‹ Trésors des Églises de ReimsChapitre 74 sur 78 · LETTRE DU CITOYEN RHULL A LA CONVENTION · texte numérisé non relu

LETTRE DU CITOYEN RHULL A LA CONVENTION

Citoyens mes collègues ,

Vous m’avez chargé, par votre décret du 10 septembre dernier, de surveiller dans les départements de la Marne et de la Haute-Marne , l’exécution de la loi du 23 août. L’article premier de cette loi veut que les vieillards se fassent porter sur les places publiques pour y prêcher la haine aux rois et l’unité de la république.

A mon arrivée dans la ville de Reims , je n’ai pas trouvé de vieillards sur les places publiques de cette ville prêcher la haine des rois ; mais moi, qui suis un vieillard qui a en exécration les rois , les despotes et tous les ennemis de la liberté et de l’égalité, je me suis transporté sur la place cidevant Royale, aujourd’hui Nationale; j’y ai prêché la haine des tyrans, et p' joindre l’exemple au précepte, la pratitique à la théorie , j’ai brisé en présence des autorités constituées et d’un peuple nombreux, sous les acclamations répétées de Vive la répupubliquc une et indivisible , le monument honteux créé par la ruse perlide du sacerdoce pour mieux servir les desseins ambitieux du trône. En un mot, j’ai brisé la Sainte-Ampoule sur le piédestal de Louisle-Fainéant 15" du nom. La tête du tyran est tombée : toutes celles qui voudront s’élever audessus des Français, redevenus libres, doivent tomber de même ; ce peuple immense et généreux ne verra plus désormais l’insidieuse force du sacre d’un brigand heureux ; tout ce

qui a Irak à ce sacre , tout ce qui entretenait le fanatisme du peuple pour les oppresseurs, en lui fai'^ant accroire que le ciel avait choisi des mortels plus favorisés que lui pour les mettre aux fers^, doit disparaître. La Sainte-Ampoule n’existe plus : ce hochet sacré des sots, cet instrument dangereux dans les mains des satellites du despotisme, a disparu. Recevez, mes collègues, les débris avec le reliquaire qui les contenait, de même que le procès-verbal qui en constate l’anéantissement éternel.

Signe : Philippe Rhull.

PROCÈS - VERLAL CONSTATANï L’EXISTEINCE DES PARCELLES DE L’ANCIENINE SAINTE- AMPOULE.

Aujourd’hui 25 janvier 1819, par-devant moi J. -R'" Dessain de Che- M'ières , procureur du roi honoraire à Rheims, membre du conseil général du départ, de la Marne, et membre du conseil municipal de la ville de Reims,

Sont comparus MM. ci-après nommés.

Lesquels, instruits des recherches que je faisais p. acquérir des connaissances au sujet de la Sainte - Ampoule, qui était déposée tians le tombeau de saint Remi à Reims , et qui servait au sacre de nos rois, et désirant concourir à la découverte de la vérité, ont fait les tléclaraiions suivantes :

M. Armand Jules Seraine , bachelier de la Faculté de théologie de Paris, ancien chapelain du roi, a déclaré ce qui suit :

La Sainte-Ampoule était renfermée d. le tombeau de saint Remi, placé d. l’église qui porte son nom à Reims, qui a appartenu jusqu’à la révolution aux religieux bénédictins de la Congrégation de Saint-Maur, et (jui depuis la révolution a été érigée en paroisse. J’ai été le U' nommé curé de cette paroisse; en cette qualité, j’étais gardien du reliquaire qui renfermait la petite fiole qui était connue sous le nom de Sainie- Amponle, et où était contenu le baume qui servait aux sacres des rois de France.

Le G octobre 1793, M. Philippe liourelle, qui était olficier municipal et 1®' marguillier de la paroisse de Saint-Remi , vint chez moi vers les 3 heures de l’après-midi, et me notilia de la part du représentant Rhull, l’ordre positif et pressant de remettre sans délai le reliquaire contenant la Sainte-Ampoule, pour être brisé. Je conçus l’idée de tout risquer, p. conserver ce précieux monument, en me procurant une

