‹ Trimouillat et Méliodon, ou, La divine amitié!Chapitre 20 sur 47 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

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fait le pied sous la table, quand on se colle les bouches au vol dans les coins, quand on tâte les corsages comme vous faisiez tout à l'heure, il faut être archi-malin ou fièrement chançard pour que ça nous échappe. Et les billets doux ? C’est là-dedans que nous apprenons à lire.

Monsieur Méliodon est trop occupé à préparer de beaux discours, et Monsieur Trimouillat est trop timide.

TOURNEBOURNE, se levant.

Ou trop bête. Roublarde! Continue ta police ménagère. Tout domestique est un espion gagé par nous-mêmes. Tu pourrais bien ne pas rester toujours bredouille. Est-ce qu'ils ne penseraient pas à se faire des emprunts? L'un ou l’autre de ces ménages doit être besoigneux. On n’est sûr d’une affection que lorsqu'on l’a vue aux prises avec l'amour ou avec l'argent. Jusque-là tout peut n'être que façade. Foi de Polydore Tournebourne qui a derrière lui soixante années de vie très secouée par les confuses gesticulations humaines, les femmes et les écus sont les seules péremptoires pierres de touche. Mets ça dans ta caboche de vingt ans.

ROSALIE

Dites-le-leur donc. V’là qu'ils arrivent. Je les entends jaboter sur les escaliers. Je file à la

cuisine.

TOURNEBOURNE.

Je préfère le dire à toi, Ô larbine sans éduca-

tion. Tu écoutes mieux parce que tu comprends

moins.

ROSALIE, avec mépris.

Je ne suis pas une «intellectuelle ».

TOURNEBOURNE.

Tant mieux pour toi! Le mot se prend désormais en mauvaise part. C’est comme « l'élite ». D'indulgentes métaphores pour désigner des variétés de la sottise.

Rosalie va à la cuisine.

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