NOD
HBRBBLIER.
Nous n'en savons rien. Est-il heureux pour cette petite que ce mariage soit rompu?
LA BARONNE
Oui, c'est heureux. Voyez-vous, monsieur fierbélier, nous nous étions tous trompés sur ce Houdan. Il manquait trop de volonté.
HBRBBLIBR.
.. Qu'est-ce que cela peut faire ?
LA BARONNB,
Comment! qu'est-ce que ça peut faira?
HBRBBLIBR.
Mais oui!
LA BARONNB.
Comment, monsieur Herbelier? C'est vous qui parlez ainsi? Vous qui avez édifié vous-même votre énorme fortune t Vous allez nier qu'il faille avoir de la volonté ?
HERBBLIËR.
Mais... madame 1 je n'ai jamais eu beaucoup de volonté. Ce n'est peut-être pas pour ça que j'ai fait ma fortune, mais ça ne m'a pas empoché de devenir riche. On parle de volonté; je connais des gens
qui en ont beaucoup et qui n'arrivent à rien. C'est que la chance y est aussi pour quelque chose. Moi> les circonstances m'ont favorisé. Et qui sait? Si j'avais eu plus^ de volonté, j'aurais peut-être gêné le hasard. La volonté des hommes contrarie souvent la banne volonté du destin. ^Je n'ai pas de volonté, mais j*ai urie assez grande force de résistance... Je suis gros... j'ai eu besoin de cette forcelà dans mon ménage. Je me suis marié avec une brave femme...
LA BARONNE
Oh! oui, une brave femme...
HERBELIER.
Oui... Je l'aime beaucoup... Mais elle est d'une énergie terrible... et inutile! Je lui dois, avec des moments heureux, les seuls instants désagréables de mon existence. J'ai l'air de faire ce qu'elle veut, parce que la plupart du temps ce qu'elle veut ne me paraît pas plus mauvais qu'autre chose; mais, quand je vois avec évidence qu'elle a tort, ma fai blesse, ma faiblesse lourde oppose à sa volonté une inertie admirable. Je suis comme ces vieux gros chevaux d'une docilité exemplaire et qui se laissent conduire où Ton vei^t. Seulement, quand on veut les faire passer sur un sol mouvant et dangereux, ils s'arrêtent, ils s'attachent au sol de toute la force de leur grosse croupe. Alors on n'insiste pas!... Voilà!
LA BARONNE
Vous êtes un philosophe, monsieur Herbelier?