fiole semblable, p. être substituée à la véritable; mais ni le temps, ni les circonstances ne permirent pas de mettre ce projet à exécution ; les moyens à employer étaient tous impraticables ou périlleux. Nous résolûmes, M. Philippe Hourelle et moi, ne pouvant mieux faire, d’extraire de la Sainte-Ampoule la plus grande quantité possible du baume qu’elle contenait , avec intention de conserver , chacun de notre coté , les parcelles dont nous serions dépositaires , pour, dans un temps prospère, être remises à l’autorité légitime; nous nous rendîmes de suite à l’église Saint-Remi ; je tirai le reliquaire du tombeau de saint Rerni et le transportai dans la sacristie, où je l’ouvris , à l’aide d’une petite pince de fer qui est encore en ma possession. Je trouvai placé dans le ventre d’une colombe d’or ou d’argent doré, revêtue d’émail blanc, ayant le bec et les pattes rouges , les ailes développées, une petite fiole de verre de couleur rougeâtre, d’environ un pouce et demi de hauteur; bouchée avec un morceau de damas cramoisi. J’examinai cette fiole attentivement au jour, et j’aperçus grand nombre de trous d’aiguille aux parois du verre ; alors je pris dans une bourse de velours cramoisi, parsemé de fleurs-de-lys d’or, l’aiguille qui servait, lors du sacre de nos rois, à extraire des parcelles du baume desséché et attaché au verre. J’en détachai la plus grande quantité possible, dont je pris la plus forte partie et remis la plus faible partie à M. Hourelle, pour, dans des jours plus heureux , la mettre en évidence. Chacun de nous renferma son trésor dans un papier pris dans une armoire de la sacristie. Je liai avec un fil blanc le paquet contenant les parcelles qui étaient à ma disposition, cl j’écrivis sur ce paquet les mots Morceaux ou fragmens de lu Sainte-Ampoule; M. Hourelle écrivit le mot Baume sur l’enveloppe qui renfermait ses parcelles. Je replaçai ensuite la fiole d. le ventre de la colombe, et le renfermai d. le reliquaire que je remis, les larmes aux yeux, entre les mains de M. Hourelle.

Malgré les visites domiciliaires, les fouilles faites d. ma maison, malgré les malheurs de la guerre, malgré le pillage de mon secrétaire, le précieux dépôt qui y était renfermé a bravé tous les dangers. La divine Providence, dont les secrets sont impénétrables, et qui se sert des faibles pour confondre les forts, a voulu me conserver la vie plusieurs fois menacée p. garder ces précieuses parcelles , et les remettre à l’autorité légitime.

J’atteste, en outre, que M. Bernard, prêtre bénédictin, m’a hiontré, i! y a environ 4 ans, un papier renfermant des parcelles qu’il me déclara lui avoir été confiées par M. Lecomte, juge au tribunal civil de Reims, à qui il les a remises et qui les tenait de madame veuve

ilourelle. J(^ reconnus ces parcelles absolument semblables aux miennes et faire partie de celles dont M. Hourelle s’était chargé lors de notre j>arlage.

Signé Seraine.

MM. Pierre-François Hourelle, docteur en médecine, Pierre-Philippe Hourelle, et Jean-Baptiste Hourelle, frères, demeurant à Reims, ont déclaré ce qui suit :

Philippe Hourelle, notre père, en sa double qualité d’olficier municipal et receveur de la fabrique de la paroisse de Saint-Remi et maître des ouvrages de lad. fabrique, reçut, en l’année 1793, de l’administration municipale, l’ordre positif d’aller prendre la fiole connue sous le nom de Sainte-Ampoule, qui était enchâssée dans un riche reli- (|uaire, et qui servait aux sacres des rois de France, au lieu où elle était déposée , p. la remettre à lad. administration , à qui le même ordre avait été rigoureusement intimé par un membre de la Convention nationale, alors en mission â Reims. INous déclarons et attestons savoir qu’avant de livrer cette fiole, notre père, de concert avec M. Seraine, alors curé de la paroisse de Saint-Remi, s’est procuré une assez grande partie du baume qu’elle contenait; nous avons vu plusieurs fois ces mêmes parcelles dudit baume , de couleur rougeâtre et de consistance cérumineuse, desséchées , renfermées d. une enveloppe de papier blanc, portant p. inscription le mot Baume; ce dépôt a été précieusement conservé par nos père et mère jusqu’à leur décès, apres lesquels il a été conlié à l’un de nous qui s’en est trouvé dessaisi par suite des précautions qu’il avait prises p. les sauver du pillage, lors <le la dernière invasion; mais cet accident peut être réparé, notre mère ayant cédé à M. Lecomte, Juge, une partie de ces parcelles qui peuvent être confrontées p. l’identité avec celles que possède M. Seraine avec qui notre père n. a dit avoir partagé. N. certilions que tout ce que dessus est de la plus exacte vérité. Signé Hourelle, I>. M., P. -P. Hourelle et Jean-B. Hourelle.

