ACTE II
Il éloigna la lueur Trompeuse du jour, Afin que mes yeux clairvoyants La contemplent.
ISOLDE
Mais le jour vaincu
S'est alors vengé;
Il profita
De tes erreurs :
Ce que la nuit
Te montra,
Au royal pouvoir
Du jour naissant
Il fallut le livrer
Pour vivre
En solitaire
Dans la plus morne des splendeurs.
L'ai-je pu supporter?
Comment le supporter?
Oh! nous étions
Voués à la mort:
Le perfide jour.
Prêt à la haine,
A pu nous séparer,
Mais il ne peut nous tromper.
De son vain éclat.
De sa fière lueur,
Se rit qui bénit
La nuit du regard.
Les éclairs fugitifs
De son flambeau
N'aveuglent plus
Nos yeux,
Et pour qui ne craint pas
La nuit de la mort.
Qui connait
Son profond secret,
Mensonges du jour,
Gloire, honneur,
Biens et pouvoir,
Malgré leur éclat.
Sont dispersés
En vaine poussière du soleil.
Mais, dans ces erreurs du jour.
Il lui reste un désir.
Celui
Vers la sainte nuit,
Où le seul
Vrai plaisir
De l'amour lui sourit.
Tous DEUX
(s'étendant sur un pancrre de fleurs et s'ètreignant toujours plus étroitement.)
Descends sur nous, O nuit d'amour, Donne-moi l'oubli De la vie; Recueille-moi