ACTE CINQUIÈME
YVONNE
Si nous avions su, tout de même I Si j'avais su que cela vous ennuyait autant de me faire la cour...
LE VICOMTE
Mais on ne se eo,nnatt pas et, pour être poli, on se fait souffrir! Comme nous aurions évité des malentendus si nous nous étions parlé tout naturellement!
YVONNE
Mais on ne se parlait pas naturellement.
LE VICOMTE
Parce qu'on était forcé de se parler.
YVONNE
C'était effrayant... C'est effrayant de faire ainsi eûort pour parler aux gens !
LE VICOMTE
Et pour soutenir la conversation. Elle était 'ourde, hein ?
YVONNE
Et inutile!
Ils né mettent k rire.
LE VICOMTE
Alors, si j'étais rest^ à côté de vous sans rien dire, vous ne m*en auriez pas voulu?
Je vous en aurais eu une reconnaissance infinie.
176 TRIPLKPATTE
LE VICOMTE, la regardant.^
C'est agréable tout de même, les gens avec lesquels on n'a pas besoin de parler t Alors, vous êtes une de ces personnes là?
TVONNE, trèi siBcère.
Je déteste parler ! Je déteste qu'on me parle t
LE VICOMTE» avec Tolobilité.
C'est si bon de se taire ! Dire qu'il y a des gens qui parlent avec une facilité... C'est curieux, tout de môme; voilà un bon moment que nous parlons et je ne m'en aperçois pas I
TVONNEy gentiment.
Parce que vous ne faites pas d'effort.
LE VICOMTE
Cest vrai, je voujs parle tout naturellement. Comme ça, c'est aussi agréable que de se taire.
YVONNE
Si nous avions su ça, étant fiancés, nous aurions pu passer de bons moments.
Nous n'avons pas besoin d'être fiancés pour les avoir, ces bons moments. Qu'est-ce qui m'empôche dé venir vou^ voir quelquefois ?
YVONNE
Ça sera 'difficile.
LE VICOMTM.
A cause?
YVOMNB,
A cause du monde.