Moi, Lecomte, juge au tribunal civil de Reims,

Je déclare que, le 2 octobre 1802, étant chez inad. Vc Hourelle, elle me fit la confidence que son mari , avant de mourir , l’avait faite dépositaire, non seulement de petites parties du suaire qui enveloppait le corps de Saint-Remi, avant que la hache révolutionnaire eut détruit son tombeau , mais encore de quelques parcelles du baume ou de l’huile desséchée que contenait la S'<?-Ampoule. La curiosité me porta à lui demander comment ces objets si précieux s’étaient trouvés en la

possession de son mari , elle me fit réponse que son mari , en sa

qualité d’officier municipal et de marguillier de Sf-Remi, avait été requis, en 4793, au nom du représent, du peuple Rhull, alors en mission à Reims, de lui remettre la S^e-Ampoule; qu’avant d’obéir à cette fâcheuse réquisition , il était allé sur-le-champ trouver M. Seraine , alors curé de cette paroisse, pour s’entendre avec lui et concerter à la hâte les moyens de sauver une partie essentielle du baume servant à l’onction de nos rois; que dans le très-court espace de temps qui ne leur permit pas le choix des moyens à l’aide desquels ils eussent pu triompher de la multitude , en substituant à la véritable fiole dite S'e-Ampoule, une autre fiole qui lui ressemblât quant à la forme,

son mari et M. Seraine se hâtèrent de retirer la Ste-Ampoule de son reliquaire et d’en extraire dilficilement plusieurs parcelles d’une liqueiu’ desséchée et adhérente aux parois de la fiole; qu’immédiatement après cette extraction, la fiole fut remise par M. le curé Seraine à son mari, qui la livra au représent. Rhull, par qui elle fut brisée sur la place Royale de cette ville, en présence du peuple. Ce récit me frappa : je ne puis m’empêcher de reconnaître dans le courage de ces deux fonctionnaires , l’un civil, l’autre ecclésiastique, un des grands effets opérés par cette divine Providence , qui, n’ayant pas permis que le baume qu’elle avait spécialement destiné pour le sacre de Clovis et de

ses successeurs légitimes fût englouti par les vandales ; cette même

Providence, dis-je, avait déjà par cela seul résolu dans ses décrets impénétrables le retour de l’auguste famille des Bourbons sur le trône de leurs ancêtres. Pénétré de ces idées consolantes, entretenus par l’espoir d’un avenir plus heureux et désirant m’associer, en quelque sorte, à l’acte tout à la fois religieux et patrioti([ue de MM. Seraine et Hourelle, je priai madame veuve Hourelle de me remettre quelques portions du baume sacré dont elle était dépositaire, afin de concourir par mes soins et ma vigilance à la conservation d’un objet aussi précieux. Celte veuve, cédant à mes instances et à mes observations, me remit quelques parcelles de la Sainte- Ampoule que j’ai très-soigneusement conservées jusqu’ici avec une très-petite partie du suaire de St- Remi; lesquels objets j’offre à remettre à qui de droit; j’ajoute que les évènements fâcheux de la guerre qui ont fait perdre à iMM. Hourelle fils les parcelles du baume dont leur mère, avant de mourir, les avait fiiit dépositaires, justifient la précaution que j’ai prise d’obtenir (juelques-unes de ces parcelles de madame leur mère ; au moyeii de quoi il sera facile de constater l’identité d’une substance dont les parties homogènes se trouvent disséminées entre les mains de person^

nés étrangères l’une à l’autre. Tels sont les faits qui sont à ma connaissance personnelle.

Signé Lecomte.

M. Henry Engrand , religieux bénédictin de la Congrégation de Saint- Maur.

Apprenant que le représentant Rhull, envoyé à Reims parla Convention^ avait fait annoncer qu’il se rendrait à la maison entre les neuf à dix heures du matin, et croyant qu’il pourrait être question du dépôt littéraire dont la garde m’était coudée, je m’y trouvai. Le proconsul, après avoir exposé l’objet de sa mission , ajouta ces mots : Je me propose de donner une fête à nos bons patriotes et amis^ en brisant la charmante babiole (pii servait à sacrer les rois. A ces mots, pénétré de douleur, je m’esquivai sans bruit et courus à Saint-Remi ; n’ayant pas trouvé M. Seraine, qui remplissiât les Ibnctions de curé , je me rendis chez un marguillier de la paroisse , feu M. Hourelle, que je connaissais pour un homme religieux; je le priai de ne pas perdre de temps, de se concerter au plus tôt avec M. le curé et de prendre des mesures elîicaces pour sauver, s’il était possible, la Sainte- Ampoule, cet antique et précieux monument de la monarchie française. C^e l'ait a eu lieu dans les premiers jours d’octobre de l’année 1793.

Signé Engrand.

M. Antoine Bertin, curé de la paroisse de Saint-Remi de Reims, depuis le Concordat de 1802.

Je déclare avoir appris , il y a plusieurs années, que M. Seraine, cure de la paroisse de Saint-Remi pendant la révolution, et M. Hourelle, juarguillier de ladite paroisse, à la môme époque, avaient soustrait des parcelles du baume contenu dans la Sainte-Ampoule, avant que la liole qui renfermait ce baume fut brisée sur la place Royale par un député de la Convention, le 7 octobre 1793; que M. Seraine, dont le témoignage est digne de foi, est resté possesseur de, sa portion jusqu’à ce jour; (jue iVl. Hourelle, que j’ai connu pour un homme probe et religieux , a gardé aussi sa portion jusqu’à sa mort; que sa veuve, femme respectable, l’a gardée de même jusqu’à sa mort , à l’exception d’une portion qu’elle a donnée à Lecomte, juge au tribunal de Reims. Enfin, que 1\L Hourelle avait fait connaitre à sa femme et à ses enfants qu’il était possesseur des parcelles du baume de la Sainte-Ampoule, qu’ils l’ont eux-mêmes déclaré, et que leur témoignage est digne de foi.

