CHOEUR
Air : Premier chœur de la petite Lampe Merveilleuse .
Que tout T monde ici se dépcche , Préparons nous tous pour la pijcbe , A l'hain' çon le poisson mordra , Chaqu' filet bientôt s' remplira.
Tant que Trilby ne s' ra pas ià.
(*) Les personnages sont places en tète de chaque scène comme ils doivent l'être au théâtre; le premier à la gauche du spectateu^
SCÈKE II.
Les Mêmes, DIG, sortant de V écurie dont la porte est censée derrière la 2^. coulisse à droite.
DIG
Là ! encore une niche de Trilby !. . . Ce damné lutin me rendra bête !
GRÉGOR, se levant.
Eh ben! qu*as-tu donc, mon pauvre Dig?
DIG
Oui , votre pauvre Dig!. . . j'entre dans l'écurie pour donner à manger à Coco, noire cheval, lui faire sa toilette, et je trouve la litière loute fraîche , et Coco qui s'est habillé tout seul !
GRÉGOR
Tu n" l'avais donc pas arrangé hier soir ?
DIG
Non, v'ià deux jours que je l'avais oublié.... on n'avait pas eu besoin de lui.
GRÉGOR
V'ià ce que c'est-, on pense aux gens quand ils nous sont utiles.
DIG
Comme vous dites, vieux Grégor. Eh ben ! au moment que j'y pensais, v'ià mon ouvrage qu'est faile. Je vous demande un peu de quoi il se mêle, c' sorcier-là , et qu'est-ce qui le prie de me souffler ma besogne? Enfin ça peut me faire du tort dans l'esprit du patron... Dougal finira par s'apercevoir qu'il peut économiser un domestique. ( les autres rient. ) Oui , c'est ça , moquez- vous de moi, vous autres. . . Nous verrons si vous rirez , quand Trilby vitndra vous prendre vos poissons dans vos^iilels, faire aller vos bateaux à la rebours. . . déchirer vos voiles, casser vos rames... lesquarante misères, quoi!. .
Air : C'est le Solitaire.
D' puis que ('lutin nous damne ,
La grol' ravag' nos toits ; f
L* tonner' près cl' not' cabnnu
Est loinbc ]>ar trois fois,
ISoti*' chien , si rrdoiil.ihlo , Dvaiit lui n'ose ahoycr...
Jusqu'il monsicir l'constnble Oui Se laisse effia\ or !
CVest un prtil (lia hic Qui voit tout , Oui sait loilt , Lnteud tout , Est partout,
i.i; riioi.iia , effrayé.
C'est un petit (lial)l<' !
Qui voit tout , etc.
-)." Couplet.
Il grinip' sur les murailles , Dégarnit l'ospalicr ; Poiu' percer nos futailles Il descend dans 1' cellier ; Il s' glisse dans notre étable Pour boir' not' meilleur lait ; El n'osant s mettre a table , Va s' cacher dans 1' bufrct...
C'est un petit diable
Qui boit tout ,
Qui mang' tout ,
Qui vol' tout ,
Est partout.
LE CHOEUR , effrayé.
C'est un petit diable, etc.
GRÉGOR
Mais enfin , d'où sort-il ce Trilby ?
DIG
Ah! d'où il sorL?c'te question !.. Allez lui demander... si il veut, il vous le dira.
GRÉGOR
L'as-tu vu , toi ?
DIG
Si je Tai vu! comme j'aurais osé, n'est-ce pas ? Cependant, l'autre soir, en allant chercher de la paille dans le grenier, j'ai joliment manqué; mais, crac, il m'a soufflé ma lanterne ; et c'est ce qui fait que je n'ai pas
dislingué. D'ailleurs , je n'oserais jamais le regarder que le^ j^eiix fermés.
GRÉGOR
J'avais souvent eulendu parler aux'veillées, de follets, de f*irfadets qui s'inlroduisenl dans les chaumières, qui se logent el (|ui se nourrissent à vos dépens ; mais depuis cinquante ans que j'occupe celle-ci, ou n en avait pas encore vu.
DIG
Ali ! ça , c'est vrai. Faut être juste... Depuis la mort de ma grand'mère, on éUtit tranquille. iVJais ça voud revient au moment qu'on y pense le moins. ( Ritournelle de Jlûte, )
TRiLBY , dans la coulisse du Jond à gauche du
spectateur.
Air : Hou, hou , hou , prenez garde au loup.
C'est Trilby , {bis).
Prenez garde à lui !
Di G, tremblant.
Là . . . entendez-vous ? -