VELPEAU
Professeur de Clinique chirurgicale à la Faculté de Médecine de Paris; Chirurgien de rhépital de la Charité ; Membre de l'Académie impériale des Sciences ( Institut de France), et de l'Académie impériale de Médecine , etc.
Messieurs^ vos travaux résument les Sciences que j'ai enseignées, la Physiologie et la Chirurgie; après avoir profité de vos idées ^ fai eu le bonheur d'obtenir votre amitié; permettez-moi de vous dédier ce livre comme un hommage à votre nom illustre et comme un témoignage du prix que j'attache à votre affection.
BOUISSON.
La Clinique peut être définie , Tétude des maladies dans le double but de les traiter et d'en faire un sujet d'enseignement. Elle comprend , en conséquence , la science , la pratique et la didactique. Ce n'est pas , à proprement parler, une branche distincte de la médecine , c'est-à-dire un ensemble de faits spéciaux associés par des liens méthodiques et réduits en principes : mais elle peut être représentée comme le corollaire pratique de toutes les sciences médicales , comme la manifestation active des vérités qu'elles ont découvertes et fécondées ; enfin , comme la mise en œuvre de tout ce qu'elles renferment d'utile pour connaître et guérir les maladies. Dernière forme donnée à l'instruction médicale , les études cliniques marquent la transition entre la tutèle de l'enseignement et la liberté de Ja pratique ; elles n'imposent plus l'acceptation de la parole du maître qui tombe d'une chaire revêtue d'autorité ; mais, au lit du malade , elles transforment l'élève en juge et le font assister à la vérification expérimentale des données de la science.
Un enseignement qui se traduit par l'art en action , et qui a pour condition l'observation incessante des faits médicaux, impose des obligations particulières à celui à qui il est confié. La tâche du professeur ne consiste pas seulement à répandre les idées médicales consacrées par l'expérience.