Je déclare, en outre, qu’avant d’être curé de Saint-Remi , me trouvant dans le presbytère de Saint-Remi avec M. Menonville , vicaire de Saint-

Jacques, M. Seraine , alors curé, nous a montré un petit papier qu’il a tiré de son secrétaire et qu’il a dit contenir des parcelles soustraites de la Sainte-Ampoule.

Bertin , curé de Saint-Remi .

M. Etienne-François-Xavier Povillon , demeurant à Reims , a déclaré que, dans le mois de février 1794, M. Seraine, curé de la paroisse de Saint-Remi de Reims, lui a montré, étant dans le presbytère, établi dans l’ancienne abbaye de Saint-Remi , des parcelles qu’il lui a déclaré avoir extraites de la Sainte-Ampoule avant qu’elle fût brisée, et qu’au mois d’août de l’année 1804, il les lui montra de nouveau et dans le même état , en sa maison sise sur la place Saint-Remi.

E.-F.-X. Povillon.

M. Jean-Josepb Baudard, religieux bénédictin, ancien prieur de l’abbaye

de Saint-lNicaise à Reims, et actuellement curé de Saint-Tbierry.

Je certifie que vers la Saint-Remi 1805 , madame veuve Hourelle me montra chez elle un paquet qu’elle m’assura renfermer des parcelles du baume qui était contenu dans la Sainte-Ampoule, que son mari, oliicier municipal et marguillier de la paroisse de Saint-Remi , avait extraites de cette petite fiole avant de la porter à l’ Hôtel-de-Ville p. être brisée.

Dans l’espérance des événements dont nous sommes heureusement témoins , je recommandai à madame Hourelle d’avoir le plus grand soin de ce précieux dépôt.

Baudard.

M. Etienne Huet, ancien maire des Mesneux, propriétaire.

Je déclare qu’en 1803, me promenant sur le territoire des Mesneux avec M. Seraine, ancien curé de Saint-Remi de Reims, et alors desservant l’église des Mesneux, je lui dis que j’avais vu avec bien de la peine le représentant Rhul briser, à Reims, sur la place Royale, la Sainte-Ampoule, à quoi M. Seraine me répondit : Consolez-vous, M. Huet , tout 71 est pas perdu ; je conserve des pareelles du baume que eontenail la Sainte- Ampoide. Ce qui me causa la ()lus grande joie.

F. Huet, ancien maire.

M. François Godinot, propriétaire à Reims.

Je certifie que M. Seraine, ancien curé de la paroisse de Saint-Remi, m’a dit confidentiellement, dans le courant d’octobre 1793, qu’a-

vaut de donner , à la réquisition du représentant Rhull , la Sainte-* Ampoule, il en avait extrait, de concert avec M. Hourelle , des parcelles de baume, couleur rougeâtre, qu’elle contenait; qu’il avait partagé ces parcelles avec M. Hourelle; que lui, Seraine , avait renfermé les parcelles dont il était dépositaire dans un carré de papier blanc scellé d’un (il blanc, et sur lequel il avait écrit : Morceaux ou fragments (le la Sainte- Ampoule , et que M. Hourelle avait écrit sur les siennes : Baume.

Godinot-Dinet.

iVI. Maximilien-Josepb Gouillard, bénédictin de la Congrégation de Saint-iMaur, juge-de-paix du 3' arrondissement de Reims.

J’atteste qu’étant écolâtre des enfants do chœur de l’abbaye de Saint- Remi en 1780 ou 1781 , je fus chargé de faire faire des réparations au reliquaire qui renfermait la Sainte-Ampoule; qu’ayant ôté dudit reliquaire la liole qui contenait le saint baume , je l’avais déposée dans une petite boîte sur du coton ; (|ue pendant le temps que j’en fus dépositaire, je l’examinai plusieurs fois et ai remarqué que le saint baume était attaché aux parois de la liole et était de couleur rouge un peu foncée. J’atteste également qu’il y a 8 ou 0 ans, étant chez M. Seraine, curé à cette époque du village de Trigny , près Reims, et auparavant curé de Saint-Remi à Reims, il me fit la confidence (ju’avant qu’on remît la Sainte-Ampoule au vandale Rhull , il en avait extrait quelques parcelles qu’il conservait précieusement; lui ayant témoigné le désir que j’avais de les voir, il eut la complaisance de déférer à ma demande, et, au premier aspect, je reconnus que ces parcelles étaient de même couleur que le saint baume que j’avais vu dans la fiole, et j’en affirme l’identité.

