‹ Trimouillat et Méliodon, ou, La divine amitié!Chapitre 21 sur 47 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Entrent Totor, puis Méliodon et Artémise.

TOTOR, un sac de gâteaux à la main.

Tiens, le père Tournebourne! Il est venu

pour dîner, c’est sûr.

MÉLIODON, grand, glabre, maigre, air préfet

de collège.

Veux-tu te taire, vilain gosse! Bonjour, Tournebourne. (Emphatique) Moderne Socrate!

TOTOR, interrompant.

J'te dis qu'il vient pour dîner. Tu l'as dit tantôt toi-même. Tu as dit : J’suis sûr que ce pique-assiette de Tournebourne va débarquer chez nous aujourd’hui dimanche pour dévorer

le fricot.

ARTÉMISE, l'empoignant et le lançant de côté.

Totor, affreux menteur, je t’ordonne de faire silence.

TOURNEBOURNE.

Belle Madame, laissez donc. La vérité est rare et presque toujours comique. La bouche des enfants est un des peu nombreux orifices de son puits qui doit être un boudoir pour femmes nues puisqu'elle y séjourne si volontiers. Qu'est-ce que cela fait que vous m'ayez qualifié pique-assiette? C’est une honorable et profitable profession. Me procurera-t-elle le plaisir de manger la soupe avec vous ? Là est toute la question.

ARTÉMISE

Certainement, Monsieur Tournebourne, certainement. On dit comme ca des choses, et tout de même on est content d’avoir un convive pour changer le train-train ordinaire.

Surtout quand c’est un gai vivant comme vous.

TOURNEBOURNE.

On fait ce qu’on peut, chère Madame. Mais si On ne faisait que ce qui est amusant on ne

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