‹ Trimouillat et Méliodon, ou, La divine amitié!Chapitre 23 sur 47 · SCÈNE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE DEUXIÈME

nebourne, nous devenons célèbres. Au Lycée où je professe et dans tout le quartier! J’enseigne les lois et les charmes de l’amitié aux rhétoriciens, mes élèves. (Levant la main.) Je leur cite les grands auteurs et les grands exemples et, parmi eux, le nôtre. Les dieux nous aiment, Tournebourne.

TOURNEBOURNE, déclamatoire.

Castor et Pollux!

MÉLIODON.

Non, non. Mieux que ça, Castor et Pollux étaient simplement des frères. (Solennel) Nous!

nous sommes des amis ! Avec emphase :

Le sort fait les parents, le choix fait les amis, TOURNEBOURNE.

On a dit pourtant :

Un frère est un ami donné par la nature.

Mais, soit! Oreste et Pylade, alors?

MÉLIODON.

Oui! Oreste et Pylade. Un peu faiblots, tout de même, ces antiques ménechmes. Je préfère

(très haut) Trimouillat et Méliodon! (Répétant

d’une voix caressante) Méliodon et Trimouillat.

TOURNEBOURNE, en écho.

Trimouillat et Méliodon! Quelle trouvaille!

Le titre d’une pièce pour Maeterlinck !

MÉLIODON.

Et pourquoi pas? La Divine Amitié, Tournebourne, la divine amitié! La matière est digne de tenter un symboliste. N'y croiriez-vous pas ?

TOURNEBOURNE, railleur.

Mais si, mais si, comme je crois à la durée des baux de location : trois, six, neuf, avec faculté de renon à chaque triennal. La véritable amitié c'est comme le véritable amour : il y en a une tous les cinq cents ans, pour ceux qui en ont le génie. [Le reste CESR CCQUE la camelotte, bon pour les demi-castors. Il est vrai que les petites choses sont le miroir où l’on peut voir les grandes, ... quand on a l'œil américain.

ARTÉMISE, sans l'écouter.

Puis, il y a cette bonne Sylvie, cette chère

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