J’affirme également qu’il est à ma connaissance que 1). Lecuyer , dernier prieur de l’abbaye de Saint-Remi , avait formé la résolution d’enlever la Sainte-Ampoule en quittant la ville de Reims pour se retii er dans son pays natal , mais que , craignant de compromettre ses confrères et de leur occasionner des persécutions par cet enlèvement, il y avait renoncé.

M.-J. Gouillard.

M. Gabriel-Marie Courtin , religieux bénédictin de la Congrégation de Saint-Maur, vicaire de Notre-Dame de Reims.

Je certifie que depuis la sortie des religieux de Saint-Remi et depuis que cette église est devenue paroisse, j’ai vu plusieurs fois la

Sainte-Ampoule, dans le reliquaire où elle avait été enchâssée, telle que je l’avais connue pendant trois années que j’ai demeuré à Saint- Remi et sept années à Saint-Nicaise, autre maison de Bénédictins dans le voisinage de Saint-Remi.

COURÏIN.

3f. INicolas Bernard, religieux bénédictin de la Congrégation de Saint-

Maur , demeurant à Reims.

Je déclare qu’invité, dans le mois d’octobre 4814, par plusieurs personnes et notamment par M. Bcllanger, 4" architecte de Monsieur, frère du roi, à donner des renseignements sur la Ste-Ampoule qu’on annonçait avoir été enlevée par Dom Lecuyer, dernier prieur de Saint- Remi, après qu’une fausse fiole avait été substituée à la véritable; qu’instruit que Dom Lecuyer , prieur, était décédé, je pris la résolution d’écrire à Dom Lecuyer, son neveu, curé dans les environs du Quesnoy , Bénédictin comme son oncle, qui l’avait suivi et ne l’avait jamais quitté; il me répondit, en novembre 4844, qu’effectivement son oncle avait formé la résolution de soustraire la Sainte-Ampoule aux bras destructeurs des révolutionnaires, qu’il avait même pris des mesures à cet effet, mais que, craignant que cette soustraction n’exposât les Bénédictins qui restaient à Reims à être vivement persécutés et aux dangers les plus grands, Dom Lecuyer renonça à son projet et laissa la Sainte-Ampoule dans le tombeau de Saint-Remi. Je fis part de cette lettre à plusieurs personnes et l’envoyai à M. Bellanger, à Paris.

Ayant depuis appris que M. Bellanger était mort, et (jue la lettre que je lui avais envoyée était dans le cas de ne pas se trouver dans ses papiers, j’écrivis de nouveau, fin de l’année 4848, à M. I^ecuyer, curé à Gommegnies, près le Quesnoy. Il me répondit, le 43 décembre , entr’aulres choses ; Mon oncle et moi avons plusieurs fois recjreité de n’avoir pas enlevé la Sainte-Ampoule ; jîous ne nous consolions de n'avoir pas fait ce pieux larcin qu’en nous rappelant qu’on avait envoijé à Iteims un bataillon de forcenés qui avaient le pouvoir de faire tout le mal possible, notamment de tuer et brûler les ecclésiastiques. C’est dans ces moments que nous avons quitté la ville.

M. Bernard, désirant que cette 2“ lettre précieuse soit conservée, l’a déposée entre les mains de moi. Dessain de Cbevrières, après l’avoir signée et certifiée véritable.

Signé Bernard.

M. Nicolas Menonville, prêlre et vicaire de la paroisse Saint-Jacques.

Je soussigné déclare que M. Seraine, prêtre, ancien curé de Saint- Heini , m’a montré, il y a bien 17 ans, des parcelles de la Sainte-Ampoule, enveloppées dans du papier, et qu’il m’a assuré avoir extraites du reliquaire de ce nom, avant qu’un député de la Convention la i)îisàt sur la place Royale de cette ville, en octobre 1793. Je déclare, en outre, avoir vu, il y a quatre ans, entre les mains de M. Bernard, prêtre bénédictin, une lettre de M. Lecuyer, neveu de Dom F^ecuyer, ancien prieur de Saint-Remi, qui annonçait que son oncle n’avait pas emporté la Sainte-Ampoule, dans la crainte de compromettre les religieux qui restaient à Rlieims.

Signé Menonviele.

Moi, Jean-Baptiste Dessain de Chevriéres, déclare que peu de jours avant son émigration , Dom Lecuyer , dernier prieur de l’abbaye de Saint-Remi, avec lequel j’étais intimement lié, vint me voir pour me taire ses adieux; avant de me quitter il me dit : Je désire conférer avec vous el vous parler en confidence. Je ne manquai pas de lui rendre visite. Il était seul dans sa chambre; après m’avoir recommandé le plus grand secret, il me dit ; J’ai pris mes précautions p. conserver la Sainte- Ampoule; je l’ai fait retirer du relkjuaire et ij ai fait substituer une fiole qui n’est pas bien ressemblante, mais il est impossible d’en trouver une dont la ressemblance approche davantage. Je le félicitai du parti qu’il avait pris et même l’engageai, pour que ce précieux monument ne sortît pas de Reims et ne fût pas exposé à être perdu en route, à m’en rendre le dépositaire : il refusa d’acquiescer à ma demande.

