‹ Tricoche et CacoletChapitre 3 sur 99 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

YANDBR POUF.

Je ne dis pas le contraire, d'autant plus qu'il en a pris des actions et beaucoup... Mais en voilà assez, il finirait par s'apercevoir qu'on se moque de lui, et je n'aurais pas l'emprunt turc.

BERNARDINE

Que m'importeh..

VANDER POUF

Il m'importe beaucoup à moi. Oscar Pacha ne vous a jamais vue, il a envie de vous voir, vous ne pouvez lui refuser cette satisfaction... Je Pai invité de votre part à venir dîner ce soir avec nous à notre ermitage de Ville -d'Avray; il a accepté avec transport, et il espère que vous voudrez bien lui permettre de vous remercier de vive voix. Tout à Theure il viendra ici pour cela, vous le recevrez...

BERNARDINE

Je ne le recevrai pas.

VANDER POUF

Madame 1...

BERNARDINE

Je ne le recevrai pas...

VANDER POUF, fur le point de se fâcher, se contenant.

Mais enfin, voyons, pourquoi?... une pareille obstination quand il s'agit d'une chose aussi simple, c'est incompréhensible!... Qu'est-ce qu'Oscar vous a fait?... Pourquoi refusez-vous?...

BERNARDINE, se levant, un peu agitée.

Pourquoi?...

VANDER POUF

Oui.

BERNARDINE, à part.

Je ne peux pourtant pas lui dire que depuis que j'ai rencontré le duc Emile...

VANDER POUF

Eh bien? dites?...

BERNARDINE

A quoi bon? vous ne comprendriez pas...

VANDER POUF

Dites toujours...

BERNARDINE

Je n'ai rien à vous dir^«.. je refuse*., voilà tout^..

6 TRIGOGHE ET* CAGOLET

VAKDER POUF.

Eh bien ! moi, madame, j'exige que vous le receviez.

BERNARDINE

Vous exigez...

VANDER POUF

Oui, madame, et je trouverai bien moyen de vous y forcer.

BERNARDINE

Ah ! tenez, monsieur, je nrf cherchais pas cette conversation, mais puisque vous avez voulu qu'elle eût lieu... puisque vous me menacez...

Breloque est entré et, en entendant que Ton se dispute, il s'arrête discrètement au • fond à droite.

VANDER POUF, bas.

G*est bon; laissons cela...

BERNARDINE

Je vous (lirai, moi...

VANDER POUF, bas.

Plus tard, madame.

BERNARDINE

Non, monsieur, tout de suite... (Vander Pouf lui fait des signes.)

Quoi?...

VANDER POUF , à demi voix. ^

Breloque... il est là... n'ayons pas l'air...

BERNARDINE, avec éclat.

Eb! je m'en moque pas mal que Breloque soit là... au contraire, j'en suis ravie. Écoulez, monsieur Breloque*... (Breloque salue et s'approche.) Jrt SUIS enchantée qu'il y ait là quelqu'un pour entendre ce que j'ai à vous dire. Oui, cela est vrai, je vous ai secondé dans vos manœuvres, j'ai souri à vos actionnaires afin de les distraire et de les empêcher de voir ce que vos mains faisaient dans leurs poches. (Breloque sourit.) Je ne savais pas alors que cela était mal... (signe de dénégation de Breloque.) J'ignorais Certaines délicatesses. Mais à la suite d'un événement... sur lequel je glisse, ces délicate^^ses ;m'onl éié rév(''lées... Ce que j'ai fait, je ne le ferai plus... je ne recevrai pas Oscar Pacha, tehez-vous- Ic pour dit, et désormais ne comptez plus sur moi pour vous aider dans vos tripotages.

" Vander Pouf, Bernardine, Breloque.

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