‹ Tribut à la chirurgie; ou, Mémoires sur divers sujets de cette scienceChapitre 5 sur 54 · VITI · texte numérisé non relu

VITI

Il doit son dévouement et ses soins aux malades , de bons exemples aux élèves; il est aussi tributaire envers la science, pour la constitution de laquelle l'observation des faits a une importance exceptionnelle. Sa mission serait imparfaitement remplie, s'il laissait dans une stérile obscurité les cas toujours variés que la pratique des hôpitaux fait passer sous ses yeux. L'espérance^ d'être utile en fixant le souvenir de ces faits et le sentiment d'un devoir à remplir, peuvent donc expliquer pourquoi Tauteur de ce livre s'est décidé à le publier.

L'hôpital Saint-Éloi de Montpellier a acquis, sous la forte impulsion chirurgicale de nos devanciers, une réputation qui attire de nombreux malades. Certaines rigueurs administratives, passagères sans doute, n'ont pas détruit l'habitude qui dirige le malheur vers l'asile où on sait le soulager, et notre Hôtel-Dieu doit conserver, à un haut degré , le caractère qui distingue aujourd'hui un grand nombre d'hôpitaux. Consacrés par une origine toute charitable, toute chrétienne , ces pieux établissements ont acquis une importance nouvelle par leur transformation en un théâtre d'études sérieuses où la science médicale se constitue et se développe. La clinique a pris naissance dans cet échange entre la souffrance qui recherche les secours médicaux, et la science qui se perfectionne en prodiguant ses bienfaits. Rappelons'^le, puisque l'occasion s'en présente, l'hôpital Saint-Éloi de Montpellier est l'un des premiers en France où cette heureuse alliance de la science et de la charité a porté ses fruits. Devenu un lieu d'étude et d'enseignement, cet hôpital a toujours fourni à l'observation une ample moisson de faits. Nous aimons à rappeler le parti qu'en ont tiré nos illustres prédécesseurs Delpech , Lallemand et Serre. Il nous a été permis de recueillir, à notre tour, de nouveaux matériaux dans ce cTiamp tristement fertile de l'observation médicale. La plupart de ces cas ont déjà fourni le sujet de leçons orales de clinique ; mais notre tâche nous semblerait incomplète si elle était bornée à cette première et fugitive inter-

prétation. Ces faits méritaient un examen plus approfondi et une exposition plus durable. On en retrouvera la trace dans les Mémoires qui composent ce Recueil.

Nous avions élaboré et en partie réalisé un projet plus étendu que celui qui préside à notre publication actuelle. Un Traité complet de chirurgie manque à la gloire de l'École de Montpellier. Pendant la période d'ardeur et de témérité de la jeunesse , nous avions aspiré à faire pour notre époque ce que Delpech avait fait. pour la sienne. Nous avons dû renoncer à la pensée d'une œuvre que les progrès de la science rendent de plus en plus difficile. Les Traités de ce genre qui se publient aujourd'hui, sont pour la plupart le fruit d'une collaboration qui détruit l'unité de l'ouvrage, et encore n'y retrouvet-on qu'une œuvre de moyen développement , trop longue pour les élèves , trop courte pour représenter le corps même de la science. Celle-ci ne saurait être bien exposée que dans une suite coordonnée de monographies* On peut à certains égards dire de l'histoire de la chirurgie ( si parva licet cornponere magnis)^ ce que Napoléon disait de l'histoire de France; « Elle doit être écrite en un volume ou en cent. » Un résumé était pour nous sans attraits , un Traité complet aurait pu rester inachevé.

Un autre motif nous a rattaché à l'idée de limiter nos efforts dans un cadre plus restreint. Un ouvrage didactique et général sur la chirurgie , doit comprendre l'exposition et la critique de tous les faits et de toutes les idées qui sont du ressort de cette science. Or, un pareil inventaire comprend des éléments si variés , que malgré le soin apporté à leur choix et à leur appréciation , il est presque impossible de donner à un livre de ce genre une valeur uniforme. 11 est surtout difficile d'ajouter à chaque sujet cet intérêt qui naît d'une étude spéciale ou de recherches personnelles . Pour simplifier notre tâche aussi bien que pour ménager nos lecteurs , nous avons préféré n'offrir qu'un TRIBUT A LA CHIRURGIE , en choisissant parmi les matériaux que nous

avons coUigés, ceux où il nous avait été permis d'ajouter des détails ou des points de vue nouveaux.

Cette collection de Mémoires est un genre de publication où nous avons trouvé de nombreux et éminents modèles, soit dans le siècle dernier, soit parmi nos contemporains. Malgré cet exemple et Testime qui s'attache aux travaux de nos devanciers, nous n'ignorons pas le sort réservé à ces ouvrages. Ils ne sauraient prétendre à la grande publicité. Consultés seulement par quelques hommes laborieux , ils obtiennent rarement une faveur générale. Heureusement notre but est conforme au caractère même de ce livre. C'est un souvenir que nous adressons à nos élèves , à nos confrères , à quelques amis de la science chirurgicale : heureux s'ils trouvent dans les défrichements partiels que nous avons tentés, une œuvre qui ne soit pas indigne de notre grande École, et s'ils reconnaissent dans un travail dirigé vers des choses utiles, une émanation de l'expérience qu'ont dû nous donner près de trente années d'études, et vingt années d'enseignement dans diverses Facultés ou dans les hôpitaux.

Nous devons des éloges à MM. Moutet et Diane, pour la distinction avec loqnélle ils ont rcjiiplt , sous notre direction , les fonctions de chefs de clinique chirurgicale , et des remcr« ek-jiiciits pour le soin quMls ont mis à recueillir, au lit du malade , les observations qui nous étaient nécessaires.

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