‹ Tristan et YseultChapitre 19 sur 36 · Motif de la mort. {Todesmotiv · texte numérisé non relu

Motif de la mort. {Todesmotiv

Tod - ge-weihtes Haiipt! Tod-ge - ïvethies Herz!

Tête vou-ée à la mort ! Cœur vou - é à la mort !

Ainsi se trouve préparé le thème principal de la première partie de la scène, le motif du regard

qui devient un chant d'éloges enthousiastes de Tristan, dit par Brangaine, et repris, ensuite, ironiquement par Iseult avec un changement de rythme '.

Dem Wun-der al-ler Rei-che,dem hoch-ge-pries-nen Au pro ~ di - ge des ro-yau-mes à l'hom-me tant van-

Mami, dem Hel-den oh-ne Gleiche,des Ruli-nies Hortu.Bann té, au Hé-rossanspa-reil, l'a -si -le de la gloire.

Cette première partie se termine par l'ordre d'Iseult: «J'ai fait ordonner au vassal de craindre sa maîtresse, moi Iseult ! — Befehien Hess' dem Eîgenholde Fur dit der Herriii icli, Isoldei). Ce commandement, bref et impérieux, rappelle dans sa disposition harmonique le motif de la mort; car, c'est à la mort qu'elle l'appelle.

^ On doit remarquer la phrase mélodique si expressive, dérivée du motif de la souffrance: «Oh! il sait bien pourquoi! — 0/z, er weiss wohl warum.'n

Au début de la deuxième partie, pendant que Brangaine passe, tout intimidée, au milieu des matelots pour s'approcher de Tristan, réapparaît le motif de la mer sous une forme gracieuse et animée; les basses puissantes, toujours appuyées sur le premier temps, indiquent le travail des matelots tirant sur les cordages.

Dans le dialogue qui suit, l'attitude de prudence et de respect de Brangaine en même temps que la courtoisie évasive de Tristan dans ses réponses pleines de dignité et de noblesse, sont nuancées à chaque phrase, par une expression mélodique que l'on ne saurait assez admirer. Il n'y a point ici de motif spécial ; car le discours ne fait que tourner autour de la vérité des sentiments qu'il cherche à dissimuler; et pourtant, on sent à chaque moment, que le motif du désir est tout prêt à réapparaître^ par exemple : « Seigneur Tristan, vous voir est le désir d'Iseult. Bientôt je m'approcherai de sa o-râce rayonnante ' — Mein Herre Tristan, eiich

1 On remarquera, dès le début, le rapide crescendo du motif d'amour (3) lorsque Tristan s'e'crie : «qu'y at-il ? Iseult? — Was ist? — Isolde?» et que, reprenant aussitôt possession de lui-même, il s'incline gravement bur ces mots: «ma souveraine? — Meiner Herrin?n

zti sehen wiinscht Isolde — bald nah' ich mtch der Lichtens).

La fin est marquée, comme le début, par l'ordre d'Iseult que répète Brangaine sur le thème du motif de la mort encadrant ainsi sombrement toute cette scène^ qui est elle-même d'une grâce si émouvante,

La troisième partie, la réponse de Kourvenal, se compose de deux motifs mélodiques de plus grandes proportions et ayant ensemble un caractère commun, l'un viril et fier : « Celui qui apporte la couronne de Cornouailles et l'héritage de l'Angleterre » et l'autre, rude et enjoué comme un chant populaire : «Sire Morold vint ici par mer — IVer KornwaW s Kron und England's Erb' — Herr Morold zog zu Meere hery>.

Ces motifs bien que déjà préparés dans la partie précédente: «Est-elle chagrinée par la longue traversée? — gràtntsie die lange Fahrt?D et, dès le début de celle-ci: «Puis-je faire la réponse? — darf ich die Antwort sagen?^ se caractérisent tous les deux par l'énergique gamme descendante de Kourvenal qui transforme ainsi, en un joyeux ton majeur, la douloureuse descente chromatique du motif de souffrance de Tristan.

A la fin de cette scène, arrive le refrain de la

chanson de Morold, le salut à Tristan, répété par le chœur des matelots: «Salut à notre héros Tristan! — Hei, iinser Hcld Tristan f> dont le motif devient de grande importance dans la suite du drame*.

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