et biens des trésors desdictes églises que vous bailleront et livreront les susnommés en la présence de nos officiers, en leur baillant proffit selon ladicte valeur, à raison de cinq pour cent dont et desquelles choses qu’ils achepteront, ils joyront jusques à ce qu’ils soient entièrement satisfaicts et récompensés de ladicte valeur; desquelles venditions et aliénations que vous ferrez par la main des gens dit auxdicts doyens, chanoines et Chapitre desdictes églises de Reims et Laon, vous leur baillerez lettres et soubs seignes et scels ; lesquels contraincts dès à présent comme pour lors, nous avons de notre pleine puissance et auctorité royale eu et avons pour agréable et iceulx autorité et auctorise et voulons estre en valeur, comme si par nous ils avaient esté faicts et passés, et voulons que les achepteurs de chacun d’eux respectivement et leurs successeurs esdictes églises joyssent et usent paysiblement esdites choses à eux par vous vendues poulies causes que dessubs , jusques à ce que les rachats, et remboursements desdictes venditions soient faicts en déchargeant par les gens de nos dicts comptes tant ordinaires que d’aydes des comptes qui en rendront par-devant eulx de la valeur desdictes choses, en rapportant, par chacun d’eux, le vidimus de tous lettres et contracts; si vous mandons que, au fait de cette présente, nostre commission, vous vacquiez et entendiez diligemment. Mandons et commandons à tous nos justiciers, officiers et subjects , à vous ce faisant et entendant, de diligemment prester et donner conseil et ayde ainsy (jue par vous ils en seront requis, car est tel nostre plaisir. Nonobstant les ordonnances et restrictions que avons faictes ou pourrons ci-après faire des aliénations de nostre dict domaine esquelles nous voulons les-

dictes ventes et alliénations que vous ferez par lesdictes causes, n’estrc comprises ni entendues. — Mais attendu le grand besoing et nécessité qu’il en est, les avons exceptées, et réservez, exceptons et réservons de nostre dicte grâce, puissance et auctorité pas esdictes présentes et quel, conques aultres ordonnances, restrictions, mandements ou delfences à ce contraires ; et pour ce que de ces présentes on aura affaire en plusieurs lieux, nous voulons que au vidimus d’iceluy faict soubs le scel royal, foy soit admise comme à ce présent original.

Donné à Lyon le quatorzième jour de juin, l’an de grâce 1522 et de nostre règne le huitième.

A. la requeste et remonstrance faictes aux prévost, doyen, chantre et Chapitre de l’église de Reims par MM, Loys Picot , président des généraulx, et Jehan Luylier, maître des comptes, commissaires du roy nostre sire , lesdicts prévost, chantre et Chapitre répondent qu’ils cognaissent bien l’affaire du roy estre grande, auquel chacun en son estât se doibt efforcer à son pouvoir, et à celte cause les ter-

res, revenus et possessions desdictes du d Chapitre ayant estez fort travaillées, foulées et diminuées par la guerre, passaige et séjour des gens d’armes qui principalement a esté en ce diocèse de Reims, et même

la terre des entre Maizières et Auhenton qui estait la plus belle

que eussent lesdicts du Chapitre, a esté pour la plus part bruslée et destruite et y courent encore journellement les ennemys , néantmoins iceulx du Chapitre prestèrent au roy la somme de 4,000 livres dont ils n’ont encore eu assignation et si ont depuis frayé plus de deux mille livres pour amortir leurs héritages du bailliage de Vermandois, et ont és choses susdictes exposé toute leur espargne et si contribuent par chacun jour à la garde, réparation et fortification de la ville de Reims qui est grande ; mais au regard des reliquaires et joyaulx de ladicte église, ils ne sont à eux; ains sont choses sacrées et dédiées au service de Dieu et de la glorieuse Vierge Marie, dont lesdicts du Chapitre ont seulement la garde, et n’est à eulx de les vendre , engager ni donner ; par quoy ils n’entendent consentir aucunement. Et aussy lesdicts reli- (juaires et joyaulx ne sont de si grand prix que l’on pourrait bien estimer et ne sauraient monter comme croyent lesdicts du Chapitre à la ([uarte partie de la somme de 50,(J00 livres qu’on leur demande quand lors on aurait disponibles tous leurs reliquaires et prins tous les vaisseaux, chandeliers, encensoirs et autres ustensiles servant au service divin qui serait chose bien pitoyable. Et toutefois , s’il semble au roy et à son noble conseil que la nécessité soit si extrême qu’il faille prendre les-

dictes reliques et joyaulx, lesdicts du Chapitre s’en rapportent à sa très noble décision, car en eulx n’est de l’empescher ou contredire; néantmoins en ce cas luy supplient très humblement que avant que prendre iceulx reliquaires et joyaulx son playsir soit assigner et assurer ladicte église tellement que bientôt ils puissent être refaiets et recouvers, et que l’intention et dévotion des bons crestiens qui les ont dédiés à l’honneur de Dieu et au service divin ne soient frustrés. Mais de la part desdicts du Chapitre, ils n’entendent de ne prendre prolïit ni contracter en quelque manière que ce soit, ne bailler ou délivrer lesdicts reliquaires ou joyaulx ; mais si lesdicts sieurs commissaires les veulent prendre et défaire, ils s’en rapportent à eulx.

Ainsi signé : par le greffier.

Les commissaires ayant entendu cette réponse, firent difficulté de passer outre à leur commission; ils voulurent avoir lettres du roy auquel ils envoyèrent un courier, qui leur lit cette réponse :

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