ACTE PREMIER
C'est une lettre qui vaut mille francs.
VANDERPOUF.
Cent sous...
Mille francs. SI vous trouvez que c'est trop cher, je peux vous icndre quelque chose de meilleur marché. Voulez-vous une bonne lorgnette ?
VANDER POUF
Allons, vous n'êtes pas raisonnable, moi je veu^ l'être... je meis cinq francs.
Moi aussi.
VANDER POUF
Ça fait dix.
Ça fait neuf cent quatre-vingt-quinze...
Nous n'en finirons pas...
Cinq cents francs, c'est mon dernier mot, et si vous ne voulez pas, je m'en vais pour tout de bon...
VANDER POUF
Allons, donnez.
Et si je vous la passe à ce prix-là, c'est bien pour obliger un conlrèrc.
VANDER POUF, scandalisé.
Un confrère !...
Oui, moi aussi, je suis banquier; vous, vous êtes un gros banquier, moi je suis un petit banquier, mais la taille n'y fait rien, nous sommes confrères.
VANDER POUF
La lettre?...
14 TRICOCUiï ET C.VCOLET
r. TlllCOCIIE.
Les cinq cciils francs ?..
VAN D EU POUF
Voici.
T RICOCHE
Voilà...
Ils font l'échange VANDER POUF, après avoir lu In leltre.
Ah ! mais dites-donc, vous Otcs un farceur.
Comment ?...
VANDER POUF
Celte lettre... vous m'avez attrapé... celle lettre pro-uve que nia femme a été coquetle, inconséquente, mais elle ne prouve pas du tout... elle n'en prouve pas pour cinq cents francs.
Vous vous en plaignez ?...
VANDER POUF
Non, évidemmeni, je ne m'en plains pas, au contraire... mais, enfin, étant donné le prix, je pouvais espérer...
Il y a la dernière phrase...
VANDER POUF
La dernière phrase ?...
Oui...
VANDER POUF
En effet, la dernière phrase, je ne dis pas...
Et puis, il faut tenir compte du mal que j'ai eu à prendn? cette lettre au duc Emile... 11 la portait là (ii montre son cœur), enfermée dans un médaillon.
Comment avez-vous pu alors ?...
TRICOCIIE.
De la façon la plus simple. Le duc Emile dînait au cercle; * Tricoclie, Vauder Pouf.