‹ Triomphe des libertés gallicanesChapitre 4 sur 51 · SVR · texte numérisé non relu

SVR

M, MMUSOUES.

Louis Maimboarg naquit à Nancy en l'année i(jio , rie païens nobles et aisés. Son éducation lut digne de sa naissance. Il fit des progrès rapides dans les sciences , et se distingua constamment dans ses études. Pendant son séjour au collège , il mérita l'estime de ses maîtres , et l'affection de tous ses condisciples. On aimait à se trouver, à s'entretenir avec lui ; sa gaîté naturelle , qu'il savait assaisonner de saillies quelquefois piquantes , et toujours à propos, plaisaient à tout le monde. Son départ du collège y causa ime douleur générale j et long-temps après on répétait encore avec plaisir , les bons mots qui lui étaient les plus familier?.

Maimbourg ne se sentant pas du goût pour le monde , conçut le projet de se consacrer à l'état ecclésiastique. Il entra donc chez les Jésuites , poussé plutôt par le désir de se perfectionner dans les sciences ;, que par Tesprit d'une véritable vocation. Quoi qu'il en soit, la société qui , je ne sais par quel motif, atoujoms recberché les hommes àtalens , ne tai'da pas à reconnaître le mérite persormel de son nouvel élève. Dès -lors on employa tant de promesses et de conseils, que Maimbourg se décida, non sans peine, à se soumettre à la discipline jésuitique- Il termina ses études;

reçut la prttrise , et prononça des vœux dont il eût à se rtpentir pendant toute sa vie.

Il suivit d'abord le goût de la chaii e , où il se fit bientôt un nom par ses prédications qui furent long-temps célèbres. Cependant la prédication n'occupait pas exclusivement son esprit; il commença à écrire dès sa jeunesse, et ne quitta la plume qu'à la mort. Nous avons de lui un grand nombre d'ouvrages , qui tous furent très-recherchés dans leur temps , et dont la plupartsont encore lus avec plaisir. Noos citerons entre autres son Traité historique sur les prérogatives de r église de Rnme , ou son Triomphe des libertés gal~ licanes. C'est un livre des plus solides que nous avons en ce genre. .1 y défend admirablement bien les décrets du concile de Constance contre M. Schelstrate ; les libertés de réglise gallicane y sont soutenues avec tout l'esprit , la clarté et la précision dont un auteur est capable.

En livrant cet ouvrage au public , Maimbourg était bien loin de s'attendre aux persécutions de tout genre qu'on devait lui susciter. En effet , à peine ses supérieurs en eui*entik connaissance , qu'ils l'abreuvèrent d'outrages et d'humiliations. Après lui avoir fait subir cette rude épreuve , ils en écrivirent au pape, lui représentant Maimbourg comme le plus dépravé des hommes. Trompé par l'odieux portrait qu'on lui en avait fait , Innocent XI le chassa de la compagnie de Jésus , lui reprochant d'être un ennemi déclaré du Saint-Siège. Etonné de se voir ainsi persécuter par ceux qu'il appelait naguère ses frères en J.-C, Maimbourg se résignait dans son malheur.

Mais l'injustice était trop criante , pour que personne ne prît la défense d'un innocent persécuté. L'indigne procédé des pères jésuites parvint aux oreilles du roi . qui , surpris lui-même de leur mauvaise conduite , fit des démarches

SI R M. MAIMEOLRG. XY

pour empéclier son cTcluslon Je la société. Malheureusement pour l'auteur, les Jésuites ont toujours été les ennemis déclarés des libertés de l'église de France. Vils courtisans des papes, dont ils font leurs idoles, ils ne reconnaissent ici bas , d'autre supérieur que Tévcque de Rome , à la voix de qui ils obéissent uniquement. Les démarches du roi furent donc inutiles.

Sa majesté crut dédommager Maimbourg de ses disgrâces en acceptant la dédicace de son Traité historique ou tr iomphe des libertés gallicanes , qui les lui avait attirées. Satisfait de la manière dont l'auteur y avait traité toutes ces grandes questions touchant le pouvoir et les prérogatives du souverain pontife , le monarque le gratifia , en outre , d'une forte pension , qui lui procura une honorable retraite , et lui fit entièrement oublier les Jésuites. Il se retira dans Tabbaje Saint-Victor de Paris , où il revit son Traité historique, qui lui était devenu d'autant plus cher, qu'il lui rappelait plus de souvenirs. Il en fit une seconde édition supérieure à la première , et beaucoup plus étendue. Enfin, il mourut dans cette abbaye, d'une attaque d'apoplexie, le treize août de l'année 1687 , à l'âge de 7^ ans.

Maimbourg était d un caractère plein de hardiesse, de vivacité , mais quelquefois un peu inquiet. Pendant toute sa vie , il combattit avec succès les Jansénistes , qu'il voyait s'éloigner de la foi catholique. On le vit plus d'une fois en prises avec de grands hommes qu'il avait aigris par sa plume: les jésuites, surtout , ne furent pas exempts de ses critiques, il lutta avec chaleur , contre le père Bouhours entre autres, qui lui avait suscité quelques démêlés à l'occasion de ses «crits.

De RoQUEFEtriL, Curé de Marzy»

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