J’étais persuadé que la fiole qui fut brisée par Rhull n’était qu’une fausse Sainte-Ampoule, et que la véritable était entre les mains ou de Dom Lecuyer, s’il vivait encore, ou, s’il était mort , entre les mains d’un dépositaire fidèle qu’il aurait chargé de ce précieux trésor.

Lors du retour de S. M., ignorant dans quel pays pouvait être Dom Lecuyer , je m’adressai pour le savoirà D. Bernard , son ancien collègue et ami; D. Bernard me répondit quel). Lecuyer, ancien prieur, était mort, mais que son neveu , portant son nom, Bénédictin de la maison de Sainl- Bemi comme lui, qui était parti avec lui et qui ne l’avait jamais quitté, vivait encore, qu’il lui écrirait pour avoir des renseignements relativement à la Sainte-Ampoule. D. Lecuyer neveu répondit qu’elfectivement son oncle avait formé la résolution de soustraire la Sainte-Ampoule aux bras destructeurs des révolutionnaires, qu’il avait pris même des mesures à cet effet, mais que la crainte de nuire à ses confrères l’avait déterminé à renoncer à

gon projet. En eflèl, il était impossible qu’on ne s’aperçût pas de la soustraction de la Sainte-Ampoule, et alors les Bénédictins restés à Reims auraient été exposés à de violentes persécutions et à de très-grands dangers. Il paraît certain que ce motif a déterminé D. Lecuyer, prieur, à faire retirer la fausse Sainte-Ampoule et replacer dans le reliquaire la véritable comme elle l’avait toujours été. La lettre de D. Lecuyer neveu fut vue par plusieurs personnes ; différentes circonstances ont en outre fait connaître la vérité de cet exposé. Il ne peut exister aucun doute que la fiole qui a été livrée à Rhull était la véritable Sainte-Ampoule, contenant le baume qui servait au sacre des rois de France, et que les portions représentées par M. Seraine et par M. Lecomte ne soient réellement des parcelles de ce baume; et ont , mesdits sieurs ci-dessus dénommés, signé le présent, qui a été rédigé en trois minutes , pour être déposées, l’une dans le tombeau de Saint-Remi, une au greffe du tribunal et une rester entre les mains do moi, Dessain de Chevrières, jusqu’à ce qu’il en soit autrement ordonné.

Lecomte. — BEnNARD. — Engrand. — Hourelle , d.-m. — Sevanne. — PoviLLON. — Dessain de Chevrières. — Mexonville-Hourelle. — J. -B. Hourelle. — Godinot-Dinet. — Baudart. — Huet — Gouillard. — Gourtin. — Et Bertix , curé de Saint-nemi.

Aujourd’hui Itr juin 1819, pardevant moi. Dessain de Chevrières, procureur du roi honoraire à Reims, est comparu M. Thierry Bouré, né à Reims, le lü mai 1771, prêtre desservant la paroisse de Berry-au-Bac , diocèse de Soissons, lequel a dit ;

J’ai exercé le ministère de vicaire à Saint-Remi avec M. Seraine, qui en était curé, notamment en l’année 1793. M. Seraine me dit en confidence qu’il avait été forcé de livrer la Sainte-Ampoule le 6 octobre 1793, pour être brisée par le représentant Rhull, mais qu’avant de se dessaisir de ce précieux monument, il avait eu l’attention de se procurer, parle moyen d’une aiguille, une portion du baume qui était attaché aux parois de la fiole. Je priai M. Seraine de partager avec moi le baume qu’il avait extrait : il s’y refusa d’abord; mais, sur mes instances réitérées, il consentit de me donner une faible parcelle de ce baume. Je la déposai dans un reliquaire avec un très petit morceau que je m’étais procuré du suaire de Saint-Remi. En effet, M. Bouré m’a fait voir ce petit reliquaire , où sont placés le suaire et une parcelle du baume de la grosseur de la tête d’une grosse épingle, et a déclaré en outre qu’il consentait à remettre, quand on jugerait à propos, la parcelle du baume; mais (jii’il désirait conserver la petite portion du suaire, par vénération pour le bienheureux saint Remi ; — et a, mondit sieur Bouré, signé avec moi.

Dessain de Chevrières. —

T. Bouré, desserv. du Bac.

Aujoui'd’liui 7 juin 1819, M. Louis Chanipagne-Prcvoteau , propriétaire, a fait ia déclaration suivante :

J’étais à côté du représentant Rhull, de Strasbourg, lorsque le lundi 7 octobre 1793, à 2 heures 45 minutes après midi, à coup de marteau , sur un des degrés du piédestal de la statue de Louis XV, il a brisé la Sainte- Ampoule, qui consistait en une petite fiole de verre; la violence du coup fit sauter des esquilles ; deux petites entr’autres vinrent se placer sur la manche gauche de mon habit; Je les retins sur le-champ en y appliquant la main droite; sans avoir l’air de m’en occuper, je parvins à les déplacer entre deux doigts. A ces esquilles de verre se trouvent adhérentes de très petites parcelles du baume que contenait la Sainte-Ampoule. J’ai conservé précieusement ces deux es(|uilles et je suis prêt à les remettre à qui et quand on jugera à propos. Ln effet, 31. Champagne m’a fait voir deux petites esquilles de verre auxquelles se trouvent adhérentes de très petites parcelles d’un baume desséché.

Signé Dessain de Chevrièdes et Ciiampagne-Prévoteau.

Ce huit juin 1819, est comparu Louis-Barthélemy-Rémond Legoix , mf^ orfèvre, lequel a déclaré :

îNicolas Legoix, mon père, nê* orfèvre à Reims, décédé il y a 7 ans, avait la confiance de la maison de Saint-Remi pour tout ce qui concernait son état; il m’a plusieurs fois dit que D. Lecuyer, dernier prieur de Saint-Remi, l’avait chargé, peu de temps avant son départ de Reims, de relcàcher les quatre vis qui tenaient la Sainte-Ampoule fortement attachée au reliquaire; d’après cette opération, mon père était persuadé que D. Lecuyer avait emporté avec lui la Sainte-Ampoule. Quel fut son étonnement, lorsque le 7 oct. 1793, appelé par ordre du représentant Rhull pour s’expliquer sur l’identité de la Sainte-Ampoule, il vit que c’était la véritable qu’on lui présentait ! L’embarras dans le- ^ quel il craignait de se trouver fut bientôt dissipé et fit place à la surprise; il dit hardiment et avec vérité que c’était la véritable Sainte-Ampoule qu’on allait briser. 11 me conta cette 2« particularité avec d’autant plus de chagrin, qu’il croyait 1a Sainte-Ampoule sauvée; il ne douta pas alors que Dom Lecuyer n’ait abandonné le projet qu’il avait formé.

Signé Dessain de Chevrières et Legoix-3Ianget.

Aujourd’hui 9 juin 1819, est comparu M. Nicolas Bernard, prêtre, religieux de la Congrégation de Saint-Maur, demeurant à Reims, lequel a dit :

Désirant avoir des nouvelles positives sur la Sainte-Ampoule qui servait

aux sacres de nos rois, et sachant que D. Lecuyer , dernier prieur de Saint-Remi, était mort, j’ai écrit à D. Charles-Joseph Lecuyer, son neveu, Bénédictin comme son oncle, et actuellement curé de Gommegnies , proche le Quesnoy ; il me répondit, en novembre 1814, que son oncle avait formé la résolution de soustraire la Sainte- Am poule aux bras destructeurs des révolutionnaires, qu’il avait même pris des mesures à cet effet , mais que craignant que cette soustraction n’exposât les Bénénédictins qui restaient à Reims aux dangers les plus grands, 1). Lecuyer, prieur, renonça à son projet. Cette lettre fut vue par plusieurs personnes, elle fut même envoyée à M. Bellanger, premier architecte de Monsieur, frère du roi. Depuis ce temps, M. Bellanger est décédé. La lettre qui lui a été envoyée ne s’est pas retrouvée dans ses papiers. J’écrivis une deuxième fois à D. Lecuyer, curé de Gommegnies; il me répondit le 23 octobre 1818; sa lettre, relatée dans ma déclaration d’autre part, ne pouvant être annexée qu’à une des trois minutes, j’ai cru , pour donner une plus grande authenticité , devoir m’adresser une troisième fois à D. Lecuyer, curé de Gommegnies, et lui demander un certificat en triple minute de ce que contiennent ses lettres : il a satisfait à ma demande.

En effet, M. Bernard m’a remis trois exemplaires du certificat ainsi conçu ^ lequel est ci-annexé :

«Je, soussigné, Charles-Joseph : Lecuyer, religieux bénédictin de la Congrégation de Saint-Maur , faisant, en 1791 et 1792;, partie de la communauté de Saint-Remi de Reims, déclare être très-remémoratif que le dernier prieur de cette abbaye, Jacques-Antoine Lecuyer, mon oncle, m’a plusieurs 'fois témoigné son regret d’avoir laissé intacte et de n’avoir pu soustraire la Sainte-Ampoule, renfermée au pied du lom- !)eau de Saint-Remi ; je déclare de plus qu’il ajoutait n’avoir été arrêté que par la crainte d’exposer à la mort ses confrères qui étaient restés à Reims , où on exerçait les cruautés les plus inouïes sur les personnes soupçonnées de ne pas aimer la révolution, et notamment sur les ecclésiastiques. En foi de quoi j’ai donné la présente déclaration, que j’affirme sincère et véritable. A Gommegnies, près le Quesnoy, diocèse de (]ambrai , département du Nord. — Signé LECUVEa’, iloijen et curé de Gommecjnieÿ.

» Vu à la mairie de Gommegnies, pour valoir légalisation de la signature de M. Lecuyer, doyen curé de cette paroisse, le 25 mai 1819. — Lemaire, El. Dazin.

» Certifié véritable.

y> Signé Bernard et Dessain de Chevrières. >>

Aujourd’hui 41 juin 1819, nous, Armand-Jules Seraine , bachelier de la Faculté de théologie de‘ Paris, ancien chapelain du roi, demeurant à Heims; Jean Lecomte, juge au tribunal civil de Reims; Thierry Bouré, prêtre desservant, demeurant à Berry-au-Bac, et Louis Champagne , propriétaire à Reims,

Tous dépositaires de parcelles du baume desséché que contenait la Sainte-Ampoule, ^qui servait au sacre de nos rois, ainsi qu’il a été expliqué dans les déclarations d autre part,

Sur l’invitation de M. Dessain de Chevrières , procureur du roi hunoraire, et de M. Bertin , curé de Saint-Remi , qui en ont conféré avec Son Excel. Wonseig. de Coucy , archev. de Reims, nous nous sommes transportés en l’église de Saint-Remi , où nous avons trouvé Mesd. S'* Dessain et Bertin, et Bernard, ancien religieux bénédictin, à l’effet d’opérer, en un monument public, le dépôt des parcelles (t esquilles que nous possédons; avons exhibé ces parcelles et esquilles dont nous nous sommes à l’instant dessaisis pour qu’elles puissent devenir le fondement d’une nouvelle Sainte-Ampoule.

IN. Dessain et Berlin , considérant qu’il est prouvé par les procèsverbaux et déclarations des autres parts d’une manière claire , précise et évidente, que ces pai-cellcs et esquilles appartiennent réellement à la Sainte-Ampoule, et qu’on ne peut prendre trop de soin et (le précaution pour leur conservation, avons fait faire une petite boite d’argent doublée d’étoffe de soie, dans laquelle nous avons placé sous des étiquettes particulières 4» les parcelles représentées par M. Seraine; 2° les parcelles représentées par M. Lecomte; 3» les parcelles représentées par M. Bouré; 4o les esquilles représentées par M. Champagne-Prévoteau, laissant à l’autorité supérieure le soin de réunir ces parcelles et de les amalgamer ainsi qu’il sera jugé à propos.

Ensuite avons placé cette petite boîte d’argent dans un petit coffret de fer blanc moiré, fermant à trois clefs, dans lequel nous avons également renfermé une des trois minutes des procès-verbaux relatifs à la Sainte-Ampoule, et notamment du présent procès-verbal ; avons remis une des tiois à M. Seraine, une à M. Lecomte et une à M. Dessain.

Enfin l’ouverture du tombeau de Saint-Remi ayant été faite par moi, lîcrlin , curé , avec la clef dont je suis dépositaire , nous avons déposé le petit coffre ci-dessus désigné dans ce tombeau, où il a été fixé par un treillage, une chaîne et un cadenas, dont la clef a été remise à l’instant à moi, Bertin, curé, qui m’en suis chargé, de manière que l’ouverture de ce coffre ne pourra être faite qu’avec le concours des 4 clefs que les dépositaires susnommés offrent de remettre quand et à qui il sera ordonné.

Il sera fait du présent procès-verbal une copie qui sera adressée à Monseig. de Coucy, arch. de Reims.

Fait à Reims, en l’église de Saint-Remi , ledit jour M juin 1819, après midi, et avons signé le présent procès-verbal rédigé en triple minute, en présence de MM. Joacbim Aubert, vicaire de Saint-Remi; Henry Engrand, Josepb-Nicolas Rlondel , Jacques-François-Nicolas Leroy, tous trois prêtres bénédictins; Pierre-François Hourelle , doct. en méd.; Pierre-Philippe Hourelle, fabricant; Jean-Baptiste Hourelle, rentier; Jean Vernier, marguillier et receveur de Saint-Remi; Nicolas Villain , aussi marguillier; Etienne-François-Xavier Povillon, notable de la paroisse de Saint-Remi, et Robert Meiller, artiste.

Lecomte. — Bernard, — Albert. — Seraine. — Encrand.

Blondel. — Leroy. — Bourré. — Hourelle. — Hourelle.

— J. -B. Hourelle. — Hourelle-Villain. — Povillon. —

Verrier, — Meiller, — Bertin, — Champagne.— Dessain de

COEVRIÈRES.

Page 1