ACTE II
Tu ne sauras pas
Ce que tu veux savoir.
(Il se tourne de côté vers IsolJe, qui a levé les yeux vers lui, pleins Je désir.)
Veux-tu venir
Suivre Tristan dans son pays, Isolde?
Dans ce pays rêvé Ne luit pas le soleil :
C'est le pays De la nuit sombre D'où ma mère g M'envoya,
Lorsqu'enfanté par elle Dans la mort, Je vis le jour Dans la mort.
L'asile d'amour Où ma mère m'enfanta.
Le beau pays de la nuit Où je m'éveillai, Tristan t'en fait présent.
Il part pour ce pays; Qu'Isolde dise Qu'elle le suit Fidèlement là-bas.
ISOLDE
Lorsque l'ami voulut
L'amener à l'étranger,
Isolde,
Fidèle et douce,
Dut suivre le cruel.
Tu me conduis chez toi,
Pour montrer ton héritage;
Puis-je fuir le pays
Où je vois l'univers?
Dans la demeure de Tristan
Isolde veut entrer :
Pour t'}' suivre
Fidèle,
Fais m'en voir le chemin!
(Tristan se penche lentement et l'embrasse tendrement sar le front,) MÉLOT (se levant bru-^quement, furieux.')
Traître! Ha!
(tirant l'épée.)
O roi, vengeance!
Souffres- tu cet affront?
Tristan
(Il tire son épée et se retourne rapidement.)
Qui vient risquer sa vie ici?
(Il fixe son regard sur Mélot.)
C'était mon ami ;
II me montrait de l'amitié.
Nul n'avait plus soin
Que lui de ma renommée,
Poussant mon cœur
Vers l'orgueil :
Il entraîna
Ceux qui me pressaient.
Pour grandir mon honneur,