ACTE II 6l
De sa lueur fausse
Entouré, là,
Où Tamour
L'étreignait,
Au fond de mon cœur
J'ai haï !
Ah ! au fond de mon cœur,
J'ai bien souffert de la plaie !
En secret je l'ai caché :
Mais je l'ai cru méchant,
Quand, au milieu du jour,
Lui, sujet de mes désirs,
S'enfuit de mon regard.
Restant mon ennemi !
Et la lueur
Du jour
Qui t'a trahi,
J'ai voulu l'éviter
Là-bas, dans la nuit,
Te prendre avec moi, -
Où mon cœur m'a prédit
La fin de l'erreur,
Où l'illusion
Du mensonge n'est plus,
Pour y boire à toi
Notre amour ;
Tous deux, j'ai voulu
Nous consacrer à la mort.
Tristan Quand j'ai reconnu Le doux breuvage
Que ta main m'offrit,
Quand le pressentiment
M'assura
Ce que l'expiation
Promit:
Dans mon cœur étincela
La douce lueur
De la puissante nuit ;
Mon jour était fini.
ISOLDE
Tu fus trompé
Par le faux breuvage ;
Pour toi tomba
De nouveau la nuit;
Celui qui n'aimait que la mort,
Il le rendit au jour.
Tristan
Salut, breuvage !
Pour ta saveur, salut!
A la puissance
De ton charme, salut !
Sur le seuil de la mort
Il coula pour moi;
Généreux,
Il m'ouvrit
Le ciel délicieux de la nuit,
Entrevu jadis dans mes rêves.
De l'image
Cachée en mon cœur,