SCÈNE TROISIÈME
TOURNEBOURNE.
C'est ainsi dans les bons ménages. L’entente conjugale! La communauté charmante des caresses et des querelles!
SYLVIE, aux enfants.
Chacun à un bout. (Montrant la table) Là et là.
LOFTOR:
Le sac avec les gâteaux à côté de moi.
ARTÉMISE
Pas du tout! tu ne mangerais que ça. Rosalie, prenez-le-lui, emportez-le à la cuisine. Vous le rendrez au dessert.
TOTOR, résistant à Rosalie qui prend le sac.
Vilaine ! je te dis que je les ai achetés pour Titine. Tu vas les grignoter, tu vas les tripoter avec tes sales mains de cuisinière.
Rosalie sort avec le sac.
MÉLIODON, cérémonieux, montrant la place du milieu.
Tournebourne, asseyez-vous au centre.
TOURNEBOURNE.
Moi, au centre?
MÉLIODON.
Oui, comme le Roi qui boit dans les tableaux de Jordaens, imposant, gras et grave.
TOURNEBOURNE.
Grave? Un centre de gravité, alors. Ca va mal avec ma réputation de soiffard festonnant dont, au reste, je m’honore avec impertinence. Quand je suis plein de vin, je suis plein d’espérance.
MÉLIODON.
J'aime la symétrie. Vous au milieu; de chaque bord, une dame, puis un cavalier, enfin un enfant; c’est régulier comme un fronton de
temple grec.
Ils prennent place en cet ordre, les deux maris et les deux enfants en retour, la table libre vers le public. Titine du côté de la cui-
sine. Rosalie fait le service.
TOURNEBOURNE, les regardant.
C’est beau ce demi-cercle amical dans lequel