‹ Tristan CorbièreChapitre 9 sur 20 · VEDERE NAPOLI B MORIRE · texte numérisé non relu

VEDERE NAPOLI B MORIRE

Ici l'on peut mourir, c'est Naples, l'Italie !

0 caisse d'orangers qui sont des citronniers !

Ah ! sur ton sein l'artiste en tous genres oublie

— De déclarer sa malle. — Ah ! voici les douaniers.

0 madame de Staël !... Qu'ont-ils fait de ma malle ? Lasciate speranza, mes cigares dedans !

0 Mignon ! ils ont tout éclos mon linge sale ! Pour le passer au bleu de l'éternel printemps.

Ah ! voici mes amis, les seigneurs Lazzarones Riches d'un doux ventre au soleil, Des poètes sans vers et des rois sans couronnes Glyso-pompant l'azur qui bâille dans leur ciel.

Oh 1 leur Farniente... — Non c'est encor ma malle ! Non; c'est mon sac de nuit qua trente ils ont crevé. Ils grouillent tout autour comme poux sur la gale ; Ils ne l'enlèvent pas, è pur si muove !

Ne les ruolze plus, va, grand soleil stupide, Tas de jaunes voyous, ça cherche à se nourrir — Ce n'est plus le lézard, c'est la sangsue à vide — Va, povero, ne pas voir Naples et dormir 1

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