SCÈNE III LE DOCTEUR. BERTRAND D'AVRON, DOLLT
DOLLY, entrant, à Boucherot qui boit son yerre d'eau.
Ne VOUS grisez pas, M. Boucherot. (au docteur.) Vous voyez, docteur, je marche! je marche t
LE DOCTEUR
Mais pourquoi marchez-vous, mademoiselle DoUy, vous n'avez pas mal à Testomac. (a Bertrand d'Arron.) Vous coutiaissez mademoiselle Dolly, notre i)rima dona du Casino f ... (a Doiiy.) M. le comte d'Avron!
BERNARD d'aVROK, l'iaclinant.
Mademoiselle!
DOLLY
Monsieur!
Ita tlêaU
LE DOGTBUa.
Pourquoi riez-vous?
DOLLY, an doctenr.
Nous nous C0nnaisS0p5f"(A Bertràsd d'ATroa.) Jo
^'apporte une grande nouvelle I \
BERNARD D'AVROM. ^,
Je la connais ! i
DOLLY. '
Dis alors ? \ s
BBATRAMD d'aVRON. '
Triplepatte va arriver tout à l'heure I
10 TRIPLEPATTK
DOLLT.
Tu n'y es pas !
Il est ici?
DOLLY
Oui!
BERTRAND d'AVRON. i
Vous connaissez Triplepatte, docteur?
LE DOCTEUR
C'est le vicomte de Houdan que vous appelez ainsi? J'avais en effet entendu parler d'un surnom de ce genre.
Oui, c'est le nom d*un de ses chevaux d'obstacles qui se dérobait toujours et qu'il fallait tout le temps ramener à la cravache. Si vous connaissiez un peu le pe^rsonnage, vous verriez que c'est assez ça.
LE DOCTEUR
Oui, c*est^tout à fait ça; je commence à le connaître; il n'a pas beaucoup de suite dans les idées. A Paris, l'hiver, j'habite en face de chez lui ; je ne le soigne pas, parce que, comme médecin de station thermale, je ne dois pas exercer ailleurs qu'ici,. Mais il m'a fait réveiller une fois au milieu de la nuit, comme s'il allait mourir, e^ puis, quand je suis arrivé chez lui à trois heures du matin, il m'a demandé de lui indiquer une ville d'eaux pour la saison prochaine. Je lui ai indiqué Luchon. Il est allé à Ostende.
iCTE PREMIER il
DOLLY
C'est bien de lui ! Malgré ça, c'est un très boc garçon.
LE 1J0GTBUR.
Vous le connaissez aussi, mademoiselle Dolly?
BERTRAND d'avrON, riant.
On peu!
LB docteur.
Ah!
DOLLT.
Depuis trois mois. /
Et, vous savez, retenir Triplepatte trois mois» c'est difficile h
DOLLY
Il D*est pas gênant. Nous ne sommes jamais ensemble.
Et quand vous, êtes ensemble, ça ne doit pas manquer de pittoresque.
DOLLY
C'est un garçon beaucoup plus tendre et beaucoup plus gentil qu'on ne croit.
BERTRAND d'aVRON»
En tout cas, sa tendresse n'est pas très exigeante. Car voici trois semaines qu'il te laisse en liberté.
DOLLY
Ça prouve qu'il a confiance en moi.
It fRIPLKPATTB
BERTRAND d'aVRON,
Ça profUTe platôt qu*il n'est pas jak>vx.
LB DOCTEUR
Et puis, être jaloux, c'est bien fatigant.
DOLLY
D'ailleurs, s'il me laisse en liberté, je n'en abuse pas.
BERTRAND d'aYBON.
Mais non, pas trop*
DOIiLT.
Et puis, il n'a jamais été convenu qu'il me laisserait trois semaines sçule. Depuis mon arrivée ici, il doit venir tous les jours; pendant ^quinze jours, je suis allée Tattendre à l'arrivée du train: maintenant je n'y vais plus parce que les employés se moquaient de moi ; ils m'avaient surnommée : Tomnibus de la g^irel
LE DOCTEUR
Mais pourquoi n'est-il pas venu depuis quinze jours?
BERTRAND d'aVRON.
Pftrceqae c'est Triplepatte.