‹ Tristan et IsoldeChapitre 37 sur 65 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

Il éloigna la lueur Trompeuse du jour, Afin que mes yeux clairvoyants La contemplent.

ISOLDE

Mais le jour vaincu

S'est alors vengé;

Il profita

De tes erreurs :

Ce que la nuit

Te montra,

Au royal pouvoir

Du jour naissant

Il fallut le livrer

Pour vivre

En solitaire

Dans la plus morne des splendeurs.

L'ai-je pu supporter?

Comment le supporter?

Oh! nous étions

Voués à la mort:

Le perfide jour.

Prêt à la haine,

A pu nous séparer,

Mais il ne peut nous tromper.

De son vain éclat.

De sa fière lueur,

Se rit qui bénit

La nuit du regard.

Les éclairs fugitifs

De son flambeau

N'aveuglent plus

Nos yeux,

Et pour qui ne craint pas

La nuit de la mort.

Qui connait

Son profond secret,

Mensonges du jour,

Gloire, honneur,

Biens et pouvoir,

Malgré leur éclat.

Sont dispersés

En vaine poussière du soleil.

Mais, dans ces erreurs du jour.

Il lui reste un désir.

Celui

Vers la sainte nuit,

Où le seul

Vrai plaisir

De l'amour lui sourit.

Tous DEUX

(s'étendant sur un pancrre de fleurs et s'ètreignant toujours plus étroitement.)

Descends sur nous, O nuit d'amour, Donne-moi l'oubli De la vie; Recueille